POLITIQUE, NARRATIVE ET CONVERSATIONS

Par Elizabeth Feld

Un article important où Elizabeth positionne la réflexion politique au centre des PN. A l’appui de sa thèse, sa lecture attentive de “Continuing the conversations”, l’ouvrage posthume de Michael White encore peu connu en France. Et surtout, de larges extraits des conversations de Michael, dont 5 ans après sa mort à quelques jours près, on ne se lasse pas d’apprécier le talent, la vertigineuse précision et l’omniprésente poésie.

Il y a quelques mois, “Errances Narratives” a publié l’article “Pour tous ? Mais qui est tous ?” , ce qui a soulevé un questionnement sur la place d’un article plutôt “politique” dans ce blog, consacré aux Pratiques Narratives.
La question qui s’était posée de la place d’un article “politique” dans “Errances Narratives” m’a amenée à relire le livre posthume “Narrative Practice : Continuing the Conversations” (“Pratiques Narratives, la poursuite des conversations”, un livre digne d’être éventuellement traduit en français) de Michael White, et plus particulièrement son premier chapitre intitulé “Amener le monde dans la thérapie et subvertir les opérations du pouvoir moderne”.

Les débats et conversations autour de l’article “Pour tous ?” ont, par la richesse de leurs propos, à mon avis, largement soutenu le thèse de sa pertinence. Ce qui me rassure et me soutient dans mon idée que ce serait très riche pour notre communauté narrative si nous abordions encore plus la question ‘politique’ dans la pratique narrative. Certes, c’est une notion qui vient du monde anglo-saxon où la notion de politisation de la thérapie et de l’accompagnement est bien plus développée qu’en France.

Beaucoup d’entre nous se souviendront de la première fois, en 2009, lors de la Classe de Mer de Stephen Madigan, quand nous avons compris l’importance fondamentale de la relation entre la personne, son histoire de problème et les discours du contexte culturel. Il aborda les notions de “politic” et de ” accountability”. Nous avons passé un bon bout de temps dans la traduction de ces concepts en français. Bien que politique soit la traduction de politic, la notion de l’aspect politique de l’accompagnement et de l’importance de la déconstruction, déballage,ou détricotage du contexte élargi venait nous réveiller de façon profonde avec ce premier séminaire de Stephen Madigan.

Accountability, qui n’a même pas de traduction exacte en français parle de la responsabilité qu’ont les personnes de culture majoritaire envers celles de culture minoritaire, de prendre en compte leur réalité et de faire la place pour l’expression de cette culture. Idée importante qui nous demande de déconstruire nos propres idées reçues et détricoter notre propre contexte avant de vouloir accompagner des personnes d’autres cultures. Et en parlant de culture, on comprend le sens large, l’accompagnement d’une femme par un homme, par exemple, ou d’un noir par un blanc, un homosexuel par un hétérosexuel…. Accountability veut dire qu’en tant que praticienne de race blanche, majoritaire, je ne peux pas mettre de façon automatique ma grille de lecture sur les histoires que raconte la personne d’une autre race, minoritaire dans la culture française.

En fait, ceci va au delà des cultures. Cette notion de contexte est partout. Même dans les idées reçues que nous avons sur qu’est ce qu’un “bon thérapeute” , un “bon coach”, un “bon superviseur”.

David Epston, dans sa magnifique préface à ce livre qui est en fait une lettre posthume à Michael, évoque “poetics alongside politics” (la poétique aux côtés de la politique). Il évoque l’importance de Foucault dans le travail de Michael, ” il (Foucault) nous a informés de la façon dont les nouvelles formes de pouvoir, qu’il a appelées ‘le pouvoir de l’expert ‘ se sont imbriquées dans de nouvelles formes de savoirs. Lui, plus que personne que je connaisse, t’a incité à regarder au delà de nos intentions bénévoles pour être vigilants sur nos effets. ” ( xxvii)

Bien que les Master Class de Stephen Madigan, de David Denborough et Cheryl White, et de David Epston aient fortement souligné l’importance de la prise en compte du contexte dans la construction d’une histoire dominante de problème, j’avais envie de partager avec vous des éléments de cet excellent article/ chapitre du livre qui nous invite à réfléchir sur l’importance du travail sur le contexte culturel et social de toute histoire racontée.

Dans son article, Michael partage ses réflexions sur la thérapie narrative en se questionnant sur le terme ‘thérapie narrative’ qui ne prendrait pas assez en compte les ‘complexités contextuelles des vies des gens”.
‘Car, “dit il, “c’est à travers les histoires que les gens sont liés à la culture. Les histoires de la vie et de l’identité ne sont pas construites de façon radicale. Elles ne sont pas un phénomène solitaire, qui se tient à part des discours culturels. C’est plutôt que les histoires de la vie et de l’identité sont façonnées par les discours de la culture et elles sont les porteurs de ces discours. C’est l’appréciation de la narrative en tant que véhicule culturel qui a été soulignée dans beaucoup de mes explorations de la pratique autour desquelles j’ai écrit et présenté, dans une grande partie de mes moments d’enseignement. ” (p. 8)

‘La compréhension de la narrative comme véhicule culturel est mise en lumière dans des conversations thérapeutiques qui détricotent les histoires des vies et des identités des gens.'(p. 8)

“…les considérations de la relation particulièrement intime entre le pouvoir et le savoir”…(p.9)

Michael nous dit:
“Cette relation particulièrement intime est la marque d’un système moderne de pouvoir qui est le mécanisme principal du contrôle social dans la culture occidentale. En parlant de la relation particulièrement intime entre le pouvoir et le savoir, ce n’est pas mon intention d’ajouter aux contributions de la rengaine connue ” le savoir est le pouvoir” , mais plutôt de m’engager dans une perspective Foucauldienne autour de la dépendance mutuelle – d’un côté les savoirs sur la vie et l’identité qui ont été produits par les disciplines des sciences humaines dans leur histoire des 300 dernières années, et de l’autre côté les pratiques du pouvoir qui pourvoient les conditions qui rendent possible la constitution ou la fabrication des identités modernes…” ( ps 9-10)

‘ un autre objectif particulièrement pertinent à ma relation avec la métaphore narrative fut façonné par un engagement au développement de pratiques “non-narratives’. Par cela j’entends des pratiques non-narratives en ce qu’elles ne fortifient ni reproduisent de façon automatique et sans questionner, les formes de vie prisées par la culture courante – ces façons d’être dans la vie que l’on considère comme ” vrais” , ‘appropriés’, ‘saines’, et ainsi de suite” ( p 3-4)

Comment, en tant que thérapeutes et coachs, intégrons-nous ces pratiques ” non-narratives’ dans notre pratique narrative? Je connais une coach qui annonce aux clients potentiels qu’elle pratique avec la PN Et que cette pratique peut être “subversive”. Elle prend le risque, et elle a des clients. En annonçant la couleur, c’est une façon de respecter l’idée qu’elle ne souhaite ni fortifier, ni reproduire “de façon automatique et sans questionner, les formes de vie prisées par la culture courante”.

Michael donne trois exemples de conversations narratives ou il a détricoté avec ses clients des éléments des histoires de problèmes qui étaient tellement une question de normes, que les fils du tricotage étaient quasi-invisibles au premier abord.

Les histoires de Dianne, de Jenny et Pauline, et de Damien.

L’histoire de Damien met en lumière les questions de relations de pouvoir dans la relation thérapeutique.
Damien, est conseiller dans une agence, la réalité de son travail ne se révèle pas à la hauteur des promesses faites lors de son recrutement, après 18 mois on décide de consulter Michael.

Damien dit avoir de” l’appréhension “. Malgré toutes ses tentatives, allant jusqu’aux cours de ” assertiveness training ‘(formation à l’assertivite), son appréhension s’est accrue. L’échec de ces tentatives a confirmé pour lui et donne de l’ampleur a son manque de confiance.
Michael détricote l’appréhension avec lui. Une discussion s’ensuit ou Michael lui demande : si ses pratiques de l’accompagnement étaient libérées de l’appréhension, à qui appartiendraient les savoirs et qui se trouveraient au centre de ses conversations, ” tes savoirs ou les savoirs des personnes que tu accompagnes? La réponse fut immédiate: mes savoirs” ( p 21 ). Et puis Damien ajouta que cela ne lui,convenait pas, car il savait que cela disqualifierait les personnes qu’il accompagnaient.

Ils explorent ensuite comment il pourrait exprimer sa position sur les relations de pouvoir et l’éthique de l’accompagnement.

Ensuite Michael invite la conseillère en chef à une conversation en tant que témoin. Le processus sert à remettre l’appréhension de Damien comme acteur dans des conversations dans l’agence, qui ont fini par influencer des changements dans les pratiques de l’agence.

Dianne: le refus des opérations du pouvoir.

J’ai lu la conversation entre Michael et Dianne, avec grand intérêt, trouvant les façons qu’avait Michael d’interagir avec Dianne d’une grande sensibilité. Dianne est arrivée avec ses parents complètement retirée et incommunicative au début de la séance. Elle était en grosse difficulté avec des TS et dépression.

Après de nombreuses tentatives de l’engager dans une conversation, Michael lui dit ” enfin , je soupçonne qu’il y a quelque chose qui te dit de ne pas me faire confiance, ce qui est, je suppose, assez logique, vu qu’on vient de se rencontrer et que tu ne peux pas encore te faire une idée de qui je suis… Jusqu’ à ce qu’il ne veuille pas que tu m’écoutes du tout… Si tel est le cas, je voudrais te dire que j’ai l’habitude de ce genre de tactique. Serait- il possible que celui qui t’a dit de ne pas me faire confiance me traite de noms insultant s? … Tu sais que c’est quelque chose qui m’arrive souvent et que j’ai aussi l’habitude de cela?
Ça t’étonnerait d’apprendre que j’aime collectionner les noms dont on me traite? J’en compile des listes. Il y a des gens qui collectionnent les timbres et moi je collectionne les noms dont on me traite. Je les considère comme ma collection de timbres car c’est les noms dont j’ai été tamponné. “.
( j’inclus ce bout de dialogue car je le trouve brillant)
Il lui lit sa liste et lui propose d’en ajouter, ce qu’elle fait. Petit à petit de cette manière il l’engage dans une conversation sur la façon dont elle est tyrannisée par des pensées fortes et puissantes auxquelles elle a du mal à résister.
C’est une voix qui lui dicte toutes les façons d’être qu’elle devrait adopter pour être une “personne vraie”.

À travers cette évaluation négative constante, Dianne essaie toujours de se mesurer mais n’y arrive jamais. “elle est arrivée à croire qu’elle ne serait jamais à la hauteur, un échec extraordinaire dans ses efforts pour être quelqu’un.”. ( p. 13)

Jenny et Pauline

Jenny et Pauline consultent en couple ; c’est Pauline qui a demandé le RDV par rapport à ses soucis pour Jenny. Jenny est constamment en train de se faire du mal autour de beaucoup de sujets, arrivant souvent à un état de désespoir qui peut les laisser toutes deux paralysées.

Jenny est en proie à “Doute de soi” qui lui fait du mal autour de beaucoup de sujets, arrivant souvent à un état de désespoir et de paralysie personnel et dans son couple.
Michael la questionne autour du contexte : ” en réfléchissant sur la nature de ‘doute de soi’, crois – tu qu’il y aurait de forces particulières qui s’y seraient associés? Des forces qui pourraient la façonner et la soutenir? ”

Ils arrivent à détricoter jusqu’à identifier l’emprise d’une idée qui définissait comment il fallait être et agir pour être une personne plus adéquate et plus ‘together’ (ensemble). Elle se mesurait à une échelle extérieure et se trouvait défaillante.

Michael va chercher dans des domaines de sa vie qu’elle avait garde à l’extérieur de ces jugements. (19). ” Comment as tu su refuser cela ? Et si ces aspects de ta vie ne représentaient pas l’échec, de quoi sont- elles une expression?”

Ils finirent par trouver des “Pratiques alternatives du soi non-évaluatives ” et des buts, valeurs et croyances en contradiction avec les buts, valeurs, et croyances enracinés dans les notions de ce que voulait dire être une ” vraie personne’ dans la culture occidentale contemporaine. Jenny a pu rompre avec Doute de soi.

Ce qui est intéressant dans ces exemples qu’a choisis Michael, c’est l’enracinement subtil et tenace des idées de normalité dans l’histoire de problème. Le concept de ‘détricotage’ est très à propos car ces idées ‘normatives’ sont tellement finement tricotés dans la matière de l’identité de la personne qu’on pourrait facilement passer à côté en pensant que toutes ces idées faisait partie intégrante de la personne.

Ce sont vraiment des notions de pouvoir moderne, soutenues pour Damien dans le corps de ce qu’il a appris sur l’accompagnement, soutenu par des écoles de couselling, soutenu par les voix de Pauline autour de ce que l’on doit faire pour s’appliquer à être une vraie personne, ou aussi de Jenny. C’est ce genre de discours qui est difficile à cerner, car subtil, et bien enraciné dans ce que nous croyons être des vérités.

” Est-ce notre rôle d’être des complices involontaires du pouvoir moderne ou est-ce notre rôle de favoriser la diversité dans la vie quotidienne? ” ( p 43)

C’est mon opinion que le coaching narratif met en lumière les prescriptions de ce pouvoir moderne qui fleurit dans les entreprises et donne aux personnes que nous accompagnons la possibilité de faire des choix qui leur permettent de se sentir acteurs de leurs propres vies et non pas victimes.

Les ” Big 5″, comme les appelle Pierre Blanc-Sahnoun, gouvernent le monde de l’entreprise. (la croissance, l’efficacité, la compétition, la performance et l’enrichissement financier des actionnaires).

N’empêche que tout accompagnement narratif que ce soit en entreprise ou ailleurs, à pour intention d’aider la personne à se sentir auteur de sa vie. À le reconnecter avec son initiative personnelle.

Je pense à un coaching que j’ai fait avec Carl, manager dans une filiale francaise d’une entreprise internationale. Cette entreprise, comme la plupart des entreprises aujourd’hui affichait des valeurs “humaines” tout en demandant à ses employés de produire de plus en plus de résultats avec les mêmes moyens.
Ce manager, tout en prenant conscience des messages reçus de la direction, avec lesquels il n’était pas d’accord, avait trouve sa voie et sa façon de vivre en paix avec lui-même dans ce contexte en se focalisant sur le développement des membres de son équipe et le développement d’une culture de soutien et d’entraide dans l’équipe.

Quand je l’ai questionné sur l’histoire de ces valeurs dans sa vie, Carl m’a raconté ” en fait, je me rends compte que j’ai toujours eu ces valeurs-là. Dans ma famille on avait une forte culture d’entraide et de soutien. J’avais un frère handicapé et j’ai toujours veillé sur lui à l’école pour qu’il soit bien traité et accepté. Toute la famille s’est mobilisee en vacances pour qu’il puisse se sentir inclus …”.

Son choix, de se focaliser à son échelle sur la culture de son équipe, lui a permis de bien réussir dans le contexte de son entreprise malgré les Big 5 et de s’y sentir en alignement avec lui- même.

Olivier, lui, à déconstruit le contexte de son entreprise qui lui demandait d’être créatif dans un contexte fortement hiérarchisé ; il a également contacté et épaissi les valeurs fondamentales pour lui qui le faisaient vibrer, celles de la liberté, la créativité et l’innovation. Comme pour lui, les trois étaient indissociables, il a choisi de braver sa peur de l’insécurité financière et de s’établir à son compte.
Ayant allié la liberté et la créativité , il a pu développer son entreprise vers les sujets qui l’intéressaient et où il était le plus innovant.

Le pouvoir moderne, on ne peut pas y échapper, il s’agit par contre, de détricoter les fils de ce pouvoir, ses prescriptions, dans les histoires de nos clients, mais également dans nos propres visions pour eux.

” Est-ce notre rôle d’être des complices involontaires du pouvoir moderne ou est-ce notre rôle de favoriser la diversité dans la vie quotidienne?’. Michael White

4 réflexions au sujet de « POLITIQUE, NARRATIVE ET CONVERSATIONS »

  1. It’s true that they are over flowing on Sunday mornings. The church I visited in Chengdu had 10,000 on Sunday mornings. Excellent point that they are kept out of the mainstream, I alluded to that point yesterday mentioning my student who cold2n&#8u17;t even put a sign outside of the door of the church, but thank you for really emphasizing that.

  2. Bonsoir,

    Foucault a attiré notre attention sur les mécanismes par lesquels une forme de pouvoir produit des connaissances qui agrègent des informations sur les activités et la vie des gens, cet agrégat d’informations renforçant un peu plus le pouvoir. En étudiant les relations complexes entre le pouvoir et le savoir Michel Foucault nous a prendre conscience de leur existence mais il a réfuté avoir affirmé que cette relation serait systématiquement négative ou que le savoir serait nécessairement le pouvoir.

    Si son travail conduit à prendre conscience de ces mécanismes qui opèrent à notre insu, affirmer que cette relation serait une bonne ou une mauvaise chose relèverait d’une opinion qui n’était pas, pour autant que j’ai compris ses positions ce qui est très discutable, celle de Foucault, lequel laissait à chacun la liberté de décider quoi penser, ressentir et agir à partir de la possibilité de s’extraire momentanément de l’emprise de la façon de penser suggérée par son époque et sa société.

    En ce qui le concerne il a par exemple décidé de s’opposer aux systèmes carcéraux en fondant d’abord le Groupe d’information sur les prisons puis en créant le Comité d’Action des Prisonniers..

    De son côté Michael White a remis en question la relation psychothérapeutique conventionnelle et a inventé un chef d’oeuvre d’alternative, la thérapie narrative.

    Sommes-nous les complices involontaires du pouvoir moderne ? Certainement. Mais cela n’est pas pour autant une faute morale ou un délit. Personne ne devrait en ressentir de la honte ou de la culpabilité. Au contraire. Parce qu’il est impossible de vivre et de penser autrement que de la façon dont nous vivons et pensons aujourd’hui dans notre société. Et que c’est parfait ainsi. Tous les jours des sapeurs pompiers sauvent des vies humaines ou animales en étant les complices involontaires du pouvoir moderne. Des aides soignantes soulagent des patients de leurs souffrances. Des obstétriciennes accompagnent des femmes qui donnent naissance à des vies humaines. Des boulangers fabriquent notre pain quotidien. etc. Toutes ces personnes mettent en oeuvre une pratique en étant les complices involontaires du pouvoir moderne. Et il en est de même des praticiens narratifs.

    Est-ce notre rôle d’être les complices involontaires du pouvoir moderne ou de favoriser la diversité dans la vie quotidienne ?

    Il est impossible d’apporter une réponse à cette question car il en existe peut-être autant que de lecteurs. Il est impossible d’apporter une seule réponse parce qu’une seule réponse supposerait une seule vérité, absolue, immanente et définitive.

    Si quelqu’un décide que sa pratique narrative implique nécessairement la prise en compte de la dimension et du contexte politique c’est tout à son honneur et c’est parfait ainsi. Si quelqu’un décide le contraire c’est tout à son honneur et c’est aussi parfait. Si quelqu’un décide que c’est ni l’un, ni l’autre, c’est toujours parfait. La diversité dans la vie quotidienne c’est ainsi et c’est parfait.

    Amicalement 😉

  3. Merci Elizabeth, pour cet article très riche dont le thème me parait fondamental. Ta proposition d’une journée d’atelier sur la déconstruction est géniale.

    Ce sera vraiment très aidant pour les narrapeuthes de poursuivre la réflexion et les échanges d’expérience sur le thème de l’accountability que tu introduis içi. Avec cette idée de la culture majoritaire et minoritaire – (par exemple, je me sens souvent dans mes accompagnements en entreprise, en culture minoritaire 😉
    Avec notre responsabilité vis-à-vis du « pouvoir de l’expert » et de l’acceptation presque à priori de ce pouvoir par celui qui demande un accompagnement. Comment tirer ce fil de conversation avec un client (ce fil qui détricote à lui-seul une bonne partie de notre histoire dominante) ?

    Cette histoire dominante des Big 5 est vraiment omniprésente dans les coachings d’entreprise en particulier celle de la performance (rentabilité et productivité) et de la croissance. Quelle est notre experience d’accueil de la diversité et de l’exotique à cet endroit ? Je trouve que les ruses du pouvoir moderne sont très élaborées et prennent parfois l’apparence de la diversité.
    Le coaching est-il une ruse du pouvoir moderne ?
    La question de Michael White sur notre rôle (complicité du pouvoir moderne ou accueil de la diversité) me questionne depuis longtemps, c’est un choix professionnel majeur. Je sens pourtant le besoin de ne pas m’enfermer dans sa dualité (être collabo passif ou résistant). C’est peut-être pour en sortir que j’ai eu besoin d’écrire mon livre, pour parler de mon histoire préférée et me mettre au service des autres histoires alternatives.
    Maintenant se pose la question de l’ascèse pour être décentrée. Yeah ! 🙂

  4. Ton article est vraiment intéressant. Au début j’ai eu un peu de mal à rentrer dedans, je trouvais un peu difficile de compréhension mais ca c’est mon histoire avec le contexte élargi, j’anticipe que c’est compliqué avant de lire vraiment.

    Et grâce à ton article j’ai encore compris des choses. L’importance de detricoter les idées normatives dans l’histoire de poblème. Les cas que tu cites aident beaucoup à la compréhension. Magnifiques exemples.

    Le cas de Carl qui est le tien vient bien ajouter à la compréhension de l’importance d’explorer le contexte culturel de l’entreprise et de la personne.

    Ton cas m’a aidé car il me rappelle ce que je vis actuellement chez un de mes clients. Ou on demande des choses aux personnes pas très acceptables pour elles. Et cela va m’aider à regarder autrement ma manière de les accompagner.

    Ton article est très utile car ce sujet n’est que très rarement abordé car difficilement explicable et pourtant il est primordial. Il introduit bien la journée de déconstruction que tu proposes d’animer pour La Fabrique. Je te trouve courageuse de t’attaquer à ce sujet et merci de le faire pour nous.

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