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Chansons narratives

Je vous livre ici les chansons de clôture de la 4ème conférence Européenne + de Pratique Narrative et Travail Social qui s’est déroulée à Barcelone. Anne-Sophie y fait référence dans son article “En passant par Barcelone avec mes espadrilles”.

Avec toutes mes excuses pour la qualité artisanale ; la première chanson est en Catalan, la deuxième, vous verrez, en anglais…

Elizabeth Feld, 21 août 2016

En passant par Barcelone avec mes espadrilles

Anne-Sophie_Conference

Anne-Sophie nous livre ici un article sur la la 4ème conférence Européenne + de Pratique Narrative et Travail Social qui s’est déroulée à Barcelone.

Vous venez ? Petit (re)tour sur la Conférence Européenne Narrative

Après qu’Elizabeth nous ait livré ses impressions, je vous livre les miennes.

Il est des événements comme ça dans la vie dont on ne se remet pas. La Conférence Européenne Narrative en fait partie. Elizabeth m’a fait rire avec son sous-titre “Ou comment alimenter vos histoires de regret de l’avoir ratée”. J’ai envie de davantage vous torturer 😉 Avant de vous livrer un enseignement remarquable, tellement remarquable qu’il attendra sagement que les vacances soient terminées pour être partagé.

Jeudi 7 juillet 2016, 15h30. La Conférence commence avec un Opening Welcome, tout en mots. On* y évoque un “espace de dialogue”, des “réponses narratives”, des “conversations” – et en chanson :

Il se clôturera de la même manière, avec une guitare accompagnée de son musicien et plein de refrains ! Quel langage plus universel que celui de la musique ? Vous trouverez la chanson ici : https://www.youtube.com/watch?v=soVfDVC_L3s.

*On dit que “on” est un con ; ça n’est pas du tout approprié dans ce cas : il y avait Carlos Chimpén, Stephen Madigan, Rosa Elena Arteaga, Merixtel Pacheco. Rien qu’ça !

Oh ! J’allais oublier : lors de cette plénière, Rosa Elena Orteaga a audacieusement mentionné qu’elle parlait une langue coloniale, revenant sur l’histoire de son pays, le Mexique, tout en étant dans le pays dominant. C’était amené délicatement, justement. Justement, parlant de pays, il y avait des gens de toutes parts. Venus de près, de loin : Roumanie, Belgique, Russie, Canada, Etats-Unis, Grande-Bretagne, etc. Des pieds foulant le même sol pour partager ce qu’ils ont tous dans la tête et, il me semble, dans le coeur.

Autant d’interprétations de la pratique narrative sur des champs de discipline variés. Autant de gens faisant un travail incroyable.

J’ai aimé entendre que la narrative était un espace en-dehors de la vie ordinaire, que les conversations narratives donnent forme aux silences, pensées tues, sentiments rejetés. Que ces conversations ne sont pas exclusivement personnelles et qu’elles peuvent, doivent sortir de l’expérience privée vers l’espace public.

J’ai aimé écouter ces praticiens raconter, tous à leur manière, qu’ils offrent un support aux processus de décision des individus pour qu’ils vivent la vie-encore-à-vivre de chacun. La première séance vue comme le point de départ d’une nouvelle histoire. C’est plein d’amour et d’espoir.

J’ai aimé deux citations dont personne ne connaît la paternité ; les pères, eux, se reconnaîtront :

“We live the stories we tell. We tell the stories we live”
“The present is a window from which the past looks at the future”

J’ai aimé le dialogue narratif qu’Alicia Moreno a fait se jouer entre la narrative et la systémique. De la narrative à la systémique : “Qu’aimerais-tu que je t’apporte ?”, et vice versa. Intelligemment amené.

J’ai été frustrée – nous l’avons tous été – de ne goûter, faute de temps, qu’au premier d’une présentation d’Adriàn Montesano, qui disait “La sexualité est probablement la moins narrée de toute les expériences humaines”. Il travaille sur le couple.

J’ai beaucoup aimé l’apport et l’éloquence drôle de Gid’on Mordecai Friedman dont nous avons déjà parlé : Histoire de SUPER-vision et Une vision étendue des membres du Club de Vie (2).

J’ai aimé devoir faire des choix entre ateliers et ateliers, conférence et ateliers, et savoir que je loupais des choses intéressantes. L’accepter et en garder. Pour demain, pour la vie entière.

J’ai adoré être entourée de toutes ces personnes, dont je trouve le travail très respectable et les têtes bien montées. Le coeur, qu’en dire ? Rempli de générosité. Ce message vous est aussi adressé, chères compagnes françaises.

Ce que j’ai préféré ? Que le dialogue se fasse entre le monde de la recherche et le monde des praticiens. Le langage du premier n’est pas facile à tutoyer, mais c’est une autre manière de raconter, que je respecte d’autant plus qu’elle offre l’avantage de la légitimité scientifique. Et surtout, surtout, c’est du travail d’une équipe de recherche que j’ai tiré un enseignement que je considère majeur et qui n’engage que moi.

Alors oui, je tease, comme l’a fait Adriàn Montesano avec le risque que ce ne soit pas à la hauteur de l’attente, avec l’espoir que ce le soit.

Cette conférence dont j’ai tiré l’enseignement m’a semblé si dense, si éloignée de ce à quoi je suis habituée (imaginez des N=je ne sais quoi et tout ce langage scientifique) qu’à la fin, un membre de l’équipe me demandant mon avis, je lui ai répondu : “Intéressant”. Poussant le questionnement et me demandant si je reviendrais l’écouter, j’ai répondu, avec une mimique bien marquée, que “Non, il en serait hors de question !”. J’ignorais le petit bonhomme de chemin qu’allait faire l’idée quelques heures après. Sur ce, je vous laisse et vous dis “À la rentrée” !

Anne-Sophie Vernhes, 11 août 2016

Transgresser en investiguant la diversité

Elizabeth nous livre ici un article suite à la conférence à Barcelone d’un groupe catalan (enrutat.org) qui travaille à déconstruire les discours sociétaux dominants sur l’identité et les choix affectifs et sexuels.

Enrutat

Je ne sais pas si, dans vos années de collège ou de lycée, vous avez eu l’opportunité de participer à des ateliers où les questions de genre, d’identité et de choix sexuels et affectifs ont été abordées ? Pour ma part, c’était décidément absent, et je pense que cela aurait pu être très porteur pour beaucoup d’entre nous…

Les deux présentatrices, Laura Poch Riquer et Barbara Rabinad Coll, travaillent ensemble et nous ont présenté le travail qu’elles font à Barcelone dans des ateliers de déconstruction des questions de normes identitaires dans les choix affectifs et sexuels que font les gens, et en particulier les jeunes. Entre autres, elles ont monté 5 groupes qui interviennent dans les lycées à Barcelone. Les groupes mènent des ateliers dans les lycées où ils mettent la norme au centre pour la regarder ensemble, et stimuler des discussions autour des normes qui influent dans la vie sexuelle et affective ; avec comme but aussi de casser la notion de “eux” et “nous”. Dans leurs ateliers, elles posent des questions qui déconstruisent le privilège hétérosexuel, et les notions normatives et dominantes autour de l’identité, la sexualité et l’affection. Elles mettent en lumière la construction sociale de cette réalité.

Par exemple, elles nous ont demandé de fermer les yeux et quand on les a ouverts, il y avait au sol ces papiers :

Enrutat 2

Était-ce difficile pour toi d’accepter ton hétérosexualité ?

Quand as-tu découvert que tu étais hétérosexuel.le ?

C’est un exercice qu’elles utilisent dans leurs ateliers pour stimuler des discussions autour du privilège hétérosexuel.

Elles soulèvent aussi les questions sur le “bullying”, l’harcèlement qui peut se manifester, mais qui n’est souvent pas affronté.

Elles sont également intervenues en jouant une pièce de théâtre dans une des écoles.

Les membres de ce collectif, qui font ce travail, sont âgés de 20 à 65 ans, ils font un travail intergénérationnel, et il y a 5 groupes dans Barcelone .

Comment procèdent-ils ?

  • Ils commencent avec des ateliers “Histoires de vie”,
  • après, la création d’un “Guide didacticiel”,
  • puis, les interventions dans les écoles.

Leurs principes : confidentialité, participation horizontale, communication sincère, respect mutuel, compromis…

Ils se sont également servis des “Fleuves de la vie” (travail de D. Denborough), et d’autres façons narratives pour aider les gens à faire face aux barrières sociales et à développer eux-mêmes des histoires d’initiative personnelle. Ils aident également les gens à faire face, à déconstruire les barrières sociales et à développer des initiatives personnelles.

Ils travaillent de façon collective, et ont aussi créé un projet qui est en ligne (si vous parlez espagnol ou catalan), dont voici le lien : http://www.enrutat.org/#!mdia/c6ap.

“Reapropiant-nos ; Relats de dones lesbianes, bisexuals i pansexuals”
“Relater les vies de femmes lesbiennes, bisexuelles et pansexuelles”

Vous avez des questions ? elles parlent également anglais (pour le français, je ne sais pas…) : info@enrutat.org.

Elizabeth Feld, 4 août 2016.

 

Conversation avec notre SchizoCommunauté

Marie-Rose nous livre ici un article suite à la conférence de Gabriela Ceron Dominguez et Onix Morales Macias le 8 juillet à Barcelone :

Notre SchizoCommunauté
(Nuestra esquizocolectividad)
En conversation avec notre SchizoCommunauté
(Conversando con nuestra esquizocolectividad)

Gabriela Ceron Dominguez, psychologue et Onix Morales Macias, psychothérapeute, exercent toutes deux à Mexico DF.

Accueillir la diversité de nos identités comme projet universel

Gabriela et Onix retiennent l’idée que, d’une certaine façon, nous sommes tous “schizophrènes” puisque faits de toutes ces personnes, personnages, que nous avons croisés, que nous rencontrons et avec qui nous partageons nos vies. De la même façon, nous participons individuellement sans forcément l’appréhender vraiment à la construction identitaire de ceux qui nous croisent ou nous entourent. C’est en cela que se joue notre schizophrénie, nous sommes interdépendants, interagissants.

Elles lancent leur atelier avec cette vidéo :

Video_Ecos_Insurgentes_Esquizocolectividad

Le projet “Esquizocolectividad” trouve son inspiration dans le socio-constructivisme ou constructivisme social. N’ayant pas, moi même, assez de connaissance des travaux de Foucault (Approche constructiviste) ou de Peter Berger et Thomas Luckmann (La construction sociale de la réalité), je ne saurai pas développer plus avant.

Les idées que vous retrouverez sont les suivantes :

  • Nous ne savons jamais combien d’espace que nous occupons chez l’autre.
  • Nous ne savons jamais combien d’espace l’autre occupe en nous.
  • Nous sommes des voix collectives tissant nos propres histoires en relation à l’”Autre”.
  • La Décolonisation de l’être … Re-visiter nos identités comme la construction émergente parmi toutes les autres.
  • Accueillir la diversité de nos identités comme projet universel.
  • “La société humaine montre que la vie de groupe est la condition essentielle pour l’émergence de la conscience, l’esprit, le monde des objets. Les humains comme organismes en possession de ‘soi’ et du comportement humain sous forme d’actes construits” (G.H. Mead). Pour en savoir plus : http://www.naturavox.fr/sante/L-esprit-le-soi-et-la-societe-de-George-Herbert-Mead-1863-1931

1ère partie

Gabriela et Onix nous proposent de répondre individuellement aux questions suivantes (5 mn) :

  1. Quelles sont les personnes qui ont permis que tu sois là ici présent(e) aujourd’hui ?
  2. Pense à une situation (passée, présente ou future) qui (a posé ou) pose problème.
  3. Pense à 5 personnes vivantes ou disparues, proches ou lointaines, voire même des héros qui te portent dans la vie.

2ème partie

L’atelier se poursuit par une séance de relaxation avec visualisation. Nous sommes invités à retrouver les 5 personnes, voire plus, auxquelles nous pensions avant la séance, à converser avec elles et à écouter ce qu’elles auraient à nous dire en relation avec la situation qui nous pose (ou a posé) problème.

3ème partie

A la fin de cette séance de relaxation, nous sommes invités à répondre au Questionnaire de “EsquizoColectividad” (SchizoCommunauté) :

1. Quel.le situation/problème as-tu retenu ?

2. Liste les 5 personnes que tu as choisies : ces personnes peuvent être vivantes ou disparues, voire même des héros qui nous portent dans la vie :

  • A
  • B
  • C
  • D
  • E

3. Questions :

  • Que te dirait A à propos du problème auquel tu as pensé ?
  • Que te dirait B à propos du problème auquel tu as pensé ?
  • Que te dirait C à propos du problème auquel tu as pensé ?
  • Que te dirait D à propos du problème auquel tu as pensé ?
  • Que te dirait E à propos du problème auquel tu as pensé ?

4. Parle nous de ce qui t’étonne (te surprend) dans ce que tu as écrit.

5. Que te vient-il à l’esprit avec tout ce qui précède ?

6. Revenons aux conversations que tu as pu avoir avec les personnes que tu as invitées aujourd’hui. Dans les réponses qu’elles ont pu formuler à la question 3, peux-tu nous dire ce que chacune d’elle valorise en toi ?

  • A, B, C, D, E.

6 (suite). Qu’est-ce qui est important de toi pour chacune d’entre elles?

  • A, B, C, D, E.

7. Par rapport au problème soulevé au début, en entendant ce que tu viens d’entendre :

  • Quelles sont les idées qui émergent ?
  • Quelles sont les nouvelles idées qui surgissent à propos de toi en relation avec le problème ?

8. Ces idées se connectent elles d’une certaine façon à tes propres valeurs ?

9. Quelles actions as-tu entrepris dans le passé qui iraient dans le même sens que ces valeurs ? En relevant la réponse que tu viens d’apporter, que dirais-tu alors au problème ?

10. En arrivant ici aujourd’hui, tu avais une certaine idée du problème, après avoir entendu toutes les personnes ou personnages ou objets, cela a-t-il de quelque façon modifié ton regard vis à vis du problème ? Comment ? Peux-tu nous en parler ?

En même temps, après ces conversations, penses-tu que ta relation au problème prendra une forme différente à l’avenir ?

Choisis 3 questions dans cette liste :

  • Jusqu’où as-tu été porté en écoutant les personnes que tu as invitées ?
  • Qu’est ce qui a le plus attiré ton attention de ce que tu as entendu, senti ou ressenti ?
  • Qu’est ce qui a le plus attiré ton attention : tes sensations ou les signaux envoyés par ton corps ?
  • Qu’est ce qui a captivé ton imaginaire (imagination), qu’est-ce que cela raconte de toi ? Essaie d’être le plus explicite possible.
  • Qu’expriment ces personnes que tu as invitées ?
  • De quelles histoires viennent toutes ces attentes que ces personnes ont de toi ?
  • A quels moments aimerais-tu entendre ces personnes et à quels moments souhaiterais-tu ne pas les entendre ?
  • Quel type de connexion as-tu fait avec les personnes que tu as invitées ?
  • Estimes-tu que tes histoires de vie sont, en quelque sorte, en relation avec les personnes que tu as invitées ? Si oui, qu’est-ce que cela dit de toi ?
  • Est-ce que cela a un lien avec tes valeurs ou tes projets ?
  • Ces personnes ont-elles quelque chose en commun que tu aimerais peut-être valoriser à ce moment-ci de ta vie par rapport au problème ?
  • Si nous pensions que, parfois, la société vous a déshabilité de connaissances locales, de compétences spécifiques, y aurait-il des savoirs ou des compétences que les personnes apprécieraient et valoriseraient ?
  • Ces réponses données par les personnes que tu as invitées, s’opposent en quelque sorte à l’uniformité culturelle. De quelle façon ?

11. Imagine chacune de ces personnes, comment sont-elles passées en toi et toi en elles… De quelle façon as-tu été transformé par ces personnes et de quelle façon, ont elles, elles aussi, été transformées par toi ?

12. Si nous construisions le dénouement de l’histoire en relation avec le problème que tu as choisi et jusqu’à l’endroit où tu as été amené. Que dirais-tu de cette histoire ? Détaille en essayant de mentionner les éléments suivants :

  • Des idées qui favorisent et des idées qui entravent.
  • Des actions qui favorisent et des actions qui entravent.

4ème partie

Pour cet atelier qui se déroulait en 45 mn, nous n’avons pu traiter que les 9 premiers items. Les participants qui ont accepté de parler de l’expérience vécue lors de cet atelier, ont confirmé la puissance de ce processus : “surgissement d’idées nouvelles, reconnexion avec nos propres valeurs, reconnaissance de nos compétences …”

Voilà très humblement ce que je peux vous dire de cet atelier, j’en ai profité pour revisiter mon thème du moment : “Vivre ma retraite” et je remercie les 5 personnes qui se sont présentées à moi ce jour-là pendant cet exercice.

Sur le chemin restent gravées Confiance et Créativité.

Marie-Rose Lamonica, 2 août 2016.

Une histoire de générations / L’arbre de vie transgénérationnel

Anne-Sophie nous livre ici un article suite à la conférence portant sur l’Arbre de vie transgénérationnel.

Alors que je rentre d’un week-end en famille et que le vieillissement de mes parents me fait constater que, seule face à eux, il me faut une certaine dose de courage, je déconstruis cette histoire que je me raconte. Aller les voir me replonge aussi dans le confort de mon enfance et de mon rôle d’enfant. Je lui préfère cette version là.

Lors de cette 4è Conférence Européenne Narrative à Barcelone, nous avons assisté à une conférence passionnante de Mónica Florensa et son équipe. Le sujet : l’arbre de vie transgénérationnel.

Derrière ce sujet, une idée : considérer les personnes âgées comme des connecteurs auprès des générations qui les suivent.

Concrètement, le projet a été mené autour de la démence de personnes âgées.

L’équipe a questionné l’idée de la démence en déconstruisant les mythes communément répandus autour de la vieillesse (ex : une personne âgée est une charge, une personne âgée ne peut plus apprendre) et en construisant une jolie histoire autour de la démence.

 Démence = terrain neuf sur lequel construire de nouvelles histoires ou en convoquer d'anciennes, oubliées au profit de l'histoire dominante : celle de la démence.

Les jeunes ont travaillé avec les personnes âgées (et vice versa, ma formulation me pose question !) autour de l’outil de l’Arbre de vie.

Tous ont travaillé à l’élaboration de leur arbre de vie, en se demandant :

  • quelles types d’histoires allaient surgir ?
  • comment l’interaction pouvait donner plus de consistance à ces histoires émergentes ?
  • si les histoires, de génération en génération, étaient plutôt similaires ou très différentes ?

Je n’ai jamais utilisé l’Arbre de vie ; Dina saura m’éclairer 🙂

L’équipe dit que la chose la plus importante, peu importe la génération, est de connecter les racines au tronc.

Et que chaque phase ouvre des opportunités de trouver des points d’entrée pour mener des conversations sur les histoires alternatives aussi bien des plus âgés que des plus jeunes.

Point intéressant chez les plus âgés : certains ont été amenés à envisager des projets de futur, liés à la mort digne, en prévoyant les vêtements qu’ils porteraient lors de leurs funérailles, par exemple. Des projets de vie, même dans la mort.

Le résultat est époustouflant : on ôte le poids de la nouvelle histoire dominante, qui affecte aussi bien la personne que sa famille, en lui offrant une nouvelle audience qui lui permet de reconstruire une nouvelle identité, loin de la démence.

Les arbres de vie des uns des autres ont constitué une forêt ; qui a poussé en 10 heures (2 séances de 5 heures) au beau milieu de l’entrée du centre où sont logées les personnes âgées. Derrière la forêt, une identité commune.

Leur prochain projet ? Un album de vie transgénérationnel. Pour re-membrer l’histoire de la personne à partir de ses proches.

Mónica et son équipe nous ont laissé entrevoir de jolies choses, en annonçant des histoires visuelles, sensitives et rétrospectives. Le futur, comme passé composé.

Je remercie Marie-Rose Lamonica pour les photos :

Arbre_de_Vie_1-blog Arbre_de_Vie_2-blog

Arbre_de_Vie_3-blog Arbre_de_Vie_4-blog

Anne-Sophie Vernhes, 27 juillet 2016

Mes impressions sur la 4ème Conférence Européenne Narrative à Barcelone

Ou  comment alimenter vos histoires de regret de l’avoir ratée.

Comme vous avez pu le constater à travers les excellents articles de nos estimées collègues Martine Compagnon, Anne-Sophie Vernhes et Marie-Rose Lamonica, il y avait une grande quantité et qualité dans les interventions.

En fait, il y a eu (si j’ai bien compté) en tout 48 ateliers, 3 ateliers pré-conférence et un atelier post-conférence, et 12 plénières ! Ça semble beaucoup, et c’était effectivement assez intense. Les présentateurs et participants venaient de partout en Europe+ ( le + étant l’Israël et la Palestine… (et le Brésil, les États Unis et le Canada).

Photo_Z_et_Madigan_blogOn se retrouvait entre français , russes, turques, israéliens, portugais, afghans, allemands, palestiniens, italiens, roumains, sans oublier les espagnols, les catalans, les brésiliens et les anglais.

Et… Jill Freedman et Stephen Madigan étaient là en personne, et David Epston par vidéo-conférence… (je ne sais pas combien de personnes y ont assistée car c’était à 9 h du matin après une soirée de gala, qui, à l’espagnole, a duré tard la veille).

Bien que très riche en expériences et en rencontres, j’y ai rencontré quelques frustrations :

  • entre autres la teneur plutôt académique de beaucoup des séances plénières et leur manque de message politique, qui caractérise souvent les conférences narratives ;
  • le fait que les ateliers ne duraient que 45 minutes était frustrant, et pour les participants, et pour les présentateurs ;
  • une autre frustration était que l’atelier des palestiniens était en même temps que celui de Poh Lin…

À part cela, nous étions très bien accueillis, l’ambiance était à l’échange et la convivialité, et la délégation française à fait fort. Comme vous l’avez déjà constaté, on s’est organisé pour vous apporter un retour varié et riche de la conférence.

Ce qui vous attend de ma part :

  • Daria Kutuzova a mené un atelier fascinant sur le “journal narratif” (narrative journaling). Avec 4 de ses facilitatrices, elle a présenté son travail sur le processus, très cadré, d’écriture de journal, cadré et suivi de façon narrative, qui propose une alternative intéressante à une démarche thérapeutique pour des personnes qui veulent travailler sur eux. Moi qui suis très réfractaire au sujet du Net, j’avoue avoir été très impressionnée.
  • À venir aussi un atelier d’un groupe catalan LGBTI autour des interventions de sensibilisation au sujet du genre, de la sexualité, de l’identité, qu’ils mènent dans des lycées catalans.
  • L’atelier des Palistiniens, en particulier Nihaya Abu Ryyan, sur “working with people experiencing multiple trauma”, donc travaillant avec des personnes qui ont l’expérience de traumas multiples.
  • La violence institutionnelle, travaillant avec les rêves de façon narrative, les transitions de vie…

A bientôt.

Elizabeth Feld, 18 juillet 2016

Histoire de SUPER-vision

Anne-Sophie nous livre ici un article sur l’atelier de Gid’on Mordecai lors de la 4ème  conférence Européenne + de Pratique Narrative et Travail Social.

La question, avec laquelle Gid’on commence son atelier, est de savoir ce qui fait que quelque chose est narratif. Ce qui est sûr, c’est que lui, l’est.

Gid-on_MordecaiIl a ce je ne sais quoi d’ingénieux et de respectable, une barbe aussi longue que sa malice, beaucoup d’humour, et un anglais parfait. Et, constaté a posteriori, aucune trace de lui sur Internet, ce qui le rend, à mes yeux, admirable et mystérieux.

Martine vous a communiqué son mail : gardez-le précieusement.

Il travaille comme superviseur.

En voici la preuve par 2 exercices.

Les questions à poser à tout praticien narratif – je n’ai jamais vu autant de points d’interrogation au centimètre carré !

Je vous retranscris les questions dans ma traduction et en anglais.

Exercice 1

  • Parlez-moi d’une personne qui influence certains aspects de votre travail.
  • Si je devais être avec vous alors que vous travaillez, que pourrais-je voir, entendre ou sentir qui me montrerait cette influence ?
  • Qu’est-ce qu’il y a d’important là-dedans pour vous ?
  • En quoi est-ce important ?
  • Quelles sont les valeurs ou idéaux exprimés dans cet aspect de votre travail ?
  • Ces valeurs ou idéaux sont-ils importants pour vous en dehors de votre travail ?
  • Souhaitez-vous que ces valeurs ou idéaux soient davantage présents dans votre travail /vie ?*
  • Si oui, quel petit pas pourriez-vous faire afin de convoquer leur présence ?
  • Comment cette personne réagirait-elle s’il lui était fait mention de cette influence ?
  • Avez-vous appris quelque chose de cet exercice ? Si oui, quoi ?**

*J’aime ce continuum travail-vie, car nos métiers sous-tendent une posture de vie ou… n’est-ce pas la posture de vie qui nous a conduit à ces métiers ?

**Le malin ! Ou il veut se rendre indispensable, ou il travaille la prise de conscience.

Exercice 2

Beaucoup d’entre nous ont des expériences qui nous relient avec la raison pour laquelle nous faisons notre travail.

  • Pouvez- vous me parler d’un moment où vous avez vécu cela ?
  • Quelles sensations physiques avez-vous vécu ?***
  • Quelles émotions étaient présentes ?***
  • Quel genre de pensées ou schéma de pensées avez-vous vécu ?
  • Est-ce que c’est important ou précieux pour vous ?
  • Si cette expérience disait quelque chose au sujet de vos valeurs ou idéaux, que dirait-elle ?
  • Que se passerait-il si vous convoquiez ce moment avec vous dans votre travail ou dans votre vie ?
  • Comment pourriez-vous faire cela ?
  • Avez-vous appris quelque chose de cet exercice? Si oui, quoi ?

***De l’art de se connecter, en une question, au corps. Du génie ! Génial.

Et petite cerise on the cake : une question, venue sur le tas, pour compléter la liste.

  • Quelle question aimeriez-vous qu’on vous pose sur le pourquoi vous faites votre travail ?

Nous avons “testé” et aimé !

Elizabeth, taraudée par sa présentation de l’après-midi, en a oublié son angoisse pour se reconnecter au sens de sa présentation : partager autour des cérémonies définitionnelles.

Pour ma part, je me suis posée les questions du premier exercice et ce, autour de mon travail de consultante et coach. Et j’ai pu constater une influence positive venant de ma maman, et une autre… négative, venant de mon papa. J’en ai parlé à Gid’on et bingo ! C’est pour faire différemment de ce père autoritaire que je travaille sur les notions de bienveillance et d’acceptation. Merci, Papa !

Qu’en pensez-vous ? Avec quel bagage vous retrouvez-vous suite à la lecture de ce post ?

Nous serions ravis de vous voir partager vos réponses, en tant que praticiens narratifs ou autre.

Anne-Sophie Vernhes, 18 juillet 2016

Une vision étendue des membres du Club de Vie (2)

Voici un sixième article de Martine sur un atelier présentant de nouvelles opportunités pour les conversations de remembrement.

Gid’on Mordecai Friedman (gidonmf@narrativetherapyinnovations.com) a animé plusieurs ateliers lors de la 4ème conférence Européenne + de Pratique Narrative et Travail Social.

L’un des ateliers s’intitule “Expanding Opportunities for Re-Membering Conversations”.

Il ouvre deux voies que nous avons testées, et dont j’ai apprécié la puissance : Anti-Membership Interview et Expanded Membership Interview. Voici le second exercice que j’ai envie de partager avec vous.

J’assume la traduction des textes anglais distribués…

Expanded Membership Interview

Certaines personnes qui contribuent à notre identité et à notre sens de “qui nous sommes”, sont connues comme des membres de notre Club de Vie.

Bien que de nombreux membres de notre Club de Vie soient des personnes, nous devons rester attentifs au fait que des objets, des lieux, des animaux familiers, des amis imaginaires ou des organisations peuvent aussi en faire partie. D’ailleurs, certaines personnes développent des liens tout-à-fait prégnants avec un animal, un téléphone portable, ou leur jardin. Ce sont parfois des personnes perçues comme asociales, et isolées.

Il est donc intéressant de nous donner la possibilité d’explorer des membres non-humains, du Club de Vie.

  • Choisissez un lieu, un objet, un animal, un symbole, une communauté… important.e pour vous
  • Racontez-moi une histoire à propos de ce membre particulier de votre Club de Vie
  • Pourquoi ce membre particulier de votre Club de Vie est-il important pour vous ?
  • Qu’est-ce que ce membre particulier de votre Club de Vie connaît de vous, que d’autres pourraient ignorer ?
  • Décrivez ce qui se passe quand ce membre particulier de votre Club de Vie est présent. Qu’est-ce que cela change dans vos pensées, dans vos émotions, dans vos sensations ?
  • Si ce membre particulier de votre Club de Vie avait la parole, que pourrait-il dire de vous ?
  • Quelle identité, quelle perception de vous-même, ce membre particulier de votre Club de Vie enrichit-il ?
  • Si ce membre particulier de votre Club de Vie n’était pas entré dans votre vie, qu’est-ce qui aurait été différent ?
  • Y-a-t-il une valeur, ou une idée, précieuse pour vous, que ce membre particulier de votre Club de Vie représente à vos yeux ?
  • Qu’est-ce que ce membre particulier de votre Club de Vie veut vous apprendre à propos de vous-même, de la vie ou du monde ?
  • Que pourrait-il se passer si ce membre particulier de votre Club de Vie était plus présent dans votre vie ?
  • Où est-ce que cela pourrait vous emmener ?
  • Que pouvez-vous faire pour l’intégrer plus dans votre vie ?
  • Qu’avez-vous envie d’emmener avec vous, à l’issue de notre conversation ?

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Martine Compagnon, 14 juillet 2016

Interroger un Anti-Membre du Club de Vie (1)

Voici un cinquième article de Martine sur un atelier présentant de nouvelles opportunités pour les conversations de remembrement.

Gid’on Mordecai Friedman (gidonmf@narrativetherapyinnovations.com) a animé plusieurs ateliers lors de la 4ème conférence Européenne + de Pratique Narrative et Travail Social.

L’un des ateliers s’intitule “Expanding Opportunities for Re-Membering Conversations”.

Il ouvre deux voies que nous avons testées, et dont j’ai apprécié la puissance : Anti-Membership Interview et Expanded Membership Interview. J’ai envie de les partager avec vous. Je vous livre la trame des exercices.

J’assume la traduction des textes anglais distribués…

Anti-Membership Interview

Parfois, notre attachement à une valeur ou une pratique, devient d’autant plus visible que nous vivons une expérience dans laquelle cette valeur ou cette pratique est bousculée. Ou le sentiment que des personnes “ne sont pas comme nous” sur certains points, permet de faire apparaître ce qui nous importe.

Pensez à une relation qui vous irrite. Merci de ne pas choisir une relation ou une expérience associée à un traumatisme. Choisissez plutôt, dans cet exercice, une relation assez triviale, y compris une interaction avec une personne que vous ne connaissez pas.

  • Racontez-moi une histoire à propos de cette interaction choisie.
  • Comment cette interaction a-t-elle affecté vos pensées, sentiments, ou vos sensations physiques ?
  • Qu’est-ce qui vous a mis mal à l’aise, dans cette relation ?
  • Y-a-t-il une valeur, une pratique, précieuse à vos yeux, qui a été mise à mal dans cette interaction ?
  • Racontez-moi une histoire au sujet de cette valeur ou de cette pratique
  • Comment cette valeur ou cette pratique fait-elle partie de votre vie aujourd’hui ?
  • Qu’est-ce que l’histoire, que vous avez racontée, vous dit de cette valeur ou de cette pratique ?
  • Que pourriez-vous apprendre, de cette interaction ou relation ?
  • Comment pourriez-vous concrètement introduire cette valeur ou cette pratique, un peu plus, dans votre vie ?
  • Comment le fait d’avoir raconté cette histoire, influence-t-il la façon dont vous vous sentez proche de / relié à / cette valeur ou cette pratique ?
  • Que pourrait-il se passer si vous gardiez cette conversation avec vous à la fin de notre entrevue et en faisiez quelque chose ?
  • Avec quoi aimeriez-vous repartir, de cette conversation ?

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Martine Compagnon, 14 juillet 2016

Hospitalité (4)

Voici un quatrième article de Martine sur un autre atelier ayant rapport avec l’accueil des réfugiés.

Des cérémonies définitionnelles, sous forme de rituel d’hospitalité

Un retour de l’atelier “Definitional ceremonies as rituals of hospitality in a mobile and interactive exhibition of Afghan refugees in Belgium”, présenté par Sarah Strauven, Abdul Shirzai et Shakila Yari.

J’assume de nouveau les traductions approximatives des documents et présentations en anglais.

L’atelier est présenté en anglais, tout d’abord par Abdul Shirzai puis Shakia Yari.

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Ils témoignent brièvement de leur arrivée, d’abord en centre d’accueil, durant un à quatre ans avant de recevoir le statut de réfugié.e politique.

Abdul se fait le porte-parole du désespoir des Afghans présents à ses côtés : leur culture, leur richesse, leur humanité sont balayées par des images d’actualités ; ils sont perçus comme représentants d’un peuple guerrier, violent, arriéré.

“Quand une vieille femme refuse dans le bus le siège que je lui offre, je me sens complètement incompris et rejeté” rapporte l’un des supports présentés.

Le témoignage de Shakila met, lui, l’accent sur la fierté et la gratitude qu’elle éprouve aujourd’hui, femme, d’être capable d’agir pour son peuple et de se trouver ainsi, debout devant nous. Notre culture permet le respect des droits de l’homme et de la femme. Elle honore à cette occasion le souvenir de sa mère qui lui prédisait, petite, qu’elle saurait un jour agir pour aider son peuple.

Faire connaître notre culture et célébrer nos actes de résistance

L’idée germe alors dans l’esprit de Sarah (psychologue spécialisée dans les traumatismes et la santé mentale des personnes victimes de déplacements, nourrie de pratiques narratives) et d’Abdul, de faire connaître la culture afghane.

Niaz Mohamed Miyasahib les rejoint et peu à peu émerge le coeur de la réflexion : “comment pouvons-nous modeler (mettre en forme) notre vie dans une nouvelle société, de façon respectueuse de notre passé et de telle sorte que cela ouvre notre coeur et notre esprit à de nouvelles expériences, et que nous nous sentions connecté.es à la fois au passé, au présent et au futur ?”

Un document collectif est constitué à partir d’entretiens individuels. Il porte des témoignages de résilience, des éléments clefs de la culture afghane (des proverbes, des traditions, une carte) et il est nourri par les photos personnelles (tapies au creux des téléphones portables) confiées par les personnes.

“Le fruit de la patience est délicieux”

Un artiste photographe, Dean Pasch, réalise une œuvre graphique, en guise de documentation, à partir de ces éléments. Ces images sont ensuite renvoyées aux personnes et l’artiste recueille les retours. Les images fragmentées et reconstituées, superbes, témoignent de la nature multiple des vies exposées.

De ces supports, Sarah, Abdul, Shakila et d’autres réalisent une exposition. Tous s’engagent de façon bénévoles au service du projet.

Exode et déplacements sont communs à toutes les cultures

Ils décident de profiter en 2014 des commémorations de la Première Guerre Mondiale, pour relier, grâce à ce travail artistique, toutes les personnes, belges, afghanes ou autres populations déplacées. Ils parient sur le caractère universel des peurs, résistances et compétences soulevées quelle que soit l’époque, par l’exode et la fuite.

L’occasion de recueillir des témoignages extérieurs

Ils complètent les expositions par la demande de témoignages de la part des spectateurs / visiteurs. Ils créent ainsi les conditions d’une cérémonie définitionnelle nourrie par des témoins extérieurs.

C’est ainsi qu’à la fin de l’atelier, nous sommes invités à écrire une lettre à l’attention des personnes afghanes sources de l’exposition : que gardons-nous comme points clefs ? Quelle image cela nous donne-t-il de la culture afghane ? Que retenons-nous, qui nous nourrit ?

La narrative comme acte politique

En conclusion de l’atelier, Sarah intervient avec une détermination qui me touche.

Pour expliquer son engagement, et le choix de présenter l’exposition aussi hors des centres d’accueil, elle nous rappelle qu’il est de la responsabilité du groupe dominant de prendre en compte et de minimiser les effets causés par le discours dominant. Le peuple qui accueille et reçoit, porteur d’un discours dominant, a la charge d’instituer les conditions d’un changement.

Prendre soin de l’idiome d’origine

Enfin, elle témoigne du soin qu’ils ont apportés à respecter la langue d’origine.

Une expression traditionnelle afghane (pashtou) traduit la douleur par “le coeur qui brûle / le coeur incendié”.

L’exposition est donc intitulée “How we quench the thirst of our heart”. Quench signifiant à la fois “éteindre un incendie” et “étancher une soif”.

De nouveau au cours de cette conférence, par un tel témoignage, Sarah, Abdul et Shakila soulignent le sens profondément humain des pratiques narratives. Je sais pourquoi cet univers me semble si important et si puissant !

Voici une photo de ma documentation remise en qualité de témoin de l’atelier :

Documentation-Martine-Compagnon-blog

Pour plus d’information, vous pouvez me contacter afin d’avoir les coordonnées de Sarah (anglais, français, néerlandais), Abdul (néerlandais, anglais, pashtou, dari) ou Shakila (anglais, dari).

Martine Compagnon, 10 juillet 2016