Il faut absolument que nous trouvions comment répondre aux 6 questions de Bruno Latour

Un article de Catherine Mengelle

Bruno Latour, illustration Tiffet, Le Devoir

Je regrette mais je ne crois pas que le coronavirus soit le messager d’un monde nouveau ; il est au contraire complice du monde ancien.

Statut renforcé des grandes surfaces au détriment des petits magasins de proximité, pouvoir renforcé des grandes entreprises qui s’en sortent mieux que les petites, ce qui ne les empêche apparemment pas d’abuser cyniquement des aides de l’état, retour de l’idée de l’état de guerre, “héroïsation” d’un personnel de santé qui demande moins à être applaudi que des conditions de travail dignes de leur mission (héroïser les soldats : tactique de chef de guerre pour tuer revendications et critiques susceptibles de nuire à des projets supérieurs), mauvais relents de chasse aux sorcières, recherche de boucs-émissaires, retour des femmes aux travaux ménagers, retour de la violence confinée, enfermement des gens de la rue, société du contrôle et de la surveillance accrue, internalisation de discours tenus pour vérités absolues, auto-régulation remarquable des personnes. Le pétainisme n’est plus très loin…

C’est le moment de relire Foucault et ses collègues, pas uniquement les accords toltèques comme le suggère si naïvement une journaliste de Sud-Ouest hier. Les Apple et Google se sont précipités sur les solutions de traçage avec une ardeur témoignant d’une avidité financière et d’une irresponsabilité totale. En fait ils manifestent surtout un immense mépris pour tous les cons que nous sommes qui participons de plein gré à leur expansion sans limite. Désolée de vous mettre dans le même panier que moi.

En dehors du bénévolat qui assure un maximum pendant cette période, les petites initiatives crèvent. Va redémarrer avec encore plus de force l’économie que nous connaissons trop bien, essentiellement parce que c’est elle qui en aura le plus la possibilité, soutenue par des politiques terrorisés à l’idée de ne pas être reconduits dans leurs fonctions et surfant sur la peur populaire qu’ils ont parfaitement instillée dans les esprits (voir leur précipitation à rendre les masques obligatoires quand ils manquent encore cruellement à ceux qui en ont véritablement besoin).

Sauf si nous nous mobilisons, autour de ces 6 questions par exemple, sauf si nous inversons la pression populaire. Les états suivent les peuples. Bougeons-nous !

Ce n’est pas du coronavirus qu’il faut avoir le plus peur, j’en suis convaincue. Quand je dis ça, je ne nie évidemment pas la douleur de tous ceux et celles qui ont perdu ou qui s’inquiètent pour un proche. J’affirmerais exactement la même chose si mon propre fils était en danger du Covid-19 et ceux qui me connaissent savent que ce n’est pas une parole en l’air. Essayons de faire la part des choses.

Et si c’est évidemment sympa de vous revoir lors de conférences confinées, j’aimerais tellement que nous réfléchissions à être des acteurs responsables. Je butte sur le comment faire. Je ne suis pas une femme d’action, je suis plutôt à l’aise avec les idées et la pédagogie. Je cherche donc du soutien pour agir.

Je voudrais m’excuser enfin de toutes les réactions inadéquates que j’ai pu avoir ces derniers temps. Ma révolte a commencé par un post sur Linkedin dès le premier jour du confinement. La lecture de cet article peut peut-être vous aider à comprendre ce qui se passe et à quel point la situation soulève de la colère chez moi – une colère saine je trouve, je ne veux pas qu’on me fasse la remarque que la colère obscurcit ma réflexion, au contraire, plus je réfléchis et plus je suis en colère.

Sans doute, ma plus grande peur aujourd’hui est de me retrouver, à cause de mes idées, écartée des communautés humaines, stigmatisée et qui sait, envoyée bientôt au bûcher par un monde de bien-pensance que je déteste… Ce n’est pas pour rien que j’ai fait miennes les idées et les pratiques narratives. Elles sont politiques avant toute chose. Ce n’est pas possible que nous laissions faire ce qui se passe sans bouger.

Les six questions de Bruno Latour extraites de l’article : Imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant-crise

Question 1 : quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles ne reprennent pas ?

Question 2 : décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît nuisible / superflue / dangereuse / incohérente ; b) en quoi sa disparition / mise en veilleuse / substitution rendrait d’autres activités que vous favorisez plus faciles / plus cohérentes ? (faire un § distinct pour chacune des réponses listées à la question 1)

Question 3 : quelles mesures préconisez-vous pour que les ouvriers / employés / agents / entrepreneurs qui ne pourront plus continuer dans les activités que vous supprimez se voient faciliter la transition vers d’autres activités ?

Question 4 : quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles se développent / reprennent ou celles qui devraient être inventés en remplacement ?

Question 5 : décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît positive ; b) comment elle rend plus faciles / harmonieuses / cohérentes d’autres activités que vous favorisez ; et c) permettent de lutter contre celles que vous trouvez défavorables ? (faire un § distinct pour chacune des réponses listées à la question 4)

Question 6 : quelles mesures préconisez-vous pour aider les ouvriers / employés / agents / entrepreneurs à acquérir les capacités / moyens / revenus / instruments permettant la reprise / le développement / la création de cette activité ?

(Trouvez ensuite un moyen pour comparer cotre description avec celles d’autres participants. La compilation puis la superposition des réponses devraient dessiner peu à peu un paysage composé de ligne de conflits, d’alliances, de controverses et d’oppositions.)

Pour y répondre directement en ligne :

24 réflexions au sujet de « Il faut absolument que nous trouvions comment répondre aux 6 questions de Bruno Latour »

  1. Oh non Catherine, tu n’es pas seule à ressentir cela! Merci de ta colère et de tes convictions! Et vive les vilains petits canards que nous sommes! Même si j’ai du retard dans mes réactions, je me posais hier la question 4… Je voudrais que les fleuristes et les libraires puissent reprendre car ils émerveillent ma vie. Je voudrais voir de nouveau fleurir des livres, et lire des fleurs ! Donc je VAIS me renseigner et prendre contact avec certains pour voir s’il est possible de passer en direct commande. Voilà ce que je veux, qu’ils vivent et enchantent notre vie de l’essentiel: la poésie et la beauté!

  2. Merci pour tout vos mots, ces phrases écrites, ces échanges. Quel miracle perpétuel de la vie vous produisez sur moi…

    Avec le dernier commentaire, celui de Sonia me semble-t-il, j’ai repensé à un patient que je suis allé voir il y a quelques semaines chez lui, je ne le connaissais pas. C’est une de ses toutes proches qui m’a sollicité pour aller à sa rencontre, elle était si inquiète par les nuages très noirs mortifères qu’il fabriquait devant elle. Je suis allé chez lui sans me préoccuper du confinement et tout en ayant intégré ce même confinement. Quelle jubilation narrative avons-nous tracé ! Nous nous sommes revus, nous ne savons pas le tracé ensemble que nous allons faire les semaines à venir, mais je lui ai signifié une évidence pour moi : le revoir a minima une fois après le confinement, afin de laisser aller gestes et touchers participer à notre narration, gestes et touchers confinesquement retenus.

    Toujours en écho au même commentaire lu ce matin. Covid est mon ami, il est un vivant comme moi. C’est confinement qui me hérisse, c’est une histoire mal fagotée, pas à mon goût plutôt.

    Mais en fait, ce matin, j’avais prévu de faire un commentaire pour préciser autre chose.

    Oui, pourquoi pas fouiller du côté d’autres auteurs, d’autres penseurs, pour épaissir l’agissement en nous des 6 questions de Bruno Latour.

    Car j’en travaille un depuis la fin de l’hiver. Son dernier ouvrage me travaille, me laboure, m’agit et m’agite. Tant j’y ai vu des ponts avec l’approche narrative, tant il semble nommer ce qui existe en moi en broussaille depuis maintes années. Il s’agit de MANIÈRES D’ÊTRE VIVANT de Baptiste Morizot. J’ai commencé, juste avant le confinement, à rédiger quelques lignes, et j’ai réalisé alors la nécessité de ne pas trahir la pensée et l’intention de l’auteur. C’est pourquoi je voulais que Morizot me relise au préalable, Bruno Latour acceptant aussi de me relire. Mais je vois maintenant que je dois passer la vitesse supérieure, et c’est pour pouvoir passer cette vitesse supérieure que je vous faire part de ma rédaction en cours (ou je vais peut-être vous transmettre mes quelques notes inachevées…)

  3. Bien chère Catherine,

    J’ai été très touchée par ton article et tenais à te remercier pour cet appel à agir concrètement. Je veux ici partager mon expérience car moi aussi j’ai eu envie d’agir dans mon champ professionnel. J’intègrerai les questions de Bruno Latour dans le dispositif que j’ai initié .
    J’ai donc écrit un petit texte pour te partager ce que je tente de faire très modestement.

    Ne restons pas confinés dans des récits démobilisateurs mais au contraire résistons ensemble en produisant des récits de fraternité engagée.

    Covid, le petit frère d’autres histoires dominantes

    Comme beaucoup je suis envahie par l’histoire dominante du Corona, du Virus, du Covid. Cette histoire me confine !
    Elle m’enferme.
    Cette histoire domine tout le champ informatif. Elle est accompagnée par de nombreux autres récits qui à leur tour envahissent tout le champ narratif dans lequel je baigne un peu forcée. Des médias sociaux aux médias plus officiels, cette toile d’histoires à problèmes sature ma perception du monde : guerre d’experts, complot politique, démocratie fatiguée, crise sociale, crise économique, gouffre financier, violences sociales annoncées, inégalités renforcées, incohérences scientifiques, informations mensongères, confinement prolongé, vieillards éliminés, violences conjugales amplifiées, répressions policières, héros fatigués, trafics de masques …

    Des récits d’une nature plus optimiste viennent, heureusement, contrecarrer cette invasion de mauvaises nouvelles : solidarités nouvelles, mise en réseaux, vidéo-conférences d’amitié, apéro virtuel partagé, applaudissements pour les infirmiers, partage de bonnes idées pour ne pas craquer, humour décalé, musiques d’amateurs …

    Toutefois, je m’interroge.

    Quel est mon rôle, comme praticienne narrative, dans ce flux incessant d’histoires ?
    Vais-je en ajouter une ?
    Vais-je moi aussi apporter ma recette pour faire face au confinement ?
    Quelle question poser pour déconstruire ce fabuleux récit « Il était une fois Covid dans le monde entier » ?
    Quelles fines traces trouver ?
    Quelle narration nouvelle faire émerger ?

    Alors, je me suis dit que « Covid » en tant que personnage narratif de ces récits actuels était un héros à multiples visages.
    Forte de cette idée, j’ai alors invité plusieurs de mes clients venant de secteurs professionnels différents à des vidéo-rencontres pour explorer avec eux comment ce personnage avait croisé leur vie professionnelle et comment ils faisaient pour ne pas lui donner tout le champ.

    L’intention posée était d’une part, non seulement de créer du lien entre ces diverses personnes croisées lors de mes interventions comme coach mais aussi de prendre une initiative pour sortir de ma mise en « quarantaine professionnelle » ! Et, d’autre part, de préparer l’au-delà du temps de confinement en initiant un réseau d’acteurs désireux de vivre l’après Covid autrement.

    Mon premier groupe (j’en ai initié d’autres) est constitué d’une cheffe de service infirmier, d’une psychologue du travail, d’un directeur d’institution d’accueil pour enfants handicapés, d’une responsable d’un service de vente dans une grande entreprise, d’un responsable de logistique, d’un coordinateur de projets dans une start-up, d’un consultant en management et d’une employée dans une entreprise de transport.

    La première rencontre a donc exploré l’arrivée de Covid dans leur sphère professionnelle et les impacts qu’il a eu sur leur quotidien.

    Après un moment d’inclusion utile à la mise en dynamique de mon petit groupe, la conversation a débuté :

    – Comment Covid est-il entré dans votre vie professionnelle ?
    – Comment Covid a-t-il modifié votre travail ?
    – Quelle place a-t-il pris dans votre organisation journalière ?
    – A-t-il eu des alliés pour vous « coroniser » la vie ? Lesquels ?
    – A-t-il eu des opposants, des obstacles pour l’empêcher de vous nuire ? Lesquels ?
    – Quelles sont les expressions particulières qu’il utilise pour faire parler de lui dans vos échanges ?
    – Comment s’y prend-t-il pour modifier votre rythme de travail ?
    – Quels comportements nouveaux a-t-il initié ? Comment vous y êtes-vous adapté ?
    – Etes-vous en contact particulier avec lui ? Le fréquentez-vous de près ou pas ?
    – Quels sont les espaces qu’il habite et qu’il vous oblige à fréquenter ?
    – De qui vous sépare-t-il ? De qui vous rapproche-t-il ?
    – Quel impact majeur a-t-il sur votre vie professionnelle ?…

    Notre deuxième rendez-vous a eu pour but d’échanger sur les stratégies pour lui faire face au quotidien et identifier ce qui est commun et particulier.

    – Et comment vous y prenez-vous pour l’éviter ou vivre avec ?
    – Comment faites-vous face aux modifications qu’il vous impose dans votre quotidien ?
    – Quelles sont les ressources que vous mobilisez pour lui faire face ?
    – Covid a-t-il aussi des impacts positifs sur votre vie professionnelle ?
    – Qui vous aide à faire face à Covid ?
    – Quels sont les réseaux que vous avez activés face à lui ? Parmi eux, y en-a-t-il de nouveaux ? Lesquels ?
    – Quelles habitudes, rituels souhaitez-vous maintenir dans le futur ? Quel sens cela a-t-il pour vous ?
    – Que refuserez-vous pour demain qu’il vous oblige aujourd’hui ?
    – Quel choix avez-vous posé pour rester à la barre de votre vie dans ce contexte pandémique ?
    – Covid vous a-t-il permis des découvertes sur vous-même, votre entourage ? lesquels ? cela vous surprend-il ?
    – Comment envisagez-vous l’après confinement ? Quelle sera votre première action ?

    Nous avons échangé, nous avons appris ensemble, nous avons décidé d’agir aujourd’hui pour demain en écrivant déjà une autre histoire.
    Une histoire de résistance et de citoyenneté.
    Une histoire de maillage, une histoire de vivants.
    Nous avons décidé aussi de résister à la digitalisation en programmant une rencontre life au-delà de ce temps de confinement.

    Nous avons décidé d’écrire une histoire de liberté plutôt qu’une histoire de sécurité confinée.

    Ecrire cette histoire c’est avant tout agir. La pratique narrative n’a d’intérêt que si elle mène à l’action … à une action de changement. Redonner à l’humain sa juste place.

    C’est dans cette voie que je compte poursuivre ma pratique d’accompagnante : soutenir la résistance à la pensée unique d’un néolibéralisme tenté aujourd’hui de brader notre liberté contre notre sécurité et diminuer ainsi notre fraternité.

    Sonia initiatrice d’un collectif nouveau “Les réveilleurs d’histoires”

  4. @Catherine : Ok pour vous fournir des articles de penseurs. Je devrais me libérer du temps demain jeudi pour aller en débusquer le plus grand nombre. Je te propose de t’envoyer dans un premier temps les textes à toi, par email, en attendant de définir une forme aux échanges. J’ai vu que vous prépariez quelque chose avec Elizabeth et Charlie (que je ne connais pas). Ensuite, je pourrai les partager de façon publique, il y a plusieurs options, je pourrai m’adapter au format que vous proposerai pour le débat. Cela peut aller du simple espace de partage de fichiers à un petit bloguinet.

  5. Bonjour, suite à ces échanges, je lis ce matin, un texte de Grand Corps Malade qui m’a effaré.
    “Est ce un hasard si ce virus immonde ne s’attaque pas aux enfants, il s’en prend aux adultes responsables de ce monde”
    Quelle épitaphe les 16000 morts que nous comptons !!! Scandaleuse épitaphe !
    Ceci pour dire qu’il n’y a rien de plus dangereux que les réponses simplistes aux questions complexes et dramatiques.
    Lisez René Girard et sa théorie du bouc émissaire, qui montre comment les conformismes indifférenciés et indifférenciant provoquent des catastrophes humaines.
    Il est de bon ton de dénoncer la mondialisation. Attention nous , Occidentaux, reconnaissons que nous lui devons le brassage des cultures, le jazz, la bossa, les world musics, etc… Pour avoir été un militant tiers-mondiste, je sais aussi, que même si elle épuise les ressources, la mondialisation a “permis” à 40% des hommes en souffrance absolue, en 1960, de manger, d’être soignés, d’aller à l’école.
    Je sais et m’en insurge, qu’il reste reste 850 millions mal nourris, oubliés des médias. 17000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour hors coronavirus. Et là ce n’est ni le climat, ni la biodiversité qui sont en cause. Et là le problème se pose dès aujourd’hui, pas dans 30 ans.
    Un Chinois me disait à ce propos : “Tu vois, je suis le premier de ma famille qui ne mourra pas de faim et qui a été à l’école.”

    D’autant que cette société de consommation mondialisée, tant décriée, a pour donneurs d’ordre “les décrieurs” eux-mêmes.
    Qui est prêt à ne passer, en dehors du travail, que 5 sms par jour, 1 ou 2 emails, 30 minutes sur Internet, 20H par an dans un avion. Qui est prêt à ne tourner qu’avec 3 tenues vestimentaires par an pendant X années.
    Arrêtons de dénoncer, arrêtons de juger, FAISONS….

  6. Merci à tous pour vos textes, dont certains sont très beaux et toujours pleins d’humilité. Merci pour ces échanges de réflexions et d’éclairages.
    Pour prolonger la lecture, voici un article aligné avec le propos de tous ces échanges, provenant d’une contrée qui me semble originale, la RIC, République Imaginaire du Confinement : Le jour d’après n’est pas (encore) pour demain (https://chroniques-confinement.blogspot.com/2020/04/jour-dapres-pas-encore-pour-demain.html)

  7. Merci Catherine pour nous (me) relancer sur ces questions qui me plaisent tant. Tant, qu’elles me travaillent comme l’outil qui creuse la matière pour la transformer en œuvre d’art.

    Dès que j’en ai la possibilité, je fais connaître ces questions à mon “entourage” – drôle de concept en ce moment 😉
    Les réponses à cette suggestion de questionnement, sans répondre directement aux questions sont très similaires : souvent un silence, un sourire, ou bien un “je ne sais pas quoi répondre”. Rarement un début de débat, tant cette idée (me) semble énergivore en ce moment. Bien sur j’ai mes propres idées et des débuts de réponses possibles, mais il me faut encore du temps. Par quoi commencer pour (et comment) comprendre le “monde” ? Je remercie ceux qui ont l’énergie créatrice et concrète.

    Aujourd’hui, j’ai besoin d’actions simples pour donner le temps à mon corps de comprendre ce qui se passe et pouvoir commencer à répondre à ces questions – qui m’auscultent ou me sculptent ;).

    Je garde en tête une phrase traduite de David Denborough “Dès que j’essaie d’imposer à ceux avec qui je travaille mes propres idées sur le monde, je diminue considérablement ma chance d’agir de façon créative”. Je lance donc les questions de Bruno Latour et j’écoute les oiseaux, je regarde pousser la nature, je regarde le temps qui passe (même si je “téletravaille” et ce n’est pas si simple). Je suis impatient de voir les œuvres d’art apparaître. Je suis confiant dans les talents de sculpteurs de mes contemporains, dès que la matière et les outils sont présents.

    J’apprécie ce silence dans la ville en ce moment pour cela.

    Pour finir sur une note d’humour, j’espère qu’il est encore trop tôt pour savoir qu’il n’est pas déjà trop tard. Cela doit être du Pierre Dac, il me semble).

  8. Votre discours Catherine me semble terriblement passéiste. Il ne repose sur aucune collecte de faits, établie selon un protocole qui pourrait la légitimer.
    Vous donnez un avis qui procède du placage d’une grille de lecture pré-établie, conformiste plutôt conformiste, qui sélectionne les informations à charge.
    Vous ne “voulez”, parti pris a priori, pas voir les milliers d’initiatives, qui, abolissant les clivages traditionnels, créent des passerelles, pour inventer des solutions et des valeurs nouvelles, qui elles seules poseront les bases d’une refondation.
    Le monde a déjà changé. Regardez le film de Mélanie Laurent et Cyril Dion “Demain”. Ceci dit vous pouvez aussi faire le choix de la dénonciation à la Greta Thunberg, qui non seulement ne sert à rien, mais plonge dans l’ombre les inventeurs de valeurs nouvelles qui sont déjà en route.

  9. Agir, parler, porter voix, monter en scène, les devants de la scène, faire corps… Ou se retirer, battre en retraite, se taire, faire silence, les larmes aussi, voire le rien…

    N’est-ce pas l’inspire et l’expire ?

    Oui ces questions de Bruno Latour sont extrêmement exigeantes à répondre tant elle me paraissent déterminantes. Radicales. A la racine. Je n’ai même pas pu encore y répondre. Pourtant je les diffuse depuis la première heure. Pourtant leur approche me sont familières, elle sont dans la droite ligne de celles que BL pose depuis quelques années dans différents espaces, afin de dresser les Nouveaux Cahiers de Doléances issus de son dernier ouvrage “Où atterrir ?” et dans le cadre, dans le cœur, du Nouveau Régime Climatique. Car tout est lié. A l’heure de l’anthropocène, on ne peut guère plus faire de différences entre les questions géologiques , les questions historiques ou les questions d’inégalités. Nous sommes tous complètement étourdis, déterritorialisés par un productivisme cannibale de certains, mais dont nous avons pris part malgré tout. Qui considère toute chose, et particulièrement le vivant, humain et non-humain, comme de vulgaire moyen à exploiter, et non comme une part de soi à honorer. Nous ne savons plus où nous habitons, nous ne savons plus de quoi nous vivons, la globalisation n’est plus un espace ou un territoire, c’est devenu une sorte d’abstraction délirante.

    Mais du fond de nous persiste un voie, un chant qui ne ne cesse. Qui n’a jamais cessé.

    Nous appelons, diversement, à retrouver le Terrestre, rendre sensible deux mondes aujourd’hui disjoints, le territoire dont je vis et le territoire où je vis. Répondre à ces questions, retracer nos attachements, faire vibrer nos racines et nos feuillages de vivant parmi les vivants. Nos hésitations à répondre à ces questions ne sont peut-être que le silence auquel nous sommes témoins quand nous posons nous-mêmes comme thérapeute une question narrative, si neuve qu’aucune réponse n’est d’emblée imaginable. Et si c’était la question plutôt que la réponse qui était décisive, le souffle des questions plus que les petits cailloux repérants des réponses…

    Pour terminer voici les questions (auxquelles j’ai si vaguement répondu, mais elles infusent) issus de “Où atterrir ?” et qui font échos aux 6 questions post-confinement :

    1- Pouvez-vous décrire en quelques lignes, un être / un élément / une entité indispensable à votre existence dont vous avez appris que son maintien était menacé ?
    2- Décrivez précisément en quelques lignes en quoi la présence et la perte de cet élément vous est indispensable ?
    3- Pouvez-vous décrire par qui ou par quoi cet élément est menacé ?
    4- Pouvez-vous préciser par qui / quel canal vous avez pris conscience de la menace qui pèse sur lui et quelle confiance vous avez dans cette annonce ?
    5- Décrivez maintenant si vous êtes prêt à faire quelque chose pour contrer cette menace, et, que vous soyez prêt ou non à agir, pouvez-vous dresser une liste, même rapide, des éléments qui favorisent ou au contraire qui empêchent votre éventuelle action ?

  10. @Marion : je vis très densément ce besoin de repli sur soi que tu décris si bien. Je n’ai pas fait toute seule l’exercice de répondre aux 6 questions. Seules mes copines et copains et des sollicitations extérieures parviennent à me réveiller un peu… un peu…

  11. @Océane : c’est une bonne idée de recenser des idées de penseurs, comme des portes d’entrée à des débats. Comment mettrais-tu ça à notre disposition ?
    Charlie, Elizabeth et moi allons lancer des moments de débat en distanciel sur des sujets “politiques”, avec proposition d’écritures de “lettres à”. On doit un peu préciser les choses entre nous et on vous tient au courant très vite.

  12. Merci pour ce partage que je respecte pleinement. Cependant, je ne répondrais pas à ce questionnaire aujourd’hui. Je n’ai pas de réponse à donner pour l’instant car je n’y arrive tout simplement pas encore.
    Je suis néanmoins d’accord que c’est ensemble que nous y arriverons mais dans ce chaos et ces sollicitations extérieures multiples et quotidiennes de peurs, de colères, de climat d’insécurité, de violence, de mort, de culpabilité, d’incertitude… , je n’y arrive pas. Tout cela rajoute du stress émotionnel qui ne m’aide pas à la réflexion. J’ai un besoin Vital de mettre tout le monde dehors. J’ai besoin de Respirer et d’écouter ce Silence. Qu’a-t-il à me dire ? Et les messages d’amour et de bienveillance ne manquent pas. J’écris, je lis, je médite. Un retour à Soi inespéré.
    Le temps est à l’arrêt et c’est très bien ainsi pour moi et pour chacun de nous sur cette planète. Enfin, ceux et celles qui ont l’occasion de le faire ou qui peuvent se le permettre. J’étais, moi aussi, dans la colère, la tristesse, l’inquiétude, l’impuissance, dans ce sentiment d’urgence de ou l’envie de “faire” qqch. En tant qu’infirmière et psychothérapeute, je sais ce que c’est d’être sur le front.
    Je travaille en soins palliatifs depuis plus de 30 ans. La mort fait donc partie de mon quotidien et pourtant, je constate que, tant que nous n’y sommes pas confrontés directement elle reste à la porte. Aujourd’hui elle est partout, on la regarde en face, dans nos foyers, dans les médias, dans les rues, aux supermarché… elle est chez nous, en Europe. Hein? Horreur ! C’est l’agitation. Les gens se regardent comme si l’autre était devenu un ennemi. Attention, DANGER ! Danger de quoi au fait ?
    La mort a pourtant toujours été présente sur nos écrans tout comme la souffrance humaine, animale, végétale, … sans parler de nos océans transformés en poubelle. Souffrance provoquée par la connerie humaine sur laquelle pianote le pouvoir du gain.
    Notre Mère Nature nous y confronte et c’est bien fait pour notre gueule ou disons, pour certaines gueules. L’Homme, avec un grand H, est responsable de ce qui est en train de se passer. Je suis consciente que c’est un pouvoir minoritaire qui gouverne nos gouvernements et notre monde sur lequel nous n’avons pas d’emprise ou si peu. Les gouvernements sont incapables aujourd’hui de se projeter car ils gèrent l’urgence par faute de ne pas avoir anticipé ou pas avoir pu anticiper. En Belgique, comme partout ailleurs, l’anticipation n’existe pas. On gère l’urgence et ce n’est pas par faute d’avertissement de la base vers le haut et de la Nature vers l’Homme. L’économie mondiale est au plus bas, la population mondiale est au plus haut et oui, va falloir s’attendre à un retour de flamme pour relancer l’économie et remplir les caisses de l’Etat et c’est nous qui allons trinquer et nous risquons bien de repartir comme avant. Produire et consommer…
    Là est le vrai DANGER.
    L’économie passe avant l’humain, le pouvoir de l’argent détruit tout sur son passage. Histoire connue et qui se répète et c’est l’éternel question “Pourquoi ?”
    J’en souffre autant que vous et cela m’a découragé plus d’une fois. Allons-nous encore applaudir après le confinement ? Non, en tant que soignant, nous n’avons pas besoin d’applaudissement. Le prendre soin est le coeur de notre métier de soignant comme tout autre métier au service de l’Humanité et vous en faite partie. Nous avons juste besoin d’un peu de respect et nous donner les moyens d’agir.
    Nous marchons tous vers un monde complètement inconnu et incertain. Y a-t-il plus d’espoir que de désespoir à cet inconnu?
    Je pense sincèrement que chacun dans son univers personnel et professionnel fait ce qu’il peut pour transmettre les valeurs de l’amour, du respect et de la Vie. Et il faut que nous continuons tous à le faire, là où nous sommes, chacun dans sa “zone d’influence” comme dirait Yann Arthus Bertrand (article dans publicsenat.fr). Les ressources ne manquent pas et cela me donne l’espoir d’y croire encore. Je crois pleinement à l’effet papillon. Et oui, l’univers narratif nous y aide énormément. Merci Michael ! Merci à vous tous !
    Il existe l’éveil du Beau, d’un possible renouveau. La Nature nous le montre tous les jours et je la respecte et l’honore à ma façon, comme je peux.
    Sa force de résistance est grandiose mais jusqu’à quand ?
    Quelle sera MA façon de vivre après ce confinement ??
    Je vous embrasse.
    Marion

  13. Pour commencer par la Question 1: Je me demande d’abord si on ne devrait pas étendre la question à des activités qui n’ont pas été vraiment suspendues alors qu’elles auraient pu l’être…
    Parce que celle qui moi me vient à l’idée en premier c’est: les transactions boursières!
    En effet, sur cette base là la réponse aux questions 2 s’ouvre sur des horizons vertigineux…

  14. “Je ne suis pas une femme d’action, je suis plutôt à l’aise avec les idées et la pédagogie. Je cherche donc du soutien pour agir” C’est bien le cas de chacune et de chacun.
    Mais partager ses pensées, poster sur internet, e-mailer, n’est-ce pas déjà agir? et, personnellement, je trouve que si l’indignation ne peut qu’entraîner l’assentiment, elle ne débouche d’ordinaire que sur une inversion des rapports de domination, mais pas sur leur disparition. Ainsi, il vaudrait sans doute mieux éviter de relire les discours élogieux et réjouis de Michel Foucault lors de la prise du pouvoir de l’Ayatollah Khomenyi.
    Le questionnaire de Bruno Latour n’est pas une pétition, mais une proposition pour que chacun réfléchisse à sa position à propos de ce qui devrait changer. C’est-à-dire de réfléchir aussi à ce à quoi il nous faudra renoncer car ce système que nous voulons changer, nous le soutenons par nos actes concrets quotidiens (de consommation, d’usages, d’activités professionnelles). Comme toujours, il est facile de voir la paille dans l’œil de son voisin, et plus délicat de voir la poutre dans le sien, puisque chacun fait de son mieux (de son point de vue). Essayez de le remplir, ce questionnaire, et vous allez rapidement vous rendre compte de à quel point il est difficile de ne pas tomber dans des généralités où le changement incombe beaucoup aux autres et peu à soi.
    PS: notre souffrance actuelle vient beaucoup du décalage entre besoins et moyens de réanimation. Il ne faudrait pas oublier que les épidémies ont existé avant notre actuelle globalisation, liées alors (déjà?) aux échanges commerciaux et aux colonisations, ou localement à l’absence d’hygiène.

  15. Chère Catherine,
    Tout d’abord ne t’excuse pas de réactions que tu qualifies d’inadéquates (!) Qui dit cela ? Te connaissant un peu, inadéquates n’est pas un mot que j’utiliserais, mais j’ai une lecture biaisée car au fur et à mesure que je te lisais, je te visualisais bouillonnante et bougonnante , embarrassée de ta saine colère que tu ne voulais quand même pas nous “postillonner à la figure” tant tu es respectueuse de l’autre / des autres. Je ne sais pas encore quoi faire de tout cela, oscillant suivant les jours entre des espoirs et désespoirs … affaire à suivre donc !

  16. Une action de réflexion et de promotion d’idées a sa place en ce moment. Emmanuel Macron indiquait il y a quelques semaines vouloir « interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ces failles au grand jour ».
    Hubert Védrine affirmait sur Radio Classique le 27 mars que « Le président de la République peut lancer des idées, ouvrir des pistes, il peut animer une réflexion mais ce sera un travail collectif… Je n’imagine pas que l’on puisse faire ce travail d’une façon que française… Je souhaite que ce ne soit pas un règlement de compte généralisé incompréhensible, mais (…) il faut lancer un débat, qui sera très confus au départ, et déjà imaginer son débouché. »

  17. Vu dans Le Monde à l’instant :

    “Selon plusieurs sources dans son entourage, le président envisage sa prolongation au-delà du 10 mai. Une échéance « assez lointaine pour faire comprendre l’effort qui reste à faire, mais suffisamment proche pour esquisser la France d’après ». Emmanuel Macron est donc aussi attendu sur une méthode pour faire redémarrer le pays après le confinement, qui commence à produire des effets sur le nombre de cas graves.”

    Un mois devant nous… on peut en faire des choses en un mois !

  18. Bonjour Catherine,

    Merci beaucoup pour ton article et pour ton indignation qui fait du bien. Jusque là j’avais vu deux de tes posts et je ne savais pas comment y répondre.
    Je me pose aussi beaucoup de questions sur comment militer pour une sortie de déconfinement qui permette de repartir sur de bonnes bases. Des milliards d’euros vont être injectés dans l’économie et leurs règles de répartition (qui vont être décidées là, dans le ou les mois à venir !) vont décider de l’économie et donc de la société de demain.

    Il y a de nombreuses propositions de mieux en mieux construites par les intellectuels et les chercheurs, notamment dans la dernière parution de Le Monde. Je peux envoyer ces articles à qui le souhaite. Je ne me sens pas moi-même de me lancer dans l’exercice que tu proposes, par contre ce que m’inspire ton appel, ce serait de recenser les idées des penseurs d’aujourd’hui pour en débattre ensemble et s’engager à promouvoir et défendre de façon collective les idées qui nous rassemble.
    Qu’en penses-tu ?

    Je serais prête à m’investir dans un collectif, le pourvoir d’idées qui m’inspirent, étudier celles des autres, débattre de celles que l’on retient, puis faire œuvre de pédagogie et de militantisme pour les promouvoir par le biais de pétitions et d’articles.
    Ce que je souhaite éviter, ce sont les discussions sans décision finale, sans engagement, sans actes… car j’ai l’impression également que la maison brûle et que l’action d’urgence s’impose.

    Je lancerai sans doute après le discours de Macron de ce soir une proposition d’écoute et d’accompagnement des émotions et des conflits pendant le confinement, gratuite pour les particuliers via Facebook et pas très cher pour les entreprises. C’est en réponse à mon inquiétude pour l’impact psychique du confinement sur une partie de la société.
    Mais ce déconfinement, je le vois comme un espoir fou et je n’ai pas envie que l’on me vole cet espoir d’un monde différent. Avec plaisir pour travailler avec des personnes qui souhaitent également une société engagée pour le respect de la nature et pour une société économiquement plus égalitaire.

    Belle journée de Pâques à tous !
    Amicalement

    Océane Godde

  19. Merci Catherine, merci, merci.

    Cela me fait vraiment du bien de lire ton article. Je me sens moins seule.
    Je suis sortie de la conférence avec un arbre où il me manquait obstinément une ressource pour affronter l’avenir. Une ressource que je savais mienne et qui m’a toujours été nécessaire pour sortir des crises. Pendant l’exercice, elle se refusait à moi et je la sentais sans pouvoir la saisir. Ma colère était devenue de la tristesse et m’empêchait de penser, de réfléchir. Une fois cette émotion passée.,(Il me fallait bien la laisser passer pour la surmonter), cette ressource m’est revenue en tête : le courage. Cette ressource précieuse mais également si fragile, tu la mets là en avant sans la nommer, mais je la reconnais, je la chéris.
    Et oui, il va en falloir pour pouvoir agir sur l’évolution et se révolter , le cas échéant, contre des orientations qui seraient aux antipodes de mes(nos?) préférences…

  20. Juste deux remarques supplémentaires :
    1. Ce que j’écris n’engage que moi. Ce n’est pas parce que j’enseigne à la Fabrique Narrative que je l’engage dans son ensemble.
    2. Je n’ai pas vérifié la pertinence de l’ONG Le Mouvement qui propose le lien qui a été ajouté à la fin de mon article.

  21. Merci Catherine pour ton article! Les questions m’intéressent, être actrice responsable – je suis partante pour l’idée même si le mot “engagée” raisonne plus pour moi ayant du mal à définir responsable. Mais engagée pour mes idées et aspirations, oui! J’ai fait ce choix il y 14 ans, de quitter une entreprise pour créer une entreprise engagée portant des valeurs de respect des salariés, protection de l’environnement… j’accompagne depuis 6 ans des entrepreneurs qui veulent associer leurs valeurs et un modèle économique pérenne.. Alors oui ! Je suis partante. Il est intéressant en même temps de constater que nous n’abordons pas tous les choses de la même façon. Peut être suis je ‘bien-pensante ‘, c’est possible. Mais j’essaye toujours d’agir ‘pour’ quelque chose et non ‘contre’ quelque chose. A mon sens agir ‘contre’ ne fait qu’alimenter finalement ce contre quoi quoi nous agissons. La colère, j’en ressens évidemment mais je la laisse passer. Je pense que cela demande de l’énergie et du temps à l’alimenter et je préfère donc la laisser passer pour consacrer mon énergie à contribuer à ce qui me parait important, à agir pour ce qui me parait juste. Au plaisir donc d’échanger sur ces sujets!

  22. Bravo… enfin une prise de position ! je partage votre colère saine et je m’identifie… moi aussi plus je réfléchis et plus je le suis.. en me posant la question des nouvelles actions à mener en tant que praticiens narratifs loin du ronron confortable…
    J’en profite pour partager le dernier billet quotidien que je poste sur Facebook…

    Je suis Covid 19

    Bon allez soyons indulgents : même le président Macron ne sait pas s’il est con…
    Bon allez un petit effort, soyons positifs… : non, la nature humaine n’est pas si noire, non l’homme n’est pas qu’un loup pour la femme… :-)))
    Pourquoi insister sur la délation (cf. billet d’hier), ce sport national en regain, alors que les français sont capables aussi de très beaux élans de solidarité : la preuve ? Même les jeunes de Saint-Denis font des courses pour les grands-mères, c’est dire…

    Un « bon » ami m’a mis en garde hier : mes billets d’humeur sont trop sombres et négatifs….
    OK, soyons donc résolument positifs !
    Coup de projecteur aujourd’hui, sur (quelques-uns) des multiples bienfaits du confinement…
    – 39, 6% : la baisse du nombre de morts sur les routes françaises en mars 2020.
    – Les canards de Paris qui inventent des Itinéraires Bis.
    – La bourse qui rit de ses très beaux yoyos et de très bonnes affaires.
    – THE DR RAOULT qui est la star du moment
    – Zoom, la solution de visioconférence qui connaît une croissance exponentielle
    – Neymar qui ne risque plus la blessure
    – Virginie Despentes qui n’a plus à se lever et à se casser (sauf chez elle)
    – Sibeth N’Daye qui est formidable. Astuce du jour : courir à reculons pour éviter le Coronavirus pendant son jogging.

    Positifs ! Tournons-nous vers Bruno Latour, sociologue, anthropologue et philosophe : plutôt que de tuer le virus mondialisé, pourquoi ne pas le rencontrer et apprendre à s’en accommoder. Pour préparer l’après crise sanitaire, il nous propose des exercices. Question 1 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles ne reprennent pas ?
    Sa leçon du virus : l’impossible devient possible. La révolution est déjà là et l’argent aussi : la Banque d’Angleterre, Union Européenne, Trump… tout le monde se lache pour sauver son économie ! Bon moment pour questionner la nature des systèmes de production (et pas seulement s’interroger sur la redistribution des richesses) .

    Positifs à donf ! Tournons-nous vers Christian Clot, spécialiste des mécanismes humains d’adaptation. Au moment où notre PR va nous confirmer demain soir qu’on en prend pour 30 jours supplémentaires (on parie ?), l’explorateur, admirateur de Magellan, prodigue quelques conseils pour (bien) vivre son confinement : organisation d’un agenda quotidien (avec rituels), recherche de moments de plaisir, projections mentales tournées vers un ailleurs et un futur différents.

    Attention message final de ce billet super-super-positif : Coovid19 pourrait être une alerte salutaire pour repenser le monde et lui éviter les grands drames vers lesquels il courrait comme un canard sans tête…

    Ouf, le monde va bien. Viens, chérie, on va faire l’amour…

  23. Merci Catherine pour cette article . c’est difficile de continuer de penser quand tout est présenter comme des évidences. je crains moi aussi que le discours dominant sur les futurs transformations de nos sociétés ne viennent renforcer les big 5 et pas les faire trembler. Ce à quoi nous assistons maintenant c’est davantage la justification du modèle actuel : état fort autoriser à priver les citoyens de leur liberté au mon du bien commun postulant la bêtise de chacun incapable de comprendre ce qui est nécessaire. économie productiviste indispensable à la vie de tous, distiller la méfiance des uns et des autres et notamment entre les générations ( les jeunes font n’importe quoi et vont tuer les plus vieux) qu’il est loin le récit de la jeunesse consciente du futur de la planète …les crises sont des opportunités pour le meilleur mais aussi pour le pire ne l’oublions pas et restons vigilant

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