Un peu de bordel ravive les couleurs de l’entreprise

Le 28 juin, Jean-Luc Pardessus donnera une conférence au Forum 104 dans le cadre des Soirées d’Andrée (conférences de la Fabrique Narrative).

Le sujet : comment amener une entreprise à changer son histoire identitaire pour se transformer et revivre ? C’est également le sujet de son livre qui vient de paraître, “éloge du bordel organisé en entreprise” (Interéditions). Lors de cette conférence, Jean-Luc proposera une approche, un esprit, des outils pour faire germer cette fameuse transformation douce à partir d’un grain de folie créatif et narratif.

Ci-après, la préface de ce livre.

Une goutte de désordre dans un océan de contrôle

Lorsqu’émerge une nouvelle pratique d’accompagnement, la question est toujours la même : est-ce qu’il s’agit juste de quelqu’un d’exceptionnel qui réalise des choses exceptionnelles, ou bien la puissance de la méthode est-elle suffisante pour qu’elle devienne autoporteuse et puisse être répliquée par d’autres praticiens dans d’autres contextes ?

Concernant Jean-Luc Pardessus, l’auteur de ce livre, j’aurais longtemps été tenté de répondre par la première option. Le connaissant depuis très longtemps, je sais que dans tous ses contextes professionnels, il n’aura jamais fait qu’une chose et une seule : réenchanter le travail. Là où il passait, les gens se remettaient à sourire, il y avait des réunions à tous les coins de table, on voyait des parties de foot ou de ping-pong s’improviser dans les couloirs aux moquettes jadis austères, et l’on entendait des éclats de rire s’échapper des bureaux. Et invariablement, quelques mois plus tard, les résultats décollaient, la filiale se remettait à performer à la grande joie des actionnaires, et les dirigeants intermédiaires, dérangés par ce surdoué qui faisait vraiment bouger les lignes, juraient d’avoir sa peau. Petit prince semant des étoiles dans son sillage, Jean-Luc continuait à apprivoiser les roses et à déjouer les ruses des renards. La transformation s’opérait en douceur, naturellement, loin des plans d’action à marches forcées. Plutôt qu’une armée en marche, on voyait plutôt un groupe de voyageurs joyeux et pleins de curiosité.

Aujourd’hui, la parution de ce livre, que j’aurais rêvé de pouvoir faire lire à mes clients depuis des années, me fait finalement pencher pour la 2ème hypothèse : que sa façon de procéder puisse faire école. Que d’autres s’inspirent des intuitions de cet expérimentateur élégant pour mener des transformations d’entreprises sans avoir recours à des Panzer divisions de consultants en stratégie mais avec finesse, intelligence et humour. Car là où passe Jean-Luc Pardessus, l’humanisme est toujours à l’honneur. Les personnes et les équipes sont ses partenaires naturels, car il construit à partir de leurs valeurs et de leurs espoirs.

Ce qui me fait penser que cette méthode est « exportable » au-delà de la personnalité de celui qui l’a développée sur le terrain, c’est qu’elle réconcilie les objectifs de performance inhérents à toute entreprise avec des pratiques de management éthique, la création de valeur avec le respect des valeurs. Ce que nous enseigne ce livre finalement, c’est à créer des communautés de travail à haut niveau d’énergie, fières de leur identité et tournées vers un objectif partagé.

Ami manager tiraillé entre ta loyauté aux objectifs et ta loyauté aux équipes, ce livre t’apprendra à réconcilier les deux et à dépasser leur apparente opposition. Les transformations d’entreprises ne sont pas des campagnes militaires, pourtant, c’est l’analogie la plus proche que l’on puisse tirer de la façon dont elles sont menées, tant par les opérationnels de l’entreprise que par les cabinets de consultants qui les mettent en musique. Et si on changeait de métaphore ? Le b*** : au premier abord, cette notion n’est pas la première que l’on associe au monde de l’entreprise. Et pourtant, elle a beaucoup à nous apprendre car elle est à la base d’une relation humaine réussie, sans laquelle il n’y a ni équipe, ni leadership, ni de management. Comme tous les processus humains, le changement est imprévisible. Le mener avec violence et dans l’obsession du contrôle, c’est le condamner dès le départ à être perçu comme un traumatisme. Imposer par le truchement de beaux slogans et de diaporamas PowerPoint un projet déconnecté de l’expérience quotidienne des acteurs, c’est également faire erreur. S’inspirant des idées de l’approche narrative, Jean-Luc Pardessus met la créativité et le respect au centre du redressement d’entreprise.

Avec une touche de désordre assumé. « Bordélo-créatif » ? C’est un mot dont vous ne devriez pas avoir peur. Car il ne faut pas s’y tromper : tout changement agite les molécules. Si vous voulez vraiment changer les choses, il faut accepter de les contrôler un peu moins, de cultiver l’imprévu et la sérendipité, de les importer dans les contrées du management. Voilà en 127 pages de concentré d’expérience une méthode pour vous y aider.

Pierre Blanc-Sahnoun

Praticien narratif et consultant en accompagnement des transformations, Jean Luc Pardessus a dirigé pendant 20 ans des sociétés et des groupes internationaux (Reckitt, Savencia, Campbell, MW Brands) en France et à l’étranger. Désormais conseil de direction, conférencier, fondateur de regards-associés, il développe des outils originaux sur la création de valeur et le leadership. Il intervient à HEC et à l’Ecole Polytechnique. 

 

 

3 réflexions au sujet de « Un peu de bordel ravive les couleurs de l’entreprise »

  1. Après avoir lu cette préface de Pierre, je ne peux qu’ajouter mon témoignage du travail et de l’éthique de Jean-Luc tel que je les ai connus.

    Ayant participé aux moments historiques de la mise en oeuvre (en 2008) de la première formation narrative en management dans l’entreprise Campbell, impulsé par Jean-Luc, (et conçu par Pierre Blanc- Sahnoun avec Phillippe Vernazobres et toute notre petite équipe), j’ai été témoin de cette créativité dont parle Pierre et de l’ambiance et implication que cela engendrait chez les collaborateurs participants, et les fameux “AFAS” (ou “Animateurs-Facilitateurs” managers formés par notre équipe pour faciliter les formations eux-mêmes)).

    Plus récemment, j’ai aussi eu le grand plaisir de participer avec Dina à l’initiation narrative de Jean Luc (toujours très fort pour nous rappeler à l’ordre pour les pauses….).

    Ca doit faire un super bouquin! Bravo, Jean-Luc!

    Elizabeth

  2. Voilà qui donne diablement, ou plutôt bordeliquement envie, d’en savoir plus 🙂 J’espère pouvoir assister à cette présentation le 28 !

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