APPEL AUX TRADUCTEURS !

Par Catherine Mengelle

Vous êtes nombreux à avoir manifesté aux enseignants de la Fabrique Narrative votre intérêt pour la traduction des textes narratifs.

Nous en sommes heureux car les besoins sont importants et votre collaboration, même si nous avons un peu tardé à vous répondre, fortement souhaitée. Concrètement, il s’agit de traduire des articles, des ouvrages, des retranscriptions de vidéos, la documentation adossée aux interventions des intervenants des master classes, etc., l’ensemble de ce matériel constituant, à côté de nos propres productions, un centre de ressources en langue française hébergé par la Fabrique Narrative. Nous pouvons également être de plus en plus amenés à vouloir partager avec les anglo-saxons nos propres idées et pratiques et nous aurons besoin pour cela de traducteurs dans l’autre sens !

 

Nous avons démarré cette activité de traduction “avec les moyens du bord”, les envies et les bonnes volontés, nous avons tâtonné, discuté, échangé avec d’autres traducteurs en France et dans le monde. D’une traduction qui s’accroche au texte anglais par peur de lui être infidèle, nous nous aventurons de plus en plus vers des territoires plus proches de nous, plus familiers. C’est, bien sûr, notre meilleure compréhension des idées et notre pratique quotidienne de l’approche narrative qui le permet. Aujourd’hui, nous savons poser des questions dans notre langue car nous avons compris les intentions des auteurs et des développeurs de cette approche. Il n’est plus nécessaire de parler “comme Michael” ! A la Fabrique, nous disons volontiers que traduire, c’est proposer une nouvelle “performance” (contre-exemple flagrant de mon propos !) du texte, dans une autre langue, une autre culture, une autre grammaire, une autre syntaxe, une autre sensibilité, d’autres mots, d’autres verbes, une autre musique, un autre rythme, d’autres images. Il me semble me souvenir que Michael parle de traduction dans Maps. Ce serait intéressant de retrouver le passage. Je me rappelle également les mots de Cheryl White et David Denborough lors de la master class 2011 nous engageant à pratiquer et à documenter dans notre propre culture, notre propre langue, à développer nos propres méthodologies en accord avec les cultures locales. Il me semble que l’activité “narrative” de traduction peut s’inscrire dans des intentions similaires. Nous aimerions beaucoup continuer avec vous ce chemin vers des textes toujours plus fluides et néanmoins parfaitement fidèles aux auteurs que nous traduirons, ce chemin vers une plus grande professionnalisation, dans le respect toutefois de l’esprit narratif : explorer, oser, investiguer, suggérer, mais toujours au service du futur lecteur, dans une posture décentrée. En relisant ma fiche de lecture de Maps rédigée en 2008 à partir de la version anglaise du livre, je réalise que mon texte était plutôt mieux écrit que mes traductions suivantes : cette fiche, je l’avais pensée et conçue directement en Français et son expression n’était pas le produit d’une moulinette, d’une gymnastique. Cela change tout.

Et si l’approche narrative avait été initiée en Français, quels mots et expressions aurions-nous utilisés ? Quelles images ? Quel rythme de phrase avec nos clients ? C’est une question intéressante, “n’est-il pas” ?

Pour finir, l’activité de traduction et d’écriture procédant de lectures et de relectures, de suggestions d’améliorations, voire de corrections, nous aimerions nous inspirer des idées nouvelles de Stephen Madigan sur la supervision (Classe de Mer de septembre 2011) pour faire de chaque traduction ou difficulté de traduction une occasion de conversation narrative et d’exploration de pistes possibles à plusieurs (sur l’idée de contribution associée aux équipes miroir). Notre langue “narrative” française n’est pas figée aujourd’hui. Certains choix de traduction semblent s’être définitivement imposés à tous (remembrement, témoins extérieurs, etc.), sans doute par leur justesse. D’autres en sont encore très loin, ce qui nous laisse beaucoup d’occasions et de liberté d’approfondir notre compréhension des choses et de discuter.

 

Que diriez-vous de nous indiquer votre intérêt pour cette aventure en “ajoutant un commentaire” à cet article, en donnant par exemple votre vision de la traduction, vos disponibilités et centres d’intérêt ? De notre côté, nous devrons faire le point sur les traductions en attente et celles à venir, celles qui sont en cours également, puis nous organiserons une rencontre spécifiquement sur ce sujet et nous mettrons au travail Toutes vos idées seront bienvenues. Cette activité ne constituant pas complètement notre “coeur de métier”, il peut arriver que nous réagissions parfois avec un léger délai. De cela, nous nous excusons et comptons sur votre bienveillance.

(Nous avons ajouté une catégorie “traductions et traducteurs” sur ce blog qui vous permettra de retrouver facilement tout ce qui concerne ce sujet grâce au petit menu déroulant qui se trouve tout en bas de la colonne de droite) 

Une réflexion au sujet de « APPEL AUX TRADUCTEURS ! »

  1. Bonjour Catherine, bonjour Pierre,

    Voici un article qui me touche particulièrement. Je suis en effet à la fois traducteur anglais-français (à l’écrit) et praticien narratif.
    Je me sens donc très concerné.
    Je serai disponible dans la mesure de mes moyens et du temps disponible pour participer à la traduction de documents vers le français, plutôt sur des articles ou des documents courts dans un premier temps.

    A très bientôt.

    Pascal

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.