Archives pour la catégorie Résistances

Master Class 2021 avec marcela Polanco, save the date !

Les 18, 19 et 20 mai 2021, nous aurons l’immense plaisir d’accueillir marcela Polanco pour une Master Class de 3 jours à Paris. le travail de marcela n’est peut-être pas aussi connu que celui de David Denborough mais il est tout aussi essentiel, lui aussi traversé par l’idée de justice sociale, d’anti-racisme et de solidarité qui constituent le socle politique de l’approche narrative. Colombienne vivant aux Etats-Unis, marcela a été la première, dans un article fameux, à questionner l’ingénierie politique de la traduction et la façon dont elle peut constituer, elle aussi, un lieu possible de colonisation. C’est une très grande chance qu’elle ait accepté notre invitation. Réservez la date dès à présent, et si vous voulez avoir un échantillon de ce qui vous attend, lisez ci-dessous la lucidité flamboyante de la façon dont marcela répond à notre demande de notice de présentation !

“Mi nombre es marcela polanco. Soja de Bogotá, Colombie. Socialement, historiquement et politiquement, ma personnalité a été racialisée au sein de catégories eurocentriques coloniales qui me positionnent comme un être humain, une femme cisgenre, une classe moyenne, une personne apte au travail, une hétérosexuelle, une immigrante ayant la citoyenneté des États-Unis (US) et une hispanophone, une colombienne-espagnole et une immigrante anglophone. Je suis une métisse qui, malgré ses héritages africain, indigène et européen, s’engage dans le monde à partir de sa conscience eurocentrique blanche, intériorisée par les colons. Mes privilèges et mes désavantages se jouent simultanément, étant donné ces catégories racialisantes. Je suis thérapeute familiale aux États-Unis, je fais donc partie d’une profession qui a fidèlement souscrit aux systèmes de pouvoir occidentaux qui perpétuent la relationnalité dans les idées de mariage, de famille et de thérapie. Je participe activement au capitalisme et au néolibéralisme en étant financièrement dépendante d’un salaire provenant d’un des systèmes de pouvoir les plus importants : le monde universitaire. Je suis membre de la faculté du programme de maîtrise en thérapie familiale de l’université d’État de San Diego. Je suis également dépendante du système fédéral de remboursement des prêts étudiants aux États-Unis. Je mène une vie urbaine dans des territoires expropriés et exploités. Je vis dans un quartier cher de San Diego, en Californie, qui est l’une des villes les plus chères des États-Unis, et c’est aussi une ville militaire à la frontière de Tijuana, au Mexique. Je profite financièrement de mon programme de recherche sur la décolonisation et la justice sociale qui cherche à critiquer les mêmes systèmes néolibéraux dont dépend ma subsistance.”

Le sujet de cette Master Class sera autour des pratiques narratives, de l’anti-racisme, de “l’accountability” (sentiment de responsabilité) et de la création de solidarités. Une description plus détaillée sera développée ici dès septembre.

AMI/Déconstruction et Georges Floyd

Un article écrit par Clémence Partouche-Ceyrac.

La semaine dernière, nous avons suivi avec notre groupe l’atelier qui concerne l’AMI , l’Absent Mais Implicite et la déconstruction présenté par Catherine Mengelle et Elizabeth Feld.

Nous avons été chercher derrière nos colères et nos agacements en lien avec la situation du COVID-19 pour mieux trouver nos espoirs et nos rêves.

Nous avons retrouvé nos souvenirs communs d’enfance et d’adolescence et nos différences d’une époque à l’autre, nous avons pris conscience des discours sur le corps et sur de nombreux autres sujets.

Cet atelier était entièrement en Zoom, c’était une première pour tout le monde : 2 journées complètes en distanciel. Si cela est loin de convenir à tous, nous avons réussi dans l’ensemble à suivre, à être proches les unes des autres (nous sommes un groupe uniquement de femmes) et à appréhender ces notions d’AMI et de déconstruction.

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Manières d’être vivant et humanisme narratif

Par Guillaume Bonnin

Guillaume, médecin, conteur, praticien narratif et humain engagé (ou enragé ?) nous propose dans cet article foisonnant et passionnant une lecture narrative de Morizot. Il tisse avec puissance et précision des passerelles lumineuses qui réveillent l’espoir d’un aggiornamento climatique.

De mémoire ai-je déjà goûté une telle jubilation à la lecture d’un ouvrage philosophique ? Peut- être jamais. Je l’ai lu comme un roman dont on ne peut pas s’extraire, grappillant mots après mots, phrases après phrases pour connaître la suite. Luttant le soir contre le sommeil, incapable de me séparer du livre et des ouvertures qu’il crée en moi. Me levant au matin en pensant à lui. Qui plus est, dans un langage poétique de l’auteur qui fertilise la pensée et l’imaginaire par la mobilisation de nos affects ; comme une cerise sur le gâteau, en surabondance de cette lecture, je découvre ainsi l’éveil conceptualisant de l’esthétique (ou redécouvre plutôt, car il y a une quinzaine d’années, François Cassingena-Trévedy, un autre auteur, tour à tour moine bénédictin, théologien, philosophe, poète et marin, m’y a fait déjà goûter).

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Il faut absolument que nous trouvions comment répondre aux 6 questions de Bruno Latour

Un article de Catherine Mengelle

Bruno Latour, illustration Tiffet, Le Devoir

Je regrette mais je ne crois pas que le coronavirus soit le messager d’un monde nouveau ; il est au contraire complice du monde ancien.

Statut renforcé des grandes surfaces au détriment des petits magasins de proximité, pouvoir renforcé des grandes entreprises qui s’en sortent mieux que les petites, ce qui ne les empêche apparemment pas d’abuser cyniquement des aides de l’état, retour de l’idée de l’état de guerre, “héroïsation” d’un personnel de santé qui demande moins à être applaudi que des conditions de travail dignes de leur mission (héroïser les soldats : tactique de chef de guerre pour tuer revendications et critiques susceptibles de nuire à des projets supérieurs), mauvais relents de chasse aux sorcières, recherche de boucs-émissaires, retour des femmes aux travaux ménagers, retour de la violence confinée, enfermement des gens de la rue, société du contrôle et de la surveillance accrue, internalisation de discours tenus pour vérités absolues, auto-régulation remarquable des personnes. Le pétainisme n’est plus très loin…

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Journal du deuil confiné

À tous ceux et celles qui, pendant cette période de confinement, n’ont pas pu accompagner normalement une personne chère décédée,

À tous ceux et celles qui ne peuvent pas accompagner décemment une personne proche en fin de vie,

À tous ceux et celles qui, du fait de leur métier, côtoient la mort tous les jours,

nous proposons timidement cet espace et nous souhaitons la bienvenue.

C’est juste un espace d’écriture partagée, où vous pouvez déposer un petit texte, une photo, un dessin, un poème. Un espace pour la douleur, l’injustice, la peur, ou toute autre émotion… un espace pour la résistance, pour la dignité et l’espoir, un espace pour évoquer et honorer la mémoire de ceux qui partent.

Nous sommes des praticiens narratifs (coachs, thérapeutes), qui écoutons depuis longtemps les difficultés et les souffrances que les personnes rencontrent dans la vie en nous intéressant aux initiatives, même petites, qu’ils prennent pour résister, à leur façon.

Et si vous le souhaitez, vous pourrez également nous rejoindre sur Zoom, à partir des invitations que nous indiquerons sur ce journal au fil de l’eau. L’idée est de faire aussi de ce journal un espace de parole partagée en vous permettant de résonner sur le témoignage de l’un ou l’une d’entre vous. L’idée est de renouer des liens de reconnaissance, de dignité et d’espoir.

Accès et contributions : Journal du deuil confiné

Catherine Mengelle

Récits d’émigrées, une autre histoire possible

Pour en finir avec les discours dominants.

Par Marianne Bèque.

Ce recueil de témoignages est le récit de 8 femmes qui se racontent, livrant pensées, questionnements, victoires et espoirs pour leur vie en France.
Elles sont venues d’horizons divers : Algérie, Italie, Haïti, Comores, Afghanistan, Kurdistan irakien, Irak, Côte d’Ivoire.
En leur demandant de raconter leur parcours de vie, mon propos était de déconstruire toutes ces histoires dominantes sur l’immigration, histoires qu’on nous assène à longueur de temps et qui deviennent des vérités à force d’être répétées, en occultant toutes les autres histoires de vie possibles. Il m’est apparu rapidement que mon indignation face à ces contre-vérités ne pouvait se rendre lisible que si je partais de récits positifs, porteurs d’espoir et de sens.

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Femmes-hommes : outils narratifs pour l’égalité

Par OLIVIER PERRIN.

Un atelier narratif pour faire avancer l’égalité

Pour être honnête, je n’étais pas complètement à l’aise en tant qu’homme, ce lundi matin d’octobre. Je partais pour animer un atelier de 2 jours avec des professionnels des RH dans l’administration. Un groupe composé essentiellement de femmes, réunies pour un atelier sur l’égalité professionnelle femmes-hommes. Le projet était de les aider à explorer la culture professionnelle dominante, systématiquement favorable au genre auquel j’appartiens : le genre masculin ! Ma mission : partager avec les participant·e·s des outils de coaching issus des pratiques narratives.

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Parcelles narratives

Par Patrice Gilly.

Patrice continue à partager avec nous ses expériences narratives dans l’accompagnement de personnes luttant contre la maladie d’Alzheimer.

Outre les conversations en groupe, je saisis les occasions de parler en tête avec des personnes auxquelles je parais familier à défaut d’être reconnu d’emblée. J’ai transcrit cet aparté avec Irène juste avant la projection du film Odette Toulemonde qui a beaucoup plu à la quinzaine de spectateurs du Cantou (unité de vie protégée spécifique alzheimer) d’une maison de soins en Belgique.
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La contribution des idées narratives contre la perte de sens dans le champ du travail social

Un article écrit par David Prégat.

Mythe de Chiron.

“Je ne suis pas Pôle Emploi ! Moi je suis de l’ANPE ! Quand on a changé, j’ai perdu tout ce que j’aimais. Les ateliers avec les demandeurs d’emploi… tout ça. On avait le temps d’échanger. Maintenant j’ai un écran, un fichier et un planning d’entretiens. Je ne fais plus mon métier”.1

Incomplétude, perte de sens, culpabilité, sentiment d’impuissance et lassitude sont des phénomènes bien connus des travailleurs sociaux. A bas bruit, ils innervent les pratiques, affectent les relations, et sont une source d’usure professionnelle non négligeable. A l’extrême, ces phénomènes prendront la forme de crises qui ébranleront profondément les communautés de travail, l’identité des organisations, jusqu’à impacter significativement l’oeuvre même d’accompagner.

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7ème Récit : bravo et merci !

Juste quelques mots en attendant l’article plus détaillé de Marianne Bèque… pour dire que la journée 7ème Récit a été un véritable succès, pour remercier les intervenants, Grégory Poinsenet, Pierre Charrier et Anne-Sophie Novel, pour honorer la présence chaleureuse, inspirée et sensible du Peuple Narratif. Très bientôt, des retours, des contacts, un espace pour continuer les conversations… et toujours le prose combat, les contre-histoires comme une arme puissante et pacifique pour hacker les Big 6 !