LA MACHINE À REMONTER LE TEMPS EXISTE PAR LE RÉCIT

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Par Olivier Perrin*

Serge Mori nous a offert le 19 novembre un beau moment de partage narratif autour du thème du NarrActeur. Je deviens NarrActeur lorsque je redeviens auteur et acteur de ma vie, si nécessaire grâce à des conversations narratives avec un praticien (coach ou thérapeute).

A travers un riche récit des origines de son travail thérapeutique, Serge a mis en lumière pour nous quelques grands principes qui le guident, inspirés de Michael White et David Epston, mais aussi de Gilles Deleuze, Paul Ricoeur, Moni Elkaïm, et bien d’autres.

1 – La réalité est construite socialement
Nous passons notre vie à recevoir et à intégrer des idées, des discours, des pressions à la conformité, avec lesquels nous « tricotons » notre réalité et notre identité.
2 – Le langage est à questionner sans cesse
Les mots n’ont pas le même sens pour des personnes différentes et la coloration-même d’un mot provient de ce que nous avons « tricoté » à son sujet auparavant.
3 – Un problème peut s’externaliser
Externaliser, c’est composer avec ces étiquetages et tricotages du passés lorsqu’ils deviennent blocants. C’est détricoter (déconstruire) les histoires reçues et subies si elles sont devenue dominantes et saturées. Par exemple, si un patient lui dit « Je suis alcoolique », il répond : « Moi je suis Serge Mori. » La bonne nouvelle c’est que l’histoire dominante et saturée se nourrit seulement de certains événements du passé, et que si l’on déplie le fil temporel on peut faire renaître des moments d’exception et des rencontres d’exception…Si l’on s’y prend bien, on peut alors replier le tout différemment, et redonner vie à cette histoire qui était jusqu’alors cachée dans les replis du temps… Cette histoire nouvelle, cette ligne éditoriale que je choisis pour ma vie, peut devenir un beau terreau pour que poussent de nouvelles graines.

Propos saisis au vol dans le flow rapide de Serge :
« La thérapie narrative est une thérapie de l’action et du futur »
« La machine à remonter le temps existe par le récit. »
« On sculpte son contexte »
« Pratiquer, pratiquer, pratiquer… »
Durant une conversation thérapeutique, on peut visiter trois types de paysages.
Pour explorer ces paysages, des cartes ont été esquissées par des pionniers (Mickaël White). Mais on peut aussi flâner sans carte !
Paysage de l’action
Carte d’externalisation
Carte des exceptions
Paysage de la relation
Carte de déconstruction du contexte social
Carte de déconstruction du discours intérieur
Carte de remembering (se reconnecter à des relations qui soutiennent une histoire préférée)
Paysage de l’identité (Intentions et valeurs)
Carte du témoin extérieur
Carte de l’absent mais implicite

Pour ce voyage, il y a les cartes, bien sûr mais il y aussi une boussole. La vraie boussole, c’est l’écoute.

Ensuite, nous avons pu vivre collectivement une exploration thérapeutique avec un couple fictif venu voir Serge en consultation et incarné (le temps d’un jeu de rôle) par deux membres du groupe :
Gérard, agriculteur-surfeur et Sophia artiste plasticienne, ont essayé avec notre soutien collectif de tricoter ensemble leurs histoires préférées de plaisir et de découverte. L’exploration a été un voyage exaltant, piloté par Serge avec énergie et humour et de pli en pli, d’exceptions en effets miroirs multiples, une histoire plus vraie que nature s’est écrite sous nos yeux.

Bravo et Merci à Serge pour sa qualité de présence, son engagement, sa clarté sur ses choix, et son goût des autres.
*Coach narratif

4 réflexions au sujet de « LA MACHINE À REMONTER LE TEMPS EXISTE PAR LE RÉCIT »

  1. Chers tous,
    je viens à l’instant de découvrir vos témoignages. Merci et effectivement merci à Andrée et également Pierre pour lancer à travers la fabrique narrative un rassemblement, une proposition, un chemin, une histoire alternative un pont entre les coachs et les « psys ». Nous devons nous rassembler (sans pour autant se ressembler) avec nos différences autour des approches Pratiques thérapies narratives. J’ai vécu un excellent moment en votre présence et vos présences singulières. Etre présent à Paris après ces moments douloureux c’était également une manière de témoigner de notre solidarité.
    Je vous embrasse et je suis très heureux de pouvoir partager avec vous ces moments.
    Narrativement à vous. Serge

  2. Merci Olivier pour ton compte-rendu et sa richesse. Il y aurait besoin d’ateliers de tissage ou tricotage en ce moment !

  3. Merci Olivier de ton retour qui me permet d’avoir un aperçu de cette belle conférence mais qui me fait également regretter de ne pas avoir pu y assister.
    Merci Andrée de permettre cela.
    Serge au plaisir de te revoir bientôt. Bise

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