Archives pour la catégorie Carnets de route

D’un atelier sur la déconstruction à la déconstruction d’un atelier

Par Muriel Blouin

C’est avec élan, curiosité et un brin de défi que nous nous sommes lancées dans ce projet : proposer un atelier autour de la déconstruction aux 3° Journées Narratives Francophones.  La déconstruction comme une alliée précieuse dans nos interventions de coachs et praticiennes narratives dans les organisations.

Elan, pour partager une pratique en construction avec d’autres, curiosité de creuser les sources philosophiques et défi car franchement, s’attaquer à un tel mot, à ce concept qui fleurit dans les journaux et les discours c’était un peu comme s’attaquer à un des sommets de nos montagnes Rhône-alpines.

Très vite d’ailleurs Déconstruction nous a fait comprendre qu’on ne l’attraperait pas comme cela dans un atelier, vite fait bien fait !

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Fin de Vie… fines traces de Vie, une conférence de Marion Faingnaert

Par Andrée Zerah.

Le 17 avril se tenait la conférence de Marion Faingnaert dans le cadre des soirées du Forum 104. Un tour de table a montré que les présents se sentaient tous concernés. La conférence était très intéressante, en voici un  résumé. Continuer la lecture de Fin de Vie… fines traces de Vie, une conférence de Marion Faingnaert 

Le monde des gens qui aiment

Par Sandrine Janssen

Un retour subjectif et émouvant de la Master Class de Tom Carlson.

En avril dernier, j’ai lu l’histoire du chiot de Tom Carlson dans Errances narratives. Seule dans mon bureau de mon ancienne vie de thérapeute narrative j’ai pleuré en lisant son récit. Que se passait il dans mon corps à ce moment là, ce matin-là, dans la belle lumière d’’un matin ensoleillé? Qu’est ce que mes larmes disaient à mon esprit/corps/âme ce matin là?  

Elles disaient « la communauté narrative te manque, tu es comme un oued asséché qui n’a pas reçu la pluie depuis trop longtemps. Tu souffres de solitude car tu es tellement engagée dans le monde des gens sourds qui n’ont pas d’yeux pour voir, pas d’oreilles pour entendre et pour qui tu transformes tes mots, tes intentions pour qu’ils les entendent… que tu te sens séparée, incomprise. »

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Externaliser la procrastination : quand le problème n’est pas le problème

image1Par Stéphane Kovacs

Tim Urban a donné une conférence TEDx que je recommande à celles et ceux qui rencontrent la procrastination dans leur vie ou dans leur travail, et que l’on peut voir ici

Cette URL amène directement à la transcription en français. La conférence est très agréable à écouter pour n’importe qui. Pour un public de Praticiens Narratifs, elle illustre peut-être une option d’innovation dans les conversations d’externalisation.

En effet, Tim Urban, qui se décrit comme un Maître es Procrastination, aurait très bien pu consulter un coach narratif le jour où il entreprenait de rédiger son mémoire de 3ème année (90 pages). Le coach aurait identifié Madame Procrastination, sa façon de s’introduire dans la vie de Tim en l’invitant à se détourner de ses buts pour privilégier des activités amusantes tout de suite maintenant, la culpabilté de ne pas avancer dans son travail, etc. Continuer la lecture de Externaliser la procrastination : quand le problème n’est pas le problème 

Des questions qui sauvent des vies

Par Pierre Blanc-Sahnoun

Beaucoup de thérapies autorisent que l’on écrive sur les personnes qui elles, en revanche, n’ont pas tellement le droit de changer le texte qui parle d’elles. « Contribuer au développement d’une histoire riche est l’acte le plus thérapeutique qui soit », nous a dit David Epston lors de sa master class d’octobre dernier.

Quelle est la différence entre une histoire riche et une histoire pauvre ? Comment certaines histoires s’y prennent-elles pour rétrécir les autres et à l’issue d’une sorte de duel, conquérir notre loyauté ? Dans un procès, ce sont les jurés, ou le juge, qui en dernier ressort, décident au nom de la communauté, de la « vraie histoire ». Comment contrer l’histoire de l’accusation ? Parce que c’est ce que nous, praticien.ne.s narratif.ve.s, faisons tout le temps. Comment vous y prendriez vous, en tant qu’avocat.e.s pour contester la version du procureur et la description identitaire de l’accusé comme un « criminel » ? Pour établir que la personne n’a pas pu faire cela parce que ça ne correspond pas à son personnage ? Il y a beaucoup à apprendre de ces avocats marrons qui arrivent à faire acquitter des gens dont tout le monde sait qu’ils sont coupables. Ils arrivent à faire « raisonnablement douter » le jury. Le doute raisonnable : un début d’enrichissement de l’histoire du client, déjà l’esquisse d’une plaidoirie. Notre métier est d’influencer le verdict. David dit : « Nous aidons nos clients à devenir de meilleurs écrivains. Pour cela, il faut déjà le devenir nous-mêmes. Donc savoir manier ce qui fait une bonne histoire : le mystère, l’intrigue, les rebondissements. (Citant Michael White) Engager l’intérêt, puis la curiosité, puis la fascination pour leur propre vie. Dire que si quelqu’un est digne de respect, c’est qu’il possède des valeurs auxquelles nous devons le respect. »

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Un exercice périlleux suite à la Master Class de David Epston

Par Isabelle Molard

white_t_shirtIWP ? Est-ce que cela vous dit quelque chose ?

Ou bien Insider Witnessing Practices ? Est-ce que cela vous aide davantage ?

Alors, je me lance dans l’exercice et que David soit indulgent sur les dérives que je vais faire en me prenant pour lui.

Le praticien narratif (PN) ou le Pierre Narrateur (si je peux me permettre de l’emprunter) :

Isabelle, avant toute chose, sache que ce que tu vas écrire sera vu par David, c’est pour lui que tu le fais, il pourra ensuite s’il le veut faire un retour sur ce qu’il pense qui est vrai dans ce que dit le David d’Isabelle et ce qui ne lui semble pas vraiment juste dans ses propos. Il pourra aussi dire ce que ces propos lui inspirent pour sa propre vie, vers quoi cela l’amène à penser.

Donc, si tu étais David et en parlant comme si c’était lui qui parlait, que peux-tu nous dire de ces 3 jours à Bordeaux et de ton expérience de conférencier ? Continuer la lecture de Un exercice périlleux suite à la Master Class de David Epston 

Lettre à D. Histoire d’un amour

Par Catherine Vérilhac

andre-gorz-lettre-a-dJe partage avec vous, un petit bout de ce joli livre d’André Gorz que je viens de lire, Lettre à D. Histoire d’un amour.

Il y écrit sur l’amour bien sûr, et c’est de son amour dont il parle, c’est donc narratif, à double titre si je puis dire :

« J’ai eu beaucoup de difficultés avec l’amour (auquel Sartre avait consacré environ trente pages dans L’Etre et le néant) car il est impossible d’expliquer philosophiquement pourquoi on aime et veut être aimé par telle personne précise à l’exclusion de toute autre ».

Plus loin il poursuit en parlant de son amour :

« … montrer comment mon amour pour toi, mieux : la découverte avec toi de l’amour, allait enfin m’amener à vouloir exister ; et comment mon engagement avec toi allait devenir le ressort d’une conversation existentielle », « … l’amour doit mépriser l’argent ».

Il évoque aussi, plus loin, ses valeurs et ses engagements et notamment à propos de l’acquisition d’une automobile :

« Elle ne nous a pas empêchés de tenir la motorisation individuelle pour un choix politique exécrable qui dresse les individus les uns contre les autres prétendant leur offrir le moyen de se soustraire au lot commun ». Continuer la lecture de Lettre à D. Histoire d’un amour 

3ème et dernière journée de la Master Class avec David Epston

Aujourd’hui, David a partagé avec nous un exemple complet d’Insider Witnessing Practices (tentatives de traduction : pratiques du témoin intérieur ou pratiques de l’autre internalisé, …). Des moments riches en émotions !

qui où quand

Par Martine Compagnon

Canari dans la mineQui pouvait m’apprendre
Que la femme squelettique
Dont les os griffent mes yeux
Était en fait un « canari »
Dans ma mine
Capable de me protéger ?
Être si sensible
Destinée à me montrer
Les messages dangereux
Dont je peux me préserver…

Où pouvais-je chercher
À la lecture des « radicalisés »
Pour quel joyau
Très personnel
Au nom de quelle valeur
Pour moi si belle
Je serais tentée
De tout faire sauter ?

Quand prendre le temps
De retrouver
En moi
Ou chez mes grands parents
Les messages
Entendus enfant,
Qui me parlent d’apprendre
Auprès des « non sachants » ?

Martine