KUMKINDYILA, quand l’anthropologie culturelle rencontre les narratives

Par Andrée Zerah

Compte-rendu de la conférence d’Elizabeth Feld, “KUMUKINDYILA et autres enseignements qui pourraient nous inspirer venant de l’anthropologie culturelle”.

Après une journée entière d’animation, Elizabeth a réuni toutes ses forces pour nous offrir une très belle prestation sur un sujet qui la passionne et qu’elle sait si bien partager avec son public !

Pour commencer, elle avait préparé une « composition » faite de bulles en cristal pour représenter les auteurs anthropologues et praticiens narratifs qu’ils ont influencés et qui ont travaillé sur les rituels : Van Gennep,  Victor TURNER, Barbara MYERHOFF, Michael WHITE, David EPSTON, David DENBOROUGH et Cheryl WHITE, pour aboutir à une pratique particulière, le « KUMKINDYILA » ; elle a suspendu cette composition sur un des piliers de la Bibliothèque et nous les a présentes: c’était beau, parlant et poétique.

Puis elle a évoqué les 3 étapes des rites de passage: 

– la séparation,

 – la phase liminaire, celle de l’entre-deux, 

– et la réagrégation ou réincorporation.  

Avec quelques exemples auxquels l’assemblée a participé, pour illustrer cela.

Victor Turner a étudié le passage d’un chef élu. Toute la tribu a le droit de le mettre dans cette expérience d’humilité et de dépouillement (on le met à nu) et il doit l’accepter publiquement.

Dans la période liminaire, il y a le dépouillement : perte de repères, questionnement, confusion, et il y a le phénomène de Communitas : unité dans la diversité; les rôles sociaux sont inversés. Michael WHITE a parlé de migration d’identité, vers une renaissance, avec des hauts et des bas

Puis nous avons cherché ce qui caractérise un rituel, qui a pour objectif de provoquer un changement d’état de conscience. Et Elizabeth nous a proposé d’explorer, par groupes de 4, les rituels dans la vie personnelle ou professionnelle. Cela a donné lieu à des réflexions très riches qui ont été partagées: 

  • Comment savoir quand on a quitté l’entre-deux?  C’est par l’apaisement, la paix du corps, du coeur;
  • Un parallèle avec le Voyage du Héros, qui aboutit à la sagesse et à la capacité de redonner aux autres.
  • Des exemples ont été donnés de pratiques professionnelles avec les enfants, les personnes porteuses de handicap, et dans le travail sur le dirigeant d’un groupe en son absence et sa restitution devant lui, en présence de la coach… et d’autres.  
  • Autre question: comment se préfigurer le point d’arrivée? il y a un ailleurs, des phases de désespoir, et la notion d’accompagnement a un sens. Accorder de la place et du temps au rituel, lâcher le point B d’arrivée. Proposer un cadre décadré décadrant, sortir du cadre.

Une bien belle soirée !

Une réflexion au sujet de « KUMKINDYILA, quand l’anthropologie culturelle rencontre les narratives »

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