Archives pour la catégorie Auteur.e.s invité.e.s

Comment j’ai raté mon accréditation de coaching

Un article de Florence Guillerm.

Praticienne narrative depuis environ un an et demi, je suis formatrice depuis plus de vingt ans et j’ai aussi accompagné de nombreux groupes en coaching collectif, ainsi qu’une bonne douzaine de personnes qui m’en ont fait la demande.

J’ai mis du temps à faire la démarche de me présenter devant des pairs pour obtenir une accréditation qui donne plus de poids à mon expérience. En effet, je ne me sentais pas tout à fait légitime dans ce rôle et je l’ai fait sur les conseils d’autres coachs avec lesquels j’ai eu l’occasion de travailler.

Profitant du temps offert par cette curieuse période que nous traversons encore, je me suis finalement décidé à remplir un dossier d’accréditation d’une dizaine de pages que j’ai déposé auprès d’une des plus importantes associations de coachs dont l’esprit affiché me semblait à peu près compatible avec mon profil d’autodidacte.
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Graines de Rêves, pour semer des pépites !

Un faire-art de naissance de Charlie Crettenand, praticienne narrative suisse très (très) proche de La Fabrique Narrative.

Pendant les longs mois des confinements répétés, et mesures exigeantes de 2020, Doria Roustan et moi avons partagé notre envie commune de créer un support esthétique et ludique pour accompagner les personnes qui font un bout de chemin avec nous (et vous !).

De cette synergie particulière issue de nos compétences respectives est né “Graines de Rêves”, un jeu collaboratif qui s’inscrit dans la lignée de White (migration identitaire) et Denborough (life as a journey, que nous traduisons par “voyage identitaire”).

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“Maps” nous parle

Un article de Martine Compagnon.

Chère communauté narrative,

C’est avec beaucoup d’émotion que je m’adresse à vous aujourd’hui. J’ai failli prendre la plume pour vous écrire mais cela aurait peut-être aggravé mon cas, laissant apparaître la lettre, l’écrit comme seuls moyens valables de m’exprimer… Ne pouvant danser devant à vous à distance, je vous prie donc de m’écouter.

Hier, j’ai vécu une sensation proche, peut-être, de celle d’une femme ou d’un homme respectable, dont on aurait innocemment montré les dessous.
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Ne me dites pas que….

“Premiers retours sur la journée 1 de la Master Class de marcela polanco… Ça secoue !”

Martine Compagnon

Felipe Guamán Poma de Ayala produit en 1615 la première documentation décoloniale contre l’impérialisme espagnol.
Felipe Guamán Poma de Ayala produit en 1615 la première documentation décoloniale contre l’impérialisme espagnol.

Ne me dites pas que depuis toutes ces années, je souris de l’idée que les pratiques narratives ont puisé leurs racines dans des territoires australien et néo-zélandais “heureusement éloignés de l’Europe et de l’influence de la psychanalyse freudienne dans l’accompagnement thérapeutique”, et se sont nourries de la présence de peuples millénaires ?

Ne me dites pas que, vibrante d’émotion, je relis régulièrement la charte éthique des pratiques narratives en organisation, qui me demande combien, ou comment, mon intervention garantit que les voix minoritaires seront entendues ?
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Kinders suprises et super pouvoirs

Par Julie Cardouat.

Je fais la chasse aux créatures problèmes comme on ferait une chasse aux oeufs de Pâques – c’est de saison. Et j’en récolte, des kinders surprises !

Pour l’instant j’ai des conversations avec mes proches, notamment avec ma fille de 11 ans. Au début, elle a accepté de se prêter à l’exercice, non sans un soupçon d’incrédulité : “C’est rien papa, maman me fait sa psychologie”.

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Chapitre 2 du Journal de confinement de la communauté narrative

Bonjour à toutes et à tous,

Au printemps dernier nous avions ouvert un journal de confinement pour la communauté narrative, qui a été clôturé en juin. A l’époque, nous ne pensions pas qu’il s’agissait en fait du premier chapitre. Or depuis quelques heures nous sommes reconfinés, pas de la même façon parait-il, mais bon, reconfinés quand même…

Alors, ils nous est apparu que les mêmes envies et besoins d’expression libre, de soutien et de partage, allaient probablement connaître eux aussi une deuxième vague.

Nous vous proposons donc d’ouvrir le chapitre 2 du journal, à la suite du chapitre 1 écrit entre mars et juin dernier (laissé volontairement en ligne pour se souvenir et, pourquoi pas, faire écho à ces premiers récits).

Nous vous souhaitons une bonne santé et de garder aussi, autant que faire se peut, vos espoirs et rêves animés et contagieux.

Au plaisir de vous croiser dans cet espace partagé.

Myriam et Jean-Louis

Lien vers le journal (les demandes d’accès en écriture seront traitées dans la demi-journée) :

Journal de confinement

La magie des conversations narratives…

… Ou comment la puissance d’un simple exercice narratif s’est propagée bien au-delà de ce que j’avais pu imaginer.

Par Vanessa Humphreys.

Je voudrais ici vous conter une histoire de t-shirts… ou même encore mieux, une histoire de forêts de t-shirts, d’armoires pleines de t-shirts …. Et là vous vous dites sûrement “mais qu’est-ce qu’elle nous raconte ???”

Revenons au début de l’histoire…

Je suis intervenue auprès d’une équipe qui était rongée par des relations conflictuelles, l’une d’elles et la plus récente s’étant manifestée par une déferlante d’agressivité et de mots insultants et même grossiers de la part d’une personne que j’appellerai ici Arthur. Après avoir beaucoup travaillé avec cette équipe sur l’expression du conflit et la remontée des émotions, ainsi que sur une charte d’équipe sur leurs valeurs partagées et ce qu’ils s’autorisaient dans leur comportement et communication, me voilà en conversation individuelle avec le catalyseur de ces derniers évènements : Arthur.

Lors de notre entretien (via un outil à distance, Covid-19 oblige), Arthur se décrit comme quelqu’un qui manque de confiance en lui, ne se sentant pas valorisé voire se sentant dévalorisé par ses collègues et par son manager. Je le sens très fragile à ce moment-là, proche des larmes et de la résignation. Le personnage agressif et vulgaire avait laissé sa place à un homme doux, fragile et en souffrance, ne voyant aucune issue positive à son problème.

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Dictionnaire Politique consacré aux Pratiques Narratives (traduction)

C’est le Jour J, mes chers amis francophones !

Je vous remercie de l’intérêt que vous portez à la dimension politique des Pratiques Narratives.

Et je remercie en particulier Fabrice pour sa traduction assidue et son idée passionnante de transformer ce Dictionnaire Politique en wiki.

La réalisation de la version originale de ce Dictionnaire Politique a été un véritable travail d’amour.

Et je me réjouis de voir comment vous allez vous engager avec ces idées/concepts et histoires et ce que cela permettra de développer par la suite.

C’est le premier jour du printemps ici en Australie … cela semble être un jour propice pour le lancement !

Avec toute ma sympathie, mon respect et ma gratitude,

David Denborough

Lien vers le Dictionnaire Politique

Recette du cake de la documentation poétique

La Fabrique Narrative animait un atelier “Documentation poétique” la semaine dernière avec l’une de ses promotions parisiennes. Lors de nos ateliers, et particulièrement celui-là, nous sommes régulièrement bluffés par l’écoute, la générosité et la passion de nos élèves, que ce soit en présentiel ou en distanciel d’ailleurs. Ça a été une fois de plus le cas avec l’une des participantes,  Karine Noujaim, qui a, en cours d’atelier, documenté cette magnifique recette du cake de la documentation poétique tirée de “Peau d’Âne”, un incontournable du conte fantastique et de la comédie musicale. Nous espérons qu’elle vous apportera un peu de légèreté lors de cette rentrée imminente…  : Continuer la lecture de Recette du cake de la documentation poétique 

Master Class 2021 avec marcela Polanco, save the date !

Les 18, 19 et 20 mai 2021, nous aurons l’immense plaisir d’accueillir marcela Polanco pour une Master Class de 3 jours à Paris. le travail de marcela n’est peut-être pas aussi connu que celui de David Denborough mais il est tout aussi essentiel, lui aussi traversé par l’idée de justice sociale, d’anti-racisme et de solidarité qui constituent le socle politique de l’approche narrative. Colombienne vivant aux Etats-Unis, marcela a été la première, dans un article fameux, à questionner l’ingénierie politique de la traduction et la façon dont elle peut constituer, elle aussi, un lieu possible de colonisation. C’est une très grande chance qu’elle ait accepté notre invitation. Réservez la date dès à présent, et si vous voulez avoir un échantillon de ce qui vous attend, lisez ci-dessous la lucidité flamboyante de la façon dont marcela répond à notre demande de notice de présentation !

“Mi nombre es marcela polanco. Soja de Bogotá, Colombie. Socialement, historiquement et politiquement, ma personnalité a été racialisée au sein de catégories eurocentriques coloniales qui me positionnent comme un être humain, une femme cisgenre, une classe moyenne, une personne apte au travail, une hétérosexuelle, une immigrante ayant la citoyenneté des États-Unis (US) et une hispanophone, une colombienne-espagnole et une immigrante anglophone. Je suis une métisse qui, malgré ses héritages africain, indigène et européen, s’engage dans le monde à partir de sa conscience eurocentrique blanche, intériorisée par les colons. Mes privilèges et mes désavantages se jouent simultanément, étant donné ces catégories racialisantes. Je suis thérapeute familiale aux États-Unis, je fais donc partie d’une profession qui a fidèlement souscrit aux systèmes de pouvoir occidentaux qui perpétuent la relationnalité dans les idées de mariage, de famille et de thérapie. Je participe activement au capitalisme et au néolibéralisme en étant financièrement dépendante d’un salaire provenant d’un des systèmes de pouvoir les plus importants : le monde universitaire. Je suis membre de la faculté du programme de maîtrise en thérapie familiale de l’université d’État de San Diego. Je suis également dépendante du système fédéral de remboursement des prêts étudiants aux États-Unis. Je mène une vie urbaine dans des territoires expropriés et exploités. Je vis dans un quartier cher de San Diego, en Californie, qui est l’une des villes les plus chères des États-Unis, et c’est aussi une ville militaire à la frontière de Tijuana, au Mexique. Je profite financièrement de mon programme de recherche sur la décolonisation et la justice sociale qui cherche à critiquer les mêmes systèmes néolibéraux dont dépend ma subsistance.”

Le sujet de cette Master Class sera autour des pratiques narratives, de l’anti-racisme, de “l’accountability” (sentiment de responsabilité) et de la création de solidarités. Une description plus détaillée sera développée ici dès septembre.