Que dites-vous après avoir dit que vous êtes praticien.ne narratif.ve ?

Par Anne-Sophie Vernhes.

Dans la vie, il y a Obélix qui tombe dans la marmite du druide quand il était petit et puis, il y a ceux qui tombent dans la marmite des Pratiques Narratives et… deviennent praticien.nes.

L’objet de cet article est de savoir ce que nous disons aux autres (entendre par là, les personnes que l’on accompagne, nos pairs de la relation d’aide, nos proches) après avoir dit que nous sommes praticien.nes narratifs.ves.

Premier point : j’ai découvert il y a peu qu’il convenait davantage d’utiliser le pluriel, du fait de leur expansion en termes de champs d’application et domaines d’intervention.

Second point : une fois annoncées Les Pratiques Narratives, concrètement, à quoi faisons-nous référence ? Je vois souvent que ce sont « des idées ». Peut-on parler de courant, de méthode ?

Je m’appuie ci-après sur le travail exécuté en formation initiale du Praticien Narratif, formation au cours de laquelle il nous a été demandé à chacun d’écrire ce que nous disions des Pratiques Narratives.

Voici un pot pourri :

Processus qui permet à la personne ou à l’équipe de prendre la plume et d’écrire la suite préférée de l’histoire qu’elles ont envie de vivre en lien avec leur identité préférée.

Accompagner la transformation par le questionnement et permettre aux individus/collectifs de prendre conscience de ce qu’ils peuvent lâcher pour devenir auteur d’un monde nouveau.

Déconstruire (histoire dominante) le problème de la non-durabilité par le questionnement et permettre aux individus/collectifs d’investir de nouveaux imaginaires alignés avec leur identité profonde.

Rendre curieuse la personne en racontant ses histoires préférées, qui mettent en avant ses valeurs identitaires pour redevenir auteur de sa vie.

Nous sommes façonnés par l’histoire que nous racontons. Quand cette histoire nous enferme, les questions du praticien narratif ouvrent la porte vers d’autres histoires tout aussi vraies, libre à la personne de choisir son histoire préférée. La personne devient alors auteure de sa vie.

Construire avec nos clients des histoires qui les rendent plus forts pour affronter les défis qu’ils ont à affronter.

Sortir du problème en mettant de la distance, en prenant position, en mesurant les effets, en mobilisant les talents, en contribuant à son identité et en participant à la croissance de la communauté.

L’approche narrative est un processus de conduite du changement qui permet de redevenir auteur de sa vie professionnel et personnelle en laissant émerger des histoires alternatives préférées au travers des questions le rendant curieux de sa propre histoire et lui permettant de se transformer.

Faire de votre entreprise the « best place to grow » – cultiver et révéler les richesses spécifiques de chacun pour réveiller/stimuler l’énergie de l’engagement collectif.

Dire au revoir (à une civilisation basée sur le pétrole) pour pouvoir dire bonjour à nouveau (civilisation de la compassion).

Approche développée en Australie qui part de la notion que nos identités sont socialement construites et que donc il est possible d’agir dessus et ce qui fait sens pour nous, afin de retrouver notre puissance d’agir.

Dire au revoir à ses histoires dominantes de problème pour dire bonjour à ses histoires et ses identités préférées.

Processus doux/respectueux de transformation par la question ???? en découplant la personne/collectif du problème et le remettre en capacité de faire ses choix …

Un espace de croissance individuel et/ou collectif qui redonne du sens. Les Pratiques narratives permettent d’évoluer vers une action, un agir responsable. Elles contribuent ainsi indirectement à une croissance collective au service du patient ou du bénéficiaire de soin.

Marie-Nathalie Beaudoin, l’auteur de Les mille et une compétences en chaque enfant, dit des Pratiques Narratives qu’elles permettent de « faire des gros problèmes des petits et des petites personnes des grandes ».

Sur le site de La Fabrique Narrative, la description commence par faire mention à ses origines : l’Australie et la Nouvelle Zélande, pour ensuite en nommer ses fondateurs.

Si l’on devait tracer le Voyage de vie des Pratiques Narratives, il y aurait une densification des pays au fil du temps, des influenceurs, des champs d’application. Je laisse à Dina le soin de le tracer.

En attendant, j’aimerais vous demander : après avoir dit que vous êtes praticien.ne narratif.ve, en parlez-vous au singulier ou au pluriel ? Faites-vous mention à :

  • leurs origines ?
  • Michael White et David Epston, ou toute autre influence ?
  • votre rencontre avec les Pratiques Narratives ?
  • Et surtout, qu’en dites-vous ? Qu’aimerions-nous collectivement en dire ?

Une réflexion au sujet de « Que dites-vous après avoir dit que vous êtes praticien.ne narratif.ve ? »

  1. Bonsoir Anne-Sophie,

    Très bel article pour moi qui découvre votre communauté de praticiens narratifs.
    Pour rebondir sur vos questions listés dans le dernier paragraphe, et si j’étais moi-même praticienne, je parlerais de la Raison d’être de ses pratiques, des besoins profonds/humains/naturels/universels auxquels elles répondent.
    J’ essaierais de me poser la question : si ces pratiques narratives n’existaient pas, qu’est-ce qui manquerait au monde ?

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