Coacher avec l’approche narrative

Céline Bedell présente dans un ouvrage qui sort la semaine prochaine chez Interéditions différentes applications des idées narratives dans les entreprises et les organisations.

“Voici un livre qui devait être écrit. Depuis longtemps, dix ans au moins. Depuis que les idées de l’approche narrative australienne ont suffisamment percolé dans le coaching à la française pour s’hybrider et donner naissance à une palette multicolore et créative, où la poésie d’entreprise voisine avec les lettres du futur, où stratégie ne rime plus avec tragédie. Dans ce coaching métissé, les « Big Six », histoires dominantes qui exercent une telle tyrannie sur l’économie qu’elle l’obligent à détruire le monde, sont rendues visibles et les chemins de leur influence balisée par des guirlandes lumineuses de questions.

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Résonner, plus que raisonner

Par Claire Onghena

Et si la maladie pouvait nous guérir de ce qui nous rend malade ?

En me rappelant l’impermanence de la vie, le covid 19 m’a rappelée à la vie. Comme tout peut finir, qu’est-ce qui comptera au bout du compte pour moi si ce n’est d’avoir été présente à moi, aux autres et à la vie et de leur avoir dit merci ?
Pour ce passage de seuil, une personne m’a aidée à ouvrir les yeux sur mon propre aveuglement et ce qui me rendait malade. C’est un de mes anciens clients. Laurent. Parce que souvent, « ceux qui nous sauvent ne savent pas qu’ils nous sauvent », j’ai voulu dire merci à Laurent et qu’il sache que, sans le savoir, il m’avait aussi aidée sur mon chemin à être auteure de ma vie.
Alors, quand j’ai été guérie, je lui ai écrit une lettre.
Sans les pratiques narratives, je ne suis pas sûre que je me serais autorisée à écrire à un client pour lui partager en quoi il m’avait aidée sur mon propre chemin. Avec les pratiques narratives, j’embrasse l’idée d’être juste un témoin d’humanité qui résonne plus qu’il ne raisonne.
Laurent a répondu à ma lettre en me disant qu’elle lui avait fait beaucoup de bien. Je la partage avec vous.
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Master Class 2021 avec marcela Polanco, save the date !

Les 18, 19 et 20 mai 2021, nous aurons l’immense plaisir d’accueillir marcela Polanco pour une Master Class de 3 jours à Paris. le travail de marcela n’est peut-être pas aussi connu que celui de David Denborough mais il est tout aussi essentiel, lui aussi traversé par l’idée de justice sociale, d’anti-racisme et de solidarité qui constituent le socle politique de l’approche narrative. Colombienne vivant aux Etats-Unis, marcela a été la première, dans un article fameux, à questionner l’ingénierie politique de la traduction et la façon dont elle peut constituer, elle aussi, un lieu possible de colonisation. C’est une très grande chance qu’elle ait accepté notre invitation. Réservez la date dès à présent, et si vous voulez avoir un échantillon de ce qui vous attend, lisez ci-dessous la lucidité flamboyante de la façon dont marcela répond à notre demande de notice de présentation !

“Mi nombre es marcela polanco. Soja de Bogotá, Colombie. Socialement, historiquement et politiquement, ma personnalité a été racialisée au sein de catégories eurocentriques coloniales qui me positionnent comme un être humain, une femme cisgenre, une classe moyenne, une personne apte au travail, une hétérosexuelle, une immigrante ayant la citoyenneté des États-Unis (US) et une hispanophone, une colombienne-espagnole et une immigrante anglophone. Je suis une métisse qui, malgré ses héritages africain, indigène et européen, s’engage dans le monde à partir de sa conscience eurocentrique blanche, intériorisée par les colons. Mes privilèges et mes désavantages se jouent simultanément, étant donné ces catégories racialisantes. Je suis thérapeute familiale aux États-Unis, je fais donc partie d’une profession qui a fidèlement souscrit aux systèmes de pouvoir occidentaux qui perpétuent la relationnalité dans les idées de mariage, de famille et de thérapie. Je participe activement au capitalisme et au néolibéralisme en étant financièrement dépendante d’un salaire provenant d’un des systèmes de pouvoir les plus importants : le monde universitaire. Je suis membre de la faculté du programme de maîtrise en thérapie familiale de l’université d’État de San Diego. Je suis également dépendante du système fédéral de remboursement des prêts étudiants aux États-Unis. Je mène une vie urbaine dans des territoires expropriés et exploités. Je vis dans un quartier cher de San Diego, en Californie, qui est l’une des villes les plus chères des États-Unis, et c’est aussi une ville militaire à la frontière de Tijuana, au Mexique. Je profite financièrement de mon programme de recherche sur la décolonisation et la justice sociale qui cherche à critiquer les mêmes systèmes néolibéraux dont dépend ma subsistance.”

Le sujet de cette Master Class sera autour des pratiques narratives, de l’anti-racisme, de “l’accountability” (sentiment de responsabilité) et de la création de solidarités. Une description plus détaillée sera développée ici dès septembre.

AMI/Déconstruction et Georges Floyd

Un article écrit par Clémence Partouche-Ceyrac.

La semaine dernière, nous avons suivi avec notre groupe l’atelier qui concerne l’AMI , l’Absent Mais Implicite et la déconstruction présenté par Catherine Mengelle et Elizabeth Feld.

Nous avons été chercher derrière nos colères et nos agacements en lien avec la situation du COVID-19 pour mieux trouver nos espoirs et nos rêves.

Nous avons retrouvé nos souvenirs communs d’enfance et d’adolescence et nos différences d’une époque à l’autre, nous avons pris conscience des discours sur le corps et sur de nombreux autres sujets.

Cet atelier était entièrement en Zoom, c’était une première pour tout le monde : 2 journées complètes en distanciel. Si cela est loin de convenir à tous, nous avons réussi dans l’ensemble à suivre, à être proches les unes des autres (nous sommes un groupe uniquement de femmes) et à appréhender ces notions d’AMI et de déconstruction.

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Manières d’être vivant et humanisme narratif

Par Guillaume Bonnin

Guillaume, médecin, conteur, praticien narratif et humain engagé (ou enragé ?) nous propose dans cet article foisonnant et passionnant une lecture narrative de Morizot. Il tisse avec puissance et précision des passerelles lumineuses qui réveillent l’espoir d’un aggiornamento climatique.

De mémoire ai-je déjà goûté une telle jubilation à la lecture d’un ouvrage philosophique ? Peut- être jamais. Je l’ai lu comme un roman dont on ne peut pas s’extraire, grappillant mots après mots, phrases après phrases pour connaître la suite. Luttant le soir contre le sommeil, incapable de me séparer du livre et des ouvertures qu’il crée en moi. Me levant au matin en pensant à lui. Qui plus est, dans un langage poétique de l’auteur qui fertilise la pensée et l’imaginaire par la mobilisation de nos affects ; comme une cerise sur le gâteau, en surabondance de cette lecture, je découvre ainsi l’éveil conceptualisant de l’esthétique (ou redécouvre plutôt, car il y a une quinzaine d’années, François Cassingena-Trévedy, un autre auteur, tour à tour moine bénédictin, théologien, philosophe, poète et marin, m’y a fait déjà goûter).

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Michael White et Steve de Shazer : nouvelles orientations de la thérapie familiale

C’est un énorme travail de traduction qu’a réalisé, avec justesse et précision, Fabrice Aimetti en s’attaquant à cet article, 5ème chapitre d’un ouvrage plus large sur les conversations thérapeutiques sorti en 1993.

La date est importante.

Concernant les auteurs, le CV de Jeff Chang, disponible sur le site de l’Université de Calgary (Canada), fait 15 pages, avec une liste de publications longue comme un jour sans pain. Il est thérapeute familial, psychologue, docteur et enseignant universitaire. Michele Phillips, quant à elle, a un doctorat de psychologie clinique délivré par l’Université de Calgary.

L’endroit d’où parlent les auteurs est important.

Fabrice est un archéologue. Depuis que nous le connaissons et à la moindre question que nous soulevons, il fouille partout et trouve des documents d’archive passionnants dans notre domaine narratif. Ces derniers temps, nous nous sommes demandé tous les deux s’il fallait distinguer les notions de « unique outcome » utilisée par White et d’« exception » utilisée par de Shazer et choisie en français pour traduire « unique outcome » (à tort ou à raison ?). Nous savions qu’il y avait eu des échanges entre de Shazer et White. En voici ici une trace “épaisse”.

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Lettre à «Ma belle énergie»

Par Emmanuelle Ryser

Après avoir écrit à une partie de moi-même, je me retrouve auteure de ma vie. Une expérience narrative en diable pour moi qui me forme actuellement à La Fabrique.

Quand le confinement est arrivé, je me suis cassé la figure. Plus de jobs, plus de revenus, l’anxiété m’a envahie, je suis tombée de haut et j’ai sombré. Puis… puis je suis remontée. Grâce à l’écriture, qui est à la fois mon métier et mon refuge, et motivée par « Porte-plume », une émission de radio quotidienne sur RTS, la première qui existe depuis que nous vivons chacun-e chez soi. Le principe en est simple : écrire une lettre, à qui l’on veut, qui sera lue par un-e comédien-ne et nous permettra de nous sentir en lien. J’ai pris ma plume (en l’occurrence mon clavier) et ai écrit une lettre à « Ma belle énergie », lui demandant de revenir.

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Atelier “pratiques narratives et coaching” en distanciel

Nées dans un contexte de thérapie familiale et sociale, les idées narratives se sont avérées d’une grande efficacité pour intervenir dans les organisations, même si cela exige des coachs une éthique particulièrement rigoureuse pour ne pas se faire recruter à leur insu par les “Big 6”.

Il reste encore quelques places pour cet atelier sur le coaching et les narratives dont vous trouverez ici le programme plus détaillé. L’utilisation de Zoom nous a amenés à effectuer quelques modifications dans l’ingénierie pédagogique de ces trois journées de formation et en particulier à introduire une co-animation.

Reprise des ateliers

La Fabrique Narrative vous informe qu’elle redémarre ses ateliers.

De nouvelles dates ont été planifiées pour les promotions en cours sur Bordeaux, Paris, Toulouse et Aix-en-Provence, nous vous invitons donc à les inscrire dans vos agendas.

Nous avons prévu de réaliser des ateliers en distanciel jusqu’à la mi-août, vous recevrez donc des invitations par zoom pour rejoindre chaque atelier.

Ces ateliers de 2 jours imposent un rythme humainement tenable, le regard rivé sur un écran, nous prévoyons donc des pauses de 30 minutes :

  • 9h30 – 11h / 11h30 – 13h / 14h – 15h30 / 16h – 17h30

D’ici-là, il est donc très important que vous vous prépariez logistiquement pour chaque atelier :

  • trouver un lieu tranquille… un véritable défi en période de confinement
  • s ‘assurer que vous aurez une connexion de bonne qualité / un débit internet suffisant
  • tester la connectique de votre micro et le volume du son,
  • tester la caméra, éventuellement choisir un fond … le masque n’est pas nécessaire 🙂
  • préparer son matériel de prise de notes.

Cette logistique est indispensable pour :

  • pouvoir profiter au maximum de la formation,
  • avoir et recevoir une écoute sensible lors des entraînements.

Nous n’avions jamais imaginé un jour dérouler nos ateliers de cette manière, mais les circonstances particulières nous amènent à nous adapter, voire même à innover sur le plan pédagogique… nous testerons cela avec vous, merci pour votre compréhension.

La Fabrique Narrative

Une histoire des pratiques narratives collectives

Dans un coin du blog Errances Narratives, il y a une photo qui représente une rue déserte d’Adélaïde en Australie, tôt le matin, inondée d’un soleil printanier. La photo est de piètre qualité parce que prise avec mon téléphone de l’époque (un iPhone 3 !). Pourtant, à chaque fois que je la regarde, je retrouve le puissant sentiment d’excitation et d’appréhension que je ressentais ce matin-là en marchant à travers les rues silencieuses vers l’église St Andrews où j’allais participer à mon tout premier séminaire australien de thérapie narrative, quelques mois à peine après la mort de Michael White. Le titre du séminaire était “power of song” et l’enseignant un certain David Denborough.

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