Archives pour la catégorie Histoires alternatives

Un horrible conte de Noël

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Nicole dit que Michel ne sait pas choisir les cadeaux de Noël. Michel répond qu’il n’aime pas faire des cadeaux.

Je suggère alors que faire des cadeaux est un apprentissage qui passe notamment par le fait d’en recevoir, et que Michel n’en a peut-être pas souvent eu l’occasion. Avec beaucoup d’émotion, il me raconte l’histoire suivante qu’il date de ses 6 ou 7 ans : il venait d’un milieu assez pauvre et la tradition familiale était de ne pas faire de cadeaux à Noël. Un jour, pourtant, il trouve un paquet à son nom sous le sapin. Le coeur battant, il l’ouvre. Sous le papier cadeau et la ficelle brillante, il trouve… un martinet.

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Il est paru !

97827296102581Ca y est. Après plus d’un an de travail, le premier livre d’approche narrative rédigé par des praticiens français est en librairie!

Il s’agit d’un ouvrage collectif qui présente le travail d’une vingtaine de collègues, de façon très simple et concrète, chacun dans son style et avec sa façon créative d’introduire les idées narratives dans son travail. « Comprendre et pratiquer l’approche narrative » (Dunod-Interéditions) offre un panorama du travail des narranautes en France depuis l’introduction il y a 5 ans de cette approche puissante, respectueuse et innovante, aussi à l’aise dans l’accompagnement des personnes que dans celui des équipes et des communautés, dans les entreprises, les hôpitaux, les quartiers sensibles, les prisons, les maisons de retraite, bref tous les lieux où le sens et le lien sont questionnés.

Le sommaire détaillé de l’ouvrage, la quatrième de couverture et un lien pour l’acheter sur Amazon ont été mis en ligne par Lionel Ancelet sur son blog : voir ici.

En ce qui me concerne, j’ai réellement pris conscience de la valeur de ce livre lorsque j’en ai relu les épreuves avec Béatrice Dameron l’été dernier. En effet, j’en avais lu les différentes contributions au fur et à mesure qu’elle avaient été rédigées par les auteurs, mais dans le désordre et séparées par des délais parfois assez longs. Mais les lire à la file était entièrement différent : j’ai pris conscience (avec fierté) de la richesse de nos diverses pratiques, de la façon dont, chacun sur son champ de travail, nos différences se complètent et offrent une mosaïque très riche d’options et de possibilités d’initiatives qui rendent hommage à la liberté d’exploration dont Michael White nous a inlassablement fait et refait le cadeau.

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Putting Shame to Good Use

minst_re_de_la_honte_mOne of the very interesting topics discussed on the second day of Rob, Shona and Maggie’s workshop was the narrative use of shame.

Leaving the problem’s “territory” to create new landscapes, celebrating differences instead of controlling and molesting others to make them similar: this is the objective of the journey of men who use violence, an essential stage of which consists in becoming able to “walk in someone else’s shoes” in order to develop a plural understanding of life fed by multiple narratives.

Experiencing shame plays an important role in therapy with men who use violence. Shame offers a starting point for conversations on the absent-but-implicit of shame: “What kind of man do you want to be and does this shame refer you to?” This is a kind of door that can be opened, leading to the idea that being responsible does not mean accepting “guilt” or falling into repentance, but rather remaining in contact with an ethical feeling (A. Jenkins), with the impact of our life choices and practices on the lives of those around us, and with our identity project (who we want to be).

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« Croisements narratifs » enfin en ligne !

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Le site-blog de Béatrice Dameron est en ligne depuis hier (voir ici), tout à son image : érudit mais pas ennuyeux. Elle commence par une pièce maîtresse : la traduction en français de l’article cultissime de Stephen Madigan, « the eight habits… »
Merci Béatrice !

L’un des freins à la diffusion des idées narratives en France est la rareté du matériel théorique disponible en traduction française. A cet égard, la parution tant attendue de la traduction de « Maps » (le dernier dans les deux sens du terme hélas ouvrage de Michael White) le mois prochain chez Satas est une excellente nouvelle pour toute la communauté narrative francophone. Egalement à la rentrée, chez Interéditions, la sortie de « Comprendre et pratiquer l’approche narrative », un ouvrage collectif d’une vingtaine de praticiens français qui présentent des cas expliqués (avec un long article de Michael White inédit en français), et la création à la Fabrique Narrative de notre propre pôle d’édition dont l’une des premières publications sera la traduction par Catherine Mengelle de « What is narrative therapy ? », un livre clé d’Alice Morgan qui nous a vraiment soutenus dans cette entreprise de traduction, au même titre que les dirigeants du Dulwich Center d’Adelaide.

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Le Bounty, école de management

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La DRH d’un grand établissement hospitalier du Sud Ouest dit souvent que : « le DRH, c’est le dernier à avoir les pieds mouillés ».

Cette réflexion se télescope avec la rediffusion récente des « révoltés du Bounty » qui nous offre une admirable réflexion sur le management autour de l’histoire de Christian Fletcher, honnête homme et copilote du vaisseau éponyme qui finit par se mouiller les pieds et le reste en prenant la tête d’une mutinerie contre le cruel Capitaine Blye. Plusieurs conceptions du management et plusieurs systèmes de valeurs s’affrontent sur ce paradigme vivant de l’entreprise qu’est un grand trois-mâts engagé dans une mission vitale : rapporter pour son actionnaire des plants d’arbre à pain qui lui serviront à améliorer ses profits en nourrissant à bas prix les esclaves employés dans ses filiales, pardon, ses domaines.

Le Capitaine Blye est l’archétype du dirigeant de filiale traditionnel, incarnant ce que l’on appelle le management par la terreur, un management où la peur est vue comme le principal driver des collaborateurs et où la mission (augmenter les profits de l’actionnaire) passe avant tout le reste. Ainsi, pour arroser les fameux plans d’arbre à pain, l’eau est prélevée sur les rations de l’équipage qui meurt de soif. Le temps et la rapidité sont une obsession dans ce type de management, et aucune autre opinion que celle du Capitaine n’y est concevable.
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Meredith Grey, Harry Potter : même combat !

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Nous vivons dans un monde sans magie et nous avons besoin de nous en procurer aux sources estampillées des histoires humaines.

Certaines séries, par leur succès mondial, nous donnent à penser sur ces histoires qui résonnent tellement fort dans nos vies que nous aimons leurs personnages comme des membres de notre propre famille, des amis que nous retrouvons épisode après épisode, que nous voyons grandir, évoluer, triompher de leurs problèmes et de leurs ennemis, se connaître, s’aimer, se séparer… tandis que notre voisin d’appartement meurt dans une solitude absolue, à moins qu’il n’ait été expulsé de son appartement par la dégringolade sociale et ses employés (huissiers, banquiers, propriétaires) et meure dans une solitude absolue congelé sur le trottoir d’en face. Mais là n’est pas le propos, même si c’est important.

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Devenir roi

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C’est une toile d’une artiste qui s’appelle Anne de Buttet. L’une des images d’une série intitulée « les porteurs ».

Que portent ces porteurs ? Leur fardeau d’humanité, leurs histoires, leurs problèmes, leurs espoirs, leurs rêves, leurs déceptions… ils portent leur vie et ses histoires grandes ou petites. Les autres tableaux de la série (on peut les voir sur le site – lien obsolète – de l’artiste) sont plus sombres. Ils mettent en relief la part d’ombre et de chagrin, mais sans jamais gommer entièrement l’étincelle d’espoir, la force de vie, la fine trace d’une histoire alternative qui pourrait naître des mêmes traits. Ce personnage touché par le soleil est le dernier de la série, celui qui est allé le plus loin sur le chemin. Il est devenu roi, il a conquis sa propre royauté intérieure, celle de sa vie et celle de lui-même.

Ce concept de royauté intérieure a émergé au cours des ateliers de l’Anti-Colloque de l’Association Européenne de Coaching en Aquitaine, le 10 octobre dernier. Le thème en était « le coach dans la cité » et des réponses communautaires ont été esquissées au cours d’ateliers narratifs, dont l’une d’entre elles, extraite du texte définitionnel final : « notre métier est d’accompagner les gens vers leur propre royauté » (l’auteur de cette expression est à l’origine Olga Werber-Wood, rendons à César…) Cette idée magnifiquement exprimée par ce personnage et rejoint l’un des concepts clés de l’approche narrative qui est celui de « personal agenda », le sentiment d’initiative.

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