Gardons le cap au service du temps présent ! Merci David Denborough#1

Une communauté réunie autour de David Denborough (chemise à fleurs, à gauche de l’auteur de ce post) à l’occasion d’une Master Class très inspirante

Par Martine Compagnon

Voici la premier d’une série de 4 articles consacrés par Martine aux apports et différents aspects du travail de David tel qu’il nous l’a présenté lors de sa Master Class des 9, 10 et 11 mai.

Je retiens plusieurs points clefs des 3 jours de Master Class avec David Denborough. C’était ma première rencontre « en vrai » avec celui qui axe sa pratique très volontairement vers les communautés.

Voici un premier point que je souhaite partager… au risque de faire sourire ceux et celles qui connaissent très bien ses travaux.  Mais c’est un joli risque, de faire sourire des personnes !

Les pratiques narratives sont au service des personnes qui répondent aujourd’hui aux contraintes sociales, à leur façon.

David Denborough partage son temps, semble– t-il, auprès de personnes et de communautés qui portent quasiment sur elles, le signe des influences des discours dominants. Ces communautés sont pour moi visiblement exclues d’un discours dominant de réussite : David travaille ou a travaillé auprès de personnes emprisonnées ; sans domicile fixe ; porteuses d’une culture minoritaire aborigènes ; vivant dans des favelas ; victimes de génocide (dans les deux postures de sacrifiés et sacrifiants)…

Il nous rappelle que l’écoute que nous portons aux espoirs, à l’histoire de ces espoirs, est bien au service d’un « aujourd’hui amélioré ».

Nos retours sur les racines, sur les histoires, sur le passé sont au service d’un « passé utilisable », mobilisable au service du présent.

J’ai intégré rapidement dans mes pratiques l’inclusion du club de vie, la trace du passé, le tirage patient du fil entre la façon dont mes interlocteur.trice.s pratiquent aujourd’hui et leur histoire, personnel, régionale, familiale… « Qui ne serait pas surpris de t’entendre dire ceci ? » est devenu l’une de mes questions habituelles (et je crois que je ne suis pas la seule). Il faut dire que la réponse ouvre souvent le champ d’une émotion palpable. Et ce shoot d’émotion me fait sentir vivante, au service de l’interlocuteur.

David Denborough me rappelle donc l’importance des questions d’atterrissage de type « ici et dès maintenant »…

« En quoi est-ce que notre conversation, l’expression de ce lien entre (la culture de ta famille) et toi, pourrait contribuer demain à changer quelque chose pour toi ? »

« Qu’est-ce que cette conversation pourrait te permettre de faire, de vivre demain, que tu ne fais pas aujourd’hui ? »

L’arbre de vie rencontre des tempêtes

J’ai par exemple été frappée de la forêt de mains levées lorsque David Denborough a demandé qui utilisait aujourd’hui dans son accompagnement la métaphore de l’arbre de vie (merci Dina Scherrer, d’avoir si largement contribué à nous faire vivre et connaître cette modalité porteuse). Mais très peu se sont levées lorsqu’il a demandé « Qui anime les dernières étapes de l’arbre de vie : la tempête, et les ressources ? » L’atterrissage sur la contribution actuelle du passé au présent, est l’un des points d’attention que je garde précieusement, entre autres, pour mes prochaines pratiques.

5 réflexions au sujet de « Gardons le cap au service du temps présent ! Merci David Denborough#1 »

  1. Merci de vos commentaires et ajouts en retour. C’est un plaisir de remettre mes idées au clair après ce maelström de propositions et de témoignages !

  2. Bonheur de revivre ce que David nous a transmis pendant ces 3 jours…et joie de lire de vous : « ce shoot d’émotion me fait sentir vivante, au service de l’interlocuteur. »
    Oui, « vivant » aussi au service de la vie, et qui n’oublie pas ses ancêtres… ancêtres dont David nous a parlé dès le 1er jour…
    Merci bcp pour cet article. Biz. Franck

  3. Merci Martine de nous partage ton expérience et de rappeler ces jolies questions d’atterrissage.
    Je voudrai ajouter que la phase Tempête de vie et ses ressources est vraiment un moment clé dans les accompagnements d’équipes et qu’il est dommage d’en faire l’impasse. Cette métaphore permet d’aborder les histoires de problème avec fluidité et sans ombrage (pour le jeu de mot).

  4. Merci Martine de nous encourager à revivre ces 3 journées « au service de notre temps présent » d’accompagnant, et plus largement d’humain en interaction permanente avec d’autres humains. La manière d’être et de faire de D.D. avec le groupe pendant ces 3 jours a été d’ailleurs très modélisante pour moi.

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