L’intimité dans les addictions

Il s’agit d’une interview de Rodolphe Soulignac sur le sujet de l’intimité… plus spécifiquement dans le cadre des pratiques addictives (substances psychotropes, jeux, sexe, ordinateur, …). La personne y fait fréquemment l’expérience subjective d’avoir un corps étranger ou de devenir étrangère, indifférente d’une certaine façon, à son propre corps. C’est là que Rodolphe, en grand pédagogue que nous connaissons, entre en scène pour présenter le concept d’intimité. Extraits choisis :

Le concept d’intimité est souvent invoqué pour signifier quelque chose qui relève de la métaphore du profond et du superficiel : »mes pensées intimes sont mes pensées non visibles, secrètes, que je cache au plus profond de moi-même ». Avec cette définition, Rodolphe fait émerger une conception psychologique des êtres qui est derrière sa vision de l’intimité.

On pourrait considérer que le concept d’intimité est un concept moderne au sens philosophique du terme, en ce qu’il est le représentant d’une vision d’un individu propriétaire, d’espaces privés ou privatifs, autant mental que physique.

La perspective moderne du soi, par opposition à la conception post-moderne du soi se différencie en ce que le soi des modernes est un soi cohérent, constant et étanche, qui a des limites claires entre le dedans et le dehors, ce qui permet de créer cet espace de l’intime, dans lequel on trouve les pensées et les émotions dont l’individu serait le créateur en plus d’en être le propriétaire.

Le soi des post-modernes est au contraire un assemblage multiple de nombreux personnages, chacun de ses personnages étant lui-même la résultante de l’interaction de la personne avec les autres, chacune de ces interactions fabrique des personnages qui eux-mêmes assemblés fabrique le soi des post-modernes, du coup ce qui vient de l’autre n’est pas clairement distingué de ce qui vient de soi, ainsi l’intimité est plutôt assimilable aux préférences de vie qui sont contextuelles et changeantes par définition.

Les concepts d’intimités physique et mentale sont ainsi des concepts d’une grande importance pour l’addictologue, car ils permettent d’engager avec les patients de nombreuses conversations, non pas pour en apprendre plus au soignant sur son patient, mais bien pour permettre à la personne concernée de cheminer de son connu et familier vers ses possibles de savoirs, et de créer ainsi des possibilités de choix éclairés pour sa vie.

Rodolphe évoque bien d’autres sujets intéressants, notamment la question politique de l’intimité au delà de la question psychologique.

Nous vous invitons à visionner l’intégralité de cette vidéo d’une durée de 11 minutes sur ce lien: http://addictohug.ch/interview-specialiste-lintimite/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.