Archives pour la catégorie Retellings

Le jour où j’ai redonné sa place à mon grand- père

Dina Scherrer a accompagné une femme, Aude, qui lui a parlé de la manière dont elle a décidé de redonner sa place à son grand-père. Très touchée par son témoignage, Dina l’a invitée à écrire sur ce rituel qu’elle a mis en place et qui lui a permis de restaurer une partie de son histoire.

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Le témoin résonne toujours 2 fois !

Par Juliette Vignes, Anoush Kevorkian et Kevin Abily.

Nous allons vous raconter une histoire à 3 voix de témoin extérieur résonnant sur un chemin de vie.

Anoush, praticienne narrative dans le rôle de témoin extérieur, Kevin, un client et moi-même, coach praticienne narrative avons souhaité partager une séance de Témoin extérieur à partir du chemin de vie que Kevin avait réalisé préalablement avec moi.

Ce témoignage dans le blog nous a semblé précieux car Kevin a accepté de partager son expérience.

Aussi, vous découvrirez une partition à 3 voix : la voix de Juliette, la coach narrative pour le fil rouge, la voix du client Kevin ainsi que celle du témoin extérieur, Anoush. Ces 3 voix alternent et se font écho.

Chacun des articles a été écrit sans que son auteur n’ait connaissance des autres écrits. Ils ont été compilés dans un second temps sans modification.

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JNF 2018, dernières renarrations

Un long poème de Anne Masson-Busso  pour célébrer une dernière fois les JNF 2018. Bel été à tous et toutes ! 

Merci pour ces Journées de Retrouvailles
Rencontres
Apprentissages
Nouvelles histoires
Des mots notés à la volée
puis au bout d’un nouveau regard
deux jours plus tard
ceux qu’il me plaît de garder de vous

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Poéthique

Micro-Manifeste de Poésie Dé-Libérée et Politique
En hommage et remerciements à Sanni Paljakka et Tom Carlson.

Rue de Vaugirard durant ces deux journées
Poésie nous a … ensorcelé.e.s,
Enjôleuse et implacable.
Enjôleuse :
Je serai votre Juliette,
Soyez mes Roméo
Faites-moi don de vos mots !
Implacable :
Je suis celle que vous ne croyez pas
Je ne suis pas Poésie jolie,
« Mignonne
Allons voir si la rime… »
Je suis Acte délibéré
Politique
Je suis
Po-éthique !

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TEMPS ET RÉCIT : LA THÉRAPIE FLÂNEUSE

Par Serge Mori*

Il existe une joie élémentaire de l’univers humain, dont on assombrit l’horizon chaque fois que l’on prétend être quelqu’un ou l’on sait quelque chose.

Quelques rares thérapeutes l’ont compris. Marginaux, ils concentrent leur effort vers un seul but : peser le moins possible, n’alourdir la thérapie que d’une très fine, très légère rosée. Ils creusent un abîme entre un savoir lourd embaumé dans les mots et les figures de style. Je qualifie ces rares thérapeutes comme étant exceptionnels, seuls aptes à nous faire revenir à un état d’innocence primesautière ; ils s’adressent à nous d’une région de l’âme qui n’aurait pas connu le péché ni éprouvé le mal dispersé dans le monde des mots. Ils soignent comme on respire, comme on vit, au rythme des jours et des nuits, des joies et des chagrins, d’une région intérieure bruissante de rires, de voix de femmes, d’arbres odoriférants, de toutes les choses simples et douces sorties de la main de l’Homme.  Continuer la lecture de TEMPS ET RÉCIT : LA THÉRAPIE FLÂNEUSE 

IMPRESSIONS D’INITIATION

Voici un très beau texte rédigé par Martine Compagnon à l’issue de l’atelier inaugural du nouveau cycle d’initiation aux pratiques narratives, à Bordeaux. Martine est coach, comédienne, conteuse et clown. Elle tisse ici des liens et des passerelles entre les différents mondes qu’elle visite.

J’ai eu envie de partager avec vous quelques ressentis sur ce premier atelier (pour moi) de « la narrative ».

Tout d’abord, j’ai eu une double impression surprenante : la sensation de rentrer dans une maison que je n’ai jamais visité mais qui m’est familière. Et en même temps, une vraie différene de façon de faire et de voir les choses, avec ma pratique actuelle… Continuer la lecture de IMPRESSIONS D’INITIATION 

PARLER DE LA NARRATIVE EN 2 PHRASES

Comment présenter les pratiques narratives en une ou deux phrases ? Telle est la question à laquelle ont répondu les membres du groupe d’initiation 2011-12 de la Fabrique Narrative de Paris au cours de leur séminaire final.

L’exercice était parti de la fameuse « présentation allumette » que l’on utilise en outplacement : tu craques une allumette, tu la laisses se consumer et tu te présentes avant de te brûler. Les membres de ce groupe plein d’inspiration et de finesse se sont prêtées à l’exercice et ont accepté que leurs définitions soient reproduites dans « Errances Narratives » (voir ci-après) sous forme de patchwork.

Et vous, si vous faisiez l’exercice, que diriez-vous dans vos 2 phrases?  Continuer la lecture de PARLER DE LA NARRATIVE EN 2 PHRASES 

MISTER PIP

Dans « l’espèce fabulatrice », Nancy Huston parle de ce roman du Néo-Zélandais Lloyd Jones dans les termes suivants : « bien des romans européens contemporains, acharnés  à clamer la solitude de l’individu et à déplorer sa mortalité, sont semblablement dépourvus de grandeur d’âme… Mister Pip nous montre en quoi les fictions romanesques peuvent être source d’éthique et de quelle manière elles peuvent nous  aider à vivre » (page 168).

L’histoire est racontée par une jeune  fille nommée Matilda,  et se situe dans une île au large de la nouvelle Guinée. Elle se passe pendant  la guerre et  le blocus, à un moment où tout le monde a abandonné  cette île et où seules les femmes et les enfants sont restés, ainsi que quelques rebelles combattants. Dans ce village, il  ne reste plus qu’un seul blanc, un homme âgé  un peu étrange nommé M. Watts et surnommé « Pop Eye » (« Bel Oeil ») par les enfants.  M.Watts accepte de rouvrir l’école et comme il n’y a aucun matériel scolaire, il commence à lire aux enfants un livre qu’il admire, « les grandes espérances » de Charles Dickens. Continuer la lecture de MISTER PIP 

The reader (part 2)

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Une conversation sur ce film avec Rob et Alison Hall m’a permis de constater le point auquel je suis prisonnier d’un ensemble de schémas mentaux et culturels concernant la masculinité.

Ceci m’apporte trois réflexions qui font une passerelle entre ma propre histoire et celle racontée par le film (mon histoire de thérapeute / coach, j’entends, car sinon ça nous emmènerait vraiment très loin !)

Le poser de caméra : traduire la position du narrateur dans le futur ne peut se faire au cinéma que par une alternance de flashbacks et de retours au présent (posé par convention comme le futur des flashbacks et le moment où s’ancre le début du film donc la convention pour le présent posée entre le réalisateur et le spectateur). Mais lorsqu’on est dans les flashbacks, on est obligé de dérouler le présent du flashback au fur et à mesure. Dans le livre, c’est beaucoup plus intéressant parce que le récit du passé est assumé comme étant raconté par un narrateur qui écrit depuis le futur des événements (son présent à lui) et qui relie les événements qu’il raconte au paysage de son identité éclairé et modifié par ces expériences, expériences dont il dit en même temps qu’il les raconte comment elles ont éclairé et modifié son identité. L’un de mes plus anciens clients dirigeants d’entreprise, Philippe, me dit que mes posts deviennent de plus en plus abscons avec le temps. Ce paragraphe ne va pas améliorer mon matricule. Continuer la lecture de The reader (part 2) 

The reader (part 1)

the-reader-winslet-krossUn film, un livre : deux narrations différentes qui posent la question du texte virtuel et de la position du lecteur.

Le film est bouleversant, en grande partie grâce à l’interprétation de Kate Winslett. Mais qu’est-ce qui peut bien me motiver à lire le livre immédiatement après l’avoir vu ? Si l’on en croit Jerome Bruner dans « Actual minds, possible worlds » (Harvard University Press), un livre ne vaut pas par le texte qui le constitue mais par le texte virtuel que le lecteur y substitue, texte virtuel né de sa capacité à « combler les trous » de la narration avec ses propres références narratives.

Je me permets de traduire un long extrait de son propos que je trouve lumineux (p. 36-37) : « lorsque les lecteurs lisent, lorsqu’ils commencent à produire leur propre texte virtuel, c’est comme s’ils s’embarquaient pour un voyage sans carte, et pourtant, ils possèdent un stock de cartes et par ailleurs, ils savent des tas de choses sur les voyages et sur les cartes. Leurs premières impressions des nouveaux territoires qu’ils découvrent sont forgées par les voyages qu’ils ont déjà effectués. Au fil du temps, le nouveau voyage acquiert sa propre réalité, bien que l’essentiel de sa forme initiale ait été empruntée au passé (du lecteur). Continuer la lecture de The reader (part 1)