Therapy conference is therapy !

p1000507A part dans les moments où je conduis la voiture avec le volant du mauvais côté, activité qui occupe 100 % de ma bande passante, je trouve qu’une conférence sur la thérapie, c’est avant tout du travail sur soi.

Une chose que j’ai comprise et qui a de l’importance pour moi, c’est que la violence n’est pas uniquement l’apanage des hommes qui cognent leur femme ou leur enfants. Cette histoire permet de se tenir à distance et de se dire qu’on est un homme cool. Mais la définition narrative qui consiste à dire que la violence consiste à rendre l’autre ressemblant par la force au lieu de respecter et de stimuler sa dissemblance me suggère que j’ai moi aussi à balayer devant ma porte.

La connexion que fait Foucault entre le savoir et le pouvoir (et que depuis la magistrale Keynote d’ouverture du thérapeute et philosophe danois Alan Holmgren, j’ai l’impression de saisir un tout petit peu mieux) prend dès lors une autre résonnance beaucoup moins théorique. Savoir quelque chose de l’autre et lui passer la redingote de ce savoir est un acte de pouvoir , même si c’est fait avec “de bonnes intentions”, car notre savoir lui raconte une histoire de lui potentiellement disciplinaire. Idem pour la responsabilité lorsqu’on considère que c’est la conscience de l’impact sur la vie des autres de nos choix et des histoires que nous racontons. En tant que parent, c’est juste insupportable et en tant que partenaire, conjoint, ami, associé, c’est une grosse prise de tête.

Le but d’assister à ce genre de conférences, en fait, ce n’est pas tant d’apprendre des choses que de se retrouver dans un espace d'”étirement” personnel, stimulé par les étincelles que provoque la friction avec les idées de intervenants et des autres participants. En ce qui me concerne, cet étirement me conduit vers plus de recul et de décentration. Nous avons eu un atelier extraordinaire cet après-midi intitulé “from the “shoulds” of discourse to the “coulds” of living” (des “il faut” du discours aux “je peux” de la vie). Animé par Anette Holmgren, Amanda Redstone et Sarah Walther, cet atelier propose une carte vraiment nouvelle et vraiment intéressante qui fait un peu le pont entre la relocalisation culturelle des problèmes de Stephen Madigan et l’absent-mais-implicite de Michael White, en amenant le client à explorer l’absent-mais-implicite du discours dominant (une promesse), en décodant ses “petits caractères”, et (surtout) sans piétiner les espoirs et les rêves qui lui auraient été fourgués en douce par le pouvoir moderne parce que ce sont quand même de ses espoirs et de ses rêves qu’il s’agit. Une travail remarquablement intelligent. Mais ce qui était drôle, c’était un exercice sur les “shoulds” des praticiens narratifs et les promesses implicites de ce qui échoit au praticien narratif s’il respecte bien comme il faut tous ses “should” (= devenir Michael White !)

Je ne raconte pas l’atelier de Ricardo Ramos, un OVNI psychiatre et sémiologue venu de Barcelone car ce post est déjà trop long. J’y reviendrai. Une très belle cérémonie autour de l’utilisation de l’Arbre de Vie dans des contextes institutionnels de santé mentale et d’accompagnement des personnes qui luttent contre le HIV a terminé la journée. Il y avait encore une intervention, mais là mon cerveau a grillé et je suis parti conduire du mauvais côté pour rentrer à l’Université. Elizabeth a assuré la suite, c’est vrai qu’elle a deux ou trois notions d’anglais…

Une réflexion au sujet de « Therapy conference is therapy ! »

  1. Même en français, je n’ai pas compris la phrase centrale du Post ( celle sur les “petits caractères”…

    je peux avoir une deuxième chance à la Fabrique ????……….

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