QUEER NARRATIVES

Par Elizabeth Feld

Cette conférence est tellement stimulante que j’ai du mal à tout digérer , et donc à chroniquer. Le mot qui me vient avant tout, c’est prise de conscience aiguë de l’aspect politique de notre travail. Toutes les rencontres me font vibrer, m’inspirent, me challengent.

Le just Therapy Team de new Zélande, dont je parlerai dans un autre article sont un exemple de thérapeutes qui ont totalement intégré l’aspect politique dans leur travail (” si tu aides une personne pauvre à aller mieux et que tu le remets dans sa situation de pauvreté sans adresser la situation, tu ne t’es pas servi de ta position de privilège et d’influence potentielle pour effectuer des changements sociaux)

Charley Lang (photo) hier matin nous a proposé un workshop très interactif  et très narratif inspiré par les nouvelles apprises ce matin que le président Obama soutient le droit au mariage gay aux USA. Le titre “queer narratives on film” (narratives homos filmées) m’avait séduite, surtout qu ‘en parlant en début de matinée  avec Pierre, nous nous sommes fait la réflexion qu’il n’y aucune conscience dans notre communauté narrative française du mouvement “queer” (la déconstruction des droits, privilèges, normes et constructions du privilege hétérosexuel majoritaire). Ce courant est très vivant ici au Canada et à TCX .Qu’est ce qui fait que nous n’avons pas de mouvement “queer” dans notre communauté?

En quoi est que je participe à faire taire des voix, y compris la mienne, en soutenant l’idée que c’est une non-question, que ce n’est que le domaine du privé ? En live, Peggy Sax a interviewé  Charley sur sa réaction aux nouvelles sur Obama et après, certains d’entre nous avons témoigné dans une équipe réflexive.

Charley s’est exprimé d’une façon très personnelle et sincère, et le workshop à donné lieu à un happening narratif , une co-construction entre nous les participants, Charley et bien évidemment Peggy Sax que certains d’entre vous connaissent déjà pour son travail passionnant sur la construction de communautés.  Une mise en question et reconstruction de ce que signifie le droit de se marier pour une personne gay , et surtout le droit  de choisir ce à quoi il ou elle veut dire non.

Nous  avons également visionné  le film. ‘Live to tell’, que Charley a fait sur le premier prom gay and lesbien aux USA.  (Le ‘prom’, souvent vu comme un rite de passage aux USA , est le bal de fin d’année aux USA, un événement à l’origine très hétérosexuel). Cet événement a été organisé  par EAGLE, un lycée alternatif à Los Angeles pour les jeunes gays et lesbiens qui ont dû quitter l’école à cause de harcèlement anti-gay qu’ils avaient vécu. Une chronique magnifique, pleine de vie et d’amour, qui est maintenant utilisée dans  des écoles aux USA .

Aujourd’hui pendant l’heure du déjeuner,  Charley va partager un deuxième film, sur les policiers gays. Qui est aussi utilisé par les départements de police américains avec beaucoup de succès à travers le pays… La synchronicite du workshop de Charley et de la parution du positionnement de Obama à la une des journaux était très marquant.

À voir comment ce mouvement peut se développer dans la France narrative ? Grand point d’interrogation. Quelle serait sa forme, sa pertinence , sa “performativité” (pour utiliser un mot de Stephen).

3 réflexions au sujet de « QUEER NARRATIVES »

  1. L’égalité des droits précède la liberté de choix, non ?

    Tant que le mariage gay n’est pas légal, il ne sera pas possible aux gays de décider qu’ils préfèrent vivre hors mariage.
    Tant que la femme n’a pas disposé du droit de vote, il ne lui a pas été possible de décider si elle allait voter ou s’abstenir.
    Tant qu’un handicapé n’accède pas au travail, il ne lui est pas possible de vanter les mérites de l’oisiveté.
    Etc.

    Avec l’égalité des droits, jai l’impression que j’accède à la liberté de critiquer ces droits.
    Sans l’égalité des droits, je dois me contenter de lutter pour ces droits (même si je déteste l’idée et l’institution du mariage, si je suis anarchiste, ou bien fervente défenseuse de l’otium ou de la décroissance).

    Notre communauté est à sa place quand elle soutient les mouvements de résistance aux injustices, je trouve. Notre travail est bien de permettre aux gens de retrouver cette liberté de choix et de pensée.

  2. Hello Elizabeth, Pierre et Jean Louis … bon et bien voilà, je commence à me dire que j’aurais du m’organiser pour venir car vos articles me donne l’eau à la bouche, enfin, si on peut dire … régalez vous bien et rapportez ce que vous avez appris que pour que nous puissions en profiter à Bordeaux. Bises, Isabelle

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