Comment j’ai raté mon accréditation de coaching

Un article de Florence Guillerm.

Praticienne narrative depuis environ un an et demi, je suis formatrice depuis plus de vingt ans et j’ai aussi accompagné de nombreux groupes en coaching collectif, ainsi qu’une bonne douzaine de personnes qui m’en ont fait la demande.

J’ai mis du temps à faire la démarche de me présenter devant des pairs pour obtenir une accréditation qui donne plus de poids à mon expérience. En effet, je ne me sentais pas tout à fait légitime dans ce rôle et je l’ai fait sur les conseils d’autres coachs avec lesquels j’ai eu l’occasion de travailler.

Profitant du temps offert par cette curieuse période que nous traversons encore, je me suis finalement décidé à remplir un dossier d’accréditation d’une dizaine de pages que j’ai déposé auprès d’une des plus importantes associations de coachs dont l’esprit affiché me semblait à peu près compatible avec mon profil d’autodidacte.
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Quand le corps raconte : c’est reparti

Comment permettre au corps de prendre la parole et lui donner une voix ? Que signifie être “connecté à soi-même”» ? Quelles histoires naissent de nos perceptions sensorielles ? Quels sont les langages disponibles pour notre corps pour s’exprimer ? Comment le corps articule-t-il ses histoires à nos narrations ?

Telles sont quelques-unes des questions explorées par Laure Maurin qui développe depuis plusieurs années des passerelles originales entre approche narrative et techniques psycho-corporelles. Reporté à plusieurs reprises pour cause de crise sanitaire, son atelier reprend à la rentrée avec de nouvelles dates.

Interview de la relation au corps, remembrement entre le corps et la personne qui passe par une interview du corps en tant que témoin extérieur de l’interview de la relation, conversations directes avec des parties du corps… voici quelles unes des pistes que vous pourrez découvrir et explorer dans cet atelier.

Laure a approfondi sa démarche depuis ses premiers articles sur les voix du corps dans “Errances Narratives” et propose un ensemble d’idées directement issues de la systémique poétique et littéraire que l’on appelle approche narrative, pour remettre le corps, l’intuition et l’émotion au centre de la conversation.

Thérapeute narrative formée à La Fabrique Narrative de Bordeaux, Laure Maurin travaille sur deux champs, la relation enfants-parents en se centrant sur le point de vue de l’enfant, et la relation au corps, à laquelle l’ont sensibilisée 20 ans d’expérience en tant qu’enseignante de yoga. C’est ce deuxième axe qu’elle développera au cours de cet atelier, avec le développement inédit du corps témoin extérieur au service de la densification d’une identité préférée mieux incarnée.

Si vous voulez vous former à cette approche, nous vous proposons des ateliers thématiques de 2 jours sur Paris et Bordeaux. Places limitées.

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Graines de Rêves, pour semer des pépites !

Un faire-art de naissance de Charlie Crettenand, praticienne narrative suisse très (très) proche de La Fabrique Narrative.

Pendant les longs mois des confinements répétés, et mesures exigeantes de 2020, Doria Roustan et moi avons partagé notre envie commune de créer un support esthétique et ludique pour accompagner les personnes qui font un bout de chemin avec nous (et vous !).

De cette synergie particulière issue de nos compétences respectives est né “Graines de Rêves”, un jeu collaboratif qui s’inscrit dans la lignée de White (migration identitaire) et Denborough (life as a journey, que nous traduisons par “voyage identitaire”).

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“Maps” nous parle

Un article de Martine Compagnon.

Chère communauté narrative,

C’est avec beaucoup d’émotion que je m’adresse à vous aujourd’hui. J’ai failli prendre la plume pour vous écrire mais cela aurait peut-être aggravé mon cas, laissant apparaître la lettre, l’écrit comme seuls moyens valables de m’exprimer… Ne pouvant danser devant à vous à distance, je vous prie donc de m’écouter.

Hier, j’ai vécu une sensation proche, peut-être, de celle d’une femme ou d’un homme respectable, dont on aurait innocemment montré les dessous.
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Ne me dites pas que….

“Premiers retours sur la journée 1 de la Master Class de marcela polanco… Ça secoue !”

Martine Compagnon

Felipe Guamán Poma de Ayala produit en 1615 la première documentation décoloniale contre l’impérialisme espagnol.
Felipe Guamán Poma de Ayala produit en 1615 la première documentation décoloniale contre l’impérialisme espagnol.

Ne me dites pas que depuis toutes ces années, je souris de l’idée que les pratiques narratives ont puisé leurs racines dans des territoires australien et néo-zélandais “heureusement éloignés de l’Europe et de l’influence de la psychanalyse freudienne dans l’accompagnement thérapeutique”, et se sont nourries de la présence de peuples millénaires ?

Ne me dites pas que, vibrante d’émotion, je relis régulièrement la charte éthique des pratiques narratives en organisation, qui me demande combien, ou comment, mon intervention garantit que les voix minoritaires seront entendues ?
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Kinders suprises et super pouvoirs

Par Julie Cardouat.

Je fais la chasse aux créatures problèmes comme on ferait une chasse aux oeufs de Pâques – c’est de saison. Et j’en récolte, des kinders surprises !

Pour l’instant j’ai des conversations avec mes proches, notamment avec ma fille de 11 ans. Au début, elle a accepté de se prêter à l’exercice, non sans un soupçon d’incrédulité : “C’est rien papa, maman me fait sa psychologie”.

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RWANDA : documentaire justice restaurative – Les Cornes de la vache

Par Rime LOUHAÏCHI.

L’an dernier, je m’étais rendue à Nantes pour assister à la projection d’un documentaire intitulé Les cornes de la vache, décrivant un processus de justice restaurative au Rwanda.

Salomé Van Billoen est à l’origine de ce documentaire – criminologue et médiatrice – j’ai eu l’occasion d’échanger longuement avec elle et cette rencontre restera gravée à ma mémoire.

La bonne nouvelle, c’est la projection du documentaire, le 1er avril de 20h à 22h en Visio. La projection est suivie d’une discussion.

Ce docu raconte comment un village tente de résoudre des situations de violences conjugales au travers d’un dispositif reposant sur des habitants-médiateurs. J’y vois un lien avec ce qui nous occupe ici, car ce que les villageois cherchent avant tout, c’est à renforcer leur capacité collective à poser les problèmes, comprendre les causes et les responsabilités de ces situations de violence, inventer ensemble les manières de réparer et d’avancer. C’est aussi très inspirant sur les questions de professionnalisation (ou pas) de ces rôles de facilitation et de médiation.

L’événement est payant (à partir de 3 euros) et les fonds sont reversés à l’association rwandaise Liwoha qui conduit le projet.

Lien : Justices & justesse : visionnage du documentaire Les Cornes de la vache & débat réflexif

Rime

Le véritable bureau des légendes :  SF et narrative

Le fait que la réalité est une histoire que l’on peut altérer à l’insu de ses habitants est un vieux thème de la SF.

On le trouve chez Philip K Dick,  comme l’un des sujets centraux de toute son œuvre. “Ubik” en donne une variation étincelante. Dans « le Dieu venu du Centaure », Dick nous montre ce que vivent les gens prisonniers d’une cascade d’histoires sur lesquelles ils n’ont aucun contrôle (en même temps, c’est plus ou moins notre situation à tous et à toutes).

On le retrouve aussi dans “Simulacron 3”, de Daniel F. Galouye, où l’ensemble d’une société découvre qu’elle n’est qu’une simulation dans les entrailles d’un ordinateur d’une société d’études de marché (une idée que l’on retrouve d’ailleurs presque à l’identique dans le dernier Goncourt, « L’anomalie »). 

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Masterclass de marcela polanco en mai prochain : les nouvelles

Les 18 et 19 mai prochain, se tiendra (enfin !)  la masterclass de marcela polanco  dont nous parlons ici depuis plus d’un an (voir les posts précédents). 

Après avoir envisagé différentes formules, de façon à s’adapter aux évolutions de la crise sanitaire,  nous avons fini par décider (la mort dans l’âme) que cette masterclass aurait lieu entièrement sous forme virtuelle,  par Zoom.

Marcela sera présente les après-midis du mardi 18 et du mercredi 19 pour enseigner et discuter avec les participants et les participantes.  Les matinées seront consacrées à mettre en perspective les sujets abordés, à  élaborer ensemble des questions pour marcela ainsi que d’explorer différentes  façons de mettre en œuvre ses idées dans nos contextes particuliers.

Étant donné les conditions très spéciales de cette masterclass, la toute première en virtuel, nous avons décidé de limiter le nombre de places à 50 personnes. En effet, cela permet de conserver un confort suffisant pour que chaque participant et chaque participante puisse avoir un contact personnalisé avec l’intervenante. L’ensemble des conversations et enseignements sera traduit comme d’habitude avec finesse par Z et sa team.

Rappelons ici que marcela est la créatrice de la “traduction décolonisée” ; c’est elle qui a commencé à métisser les idées narratives avec des cultures différentes de leur écosystème d’origine. Ses travaux sur la vision politique des rapports de pouvoir et de privilège dans  la relation d’aide constituent vraiment une très  belle source d’inspiration  pour toute la communauté narrative, et en particulier pour les funambules qui dansent sur les fils tendus au-dessus du volcan capitaliste.  

Inscriptions : https://www.weezevent.com/master-class-paris-2021
Programme : https://www.lafabriquenarrative.org/blog/event/master-class-2021-avec-marcela-polanco
Informations : lafabriquenarrative@gmail.com

 

Lusophonie externalisante : 4 clés pour s’en inspirer.

Par Julie Cardouat

Les langues traduisent une certaine vision du monde et façonnent à leur tour nos représentations. C’est ainsi que la grammaire externalisante nous donne l’opportunité de transformer profondément nos histoires.

La culture lusophone est fortement ancrée dans l’instant présent et sa langue le lui rend bien. En portugais, le problème est mis à distance par une distinction syntaxique très claire entre situation passagère et état constant.

Ainsi, pour exprimer le verbe « Être » en français, la langue portugaise utilise deux auxiliaires différents :
– L’auxiliaire Estar, employé pour décrire un état momentané. « Estou contente » ( = « Je suis contente au sens « Je me sens contente »). « Estou trabalhando » (= « je travaille » ou sens « je suis en train de travailler »).
– L’auxiliaire Ser, employé pour décrire un état dans ce qu’il a de durable. « Sou francês » ( = Je suis français.e »).
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