Kinders suprises et super pouvoirs

Par Julie Cardouat.

Je fais la chasse aux créatures problèmes comme on ferait une chasse aux oeufs de Pâques – c’est de saison. Et j’en récolte, des kinders surprises !

Pour l’instant j’ai des conversations avec mes proches, notamment avec ma fille de 11 ans. Au début, elle a accepté de se prêter à l’exercice, non sans un soupçon d’incrédulité : “C’est rien papa, maman me fait sa psychologie”.

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RWANDA : documentaire justice restaurative – Les Cornes de la vache

Par Rime LOUHAÏCHI.

L’an dernier, je m’étais rendue à Nantes pour assister à la projection d’un documentaire intitulé Les cornes de la vache, décrivant un processus de justice restaurative au Rwanda.

Salomé Van Billoen est à l’origine de ce documentaire – criminologue et médiatrice – j’ai eu l’occasion d’échanger longuement avec elle et cette rencontre restera gravée à ma mémoire.

La bonne nouvelle, c’est la projection du documentaire, le 1er avril de 20h à 22h en Visio. La projection est suivie d’une discussion.

Ce docu raconte comment un village tente de résoudre des situations de violences conjugales au travers d’un dispositif reposant sur des habitants-médiateurs. J’y vois un lien avec ce qui nous occupe ici, car ce que les villageois cherchent avant tout, c’est à renforcer leur capacité collective à poser les problèmes, comprendre les causes et les responsabilités de ces situations de violence, inventer ensemble les manières de réparer et d’avancer. C’est aussi très inspirant sur les questions de professionnalisation (ou pas) de ces rôles de facilitation et de médiation.

L’événement est payant (à partir de 3 euros) et les fonds sont reversés à l’association rwandaise Liwoha qui conduit le projet.

Lien : Justices & justesse : visionnage du documentaire Les Cornes de la vache & débat réflexif

Rime

Le véritable bureau des légendes :  SF et narrative

Le fait que la réalité est une histoire que l’on peut altérer à l’insu de ses habitants est un vieux thème de la SF.

On le trouve chez Philip K Dick,  comme l’un des sujets centraux de toute son œuvre. “Ubik” en donne une variation étincelante. Dans « le Dieu venu du Centaure », Dick nous montre ce que vivent les gens prisonniers d’une cascade d’histoires sur lesquelles ils n’ont aucun contrôle (en même temps, c’est plus ou moins notre situation à tous et à toutes).

On le retrouve aussi dans “Simulacron 3”, de Daniel F. Galouye, où l’ensemble d’une société découvre qu’elle n’est qu’une simulation dans les entrailles d’un ordinateur d’une société d’études de marché (une idée que l’on retrouve d’ailleurs presque à l’identique dans le dernier Goncourt, « L’anomalie »). 

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Masterclass de marcela polanco en mai prochain : les nouvelles

Les 18 et 19 mai prochain, se tiendra (enfin !)  la masterclass de marcela polanco  dont nous parlons ici depuis plus d’un an (voir les posts précédents). 

Après avoir envisagé différentes formules, de façon à s’adapter aux évolutions de la crise sanitaire,  nous avons fini par décider (la mort dans l’âme) que cette masterclass aurait lieu entièrement sous forme virtuelle,  par Zoom.

Marcela sera présente les après-midis du mardi 18 et du mercredi 19 pour enseigner et discuter avec les participants et les participantes.  Les matinées seront consacrées à mettre en perspective les sujets abordés, à  élaborer ensemble des questions pour marcela ainsi que d’explorer différentes  façons de mettre en œuvre ses idées dans nos contextes particuliers.

Étant donné les conditions très spéciales de cette masterclass, la toute première en virtuel, nous avons décidé de limiter le nombre de places à 50 personnes. En effet, cela permet de conserver un confort suffisant pour que chaque participant et chaque participante puisse avoir un contact personnalisé avec l’intervenante. L’ensemble des conversations et enseignements sera traduit comme d’habitude avec finesse par Z et sa team.

Rappelons ici que marcela est la créatrice de la “traduction décolonisée” ; c’est elle qui a commencé à métisser les idées narratives avec des cultures différentes de leur écosystème d’origine. Ses travaux sur la vision politique des rapports de pouvoir et de privilège dans  la relation d’aide constituent vraiment une très  belle source d’inspiration  pour toute la communauté narrative, et en particulier pour les funambules qui dansent sur les fils tendus au-dessus du volcan capitaliste.  

Inscriptions : https://www.weezevent.com/master-class-paris-2021
Programme : https://www.lafabriquenarrative.org/blog/event/master-class-2021-avec-marcela-polanco
Informations : lafabriquenarrative@gmail.com

 

Lusophonie externalisante : 4 clés pour s’en inspirer.

Par Julie Cardouat

Les langues traduisent une certaine vision du monde et façonnent à leur tour nos représentations. C’est ainsi que la grammaire externalisante nous donne l’opportunité de transformer profondément nos histoires.

La culture lusophone est fortement ancrée dans l’instant présent et sa langue le lui rend bien. En portugais, le problème est mis à distance par une distinction syntaxique très claire entre situation passagère et état constant.

Ainsi, pour exprimer le verbe « Être » en français, la langue portugaise utilise deux auxiliaires différents :
– L’auxiliaire Estar, employé pour décrire un état momentané. « Estou contente » ( = « Je suis contente au sens « Je me sens contente »). « Estou trabalhando » (= « je travaille » ou sens « je suis en train de travailler »).
– L’auxiliaire Ser, employé pour décrire un état dans ce qu’il a de durable. « Sou francês » ( = Je suis français.e »).
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“Faire le pas” en 2021

Par Catherine Mengelle

Toute l’équipe de la Fabrique Narrative vous présente ses meilleurs vœux pour 2021, et pour commencer l’année en beauté, voici une très courte et très jolie conversation de 10 minutes qui s’est tenue lors d’une journée découverte des Pratiques Narratives, entre une participante volontaire et moi.

Elle a accepté que cette conversation soit utilisée à des fins pédagogiques et je l’en remercie beaucoup. On trouve dans cette conversation :

  • La négociation du nom du problème : sentiment d’illégitimité ? Morte de trouille ? Ne pas arriver à faire le pas ?
  • La suite de la carte de prise de position (la fameuse JEEP de Fabrice : Problème, Effet, Évaluation, Justification) à partir d’un effet du problème : la paralysie, avec une prise de position très forte suivie d’une explication non moins forte.
  • Un tout petit travail d’enquête sur la vie du problème, qui l’externalise et permet de le territorialiser dans le temps (« depuis que je veux ce titre de coach »).
    Pour poursuivre cette conversation narrative, j’aurais eu le choix entre plusieurs pistes. Voici celles que j’aurais aimé suivre si la conversation avait duré plus longtemps :

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Exemple d’externalisation avec Dina et Benoit

Par Dina Scherrer.

J’ai toujours pensé qu’être accompagnant narratif c’était s’intéresser au héros qui se retrouve en face de nous à un certain moment de sa vie et savoir orienter notre curiosité de telle sorte qu’il nous raconte de quoi il a déjà triomphé, quels sont ses supers pouvoirs. Lui renvoyer en fait la richesse de son savoir et ce, même quand il vit des moments difficiles.

J’ai été amenée récemment à modéliser une conversation d’externalisation du problème avec un groupe qui se forme avec nous aux Pratiques Narratives. J’ai demandé un volontaire. Il y a eu un petit silence et Benoit s’est proposé. Ce n’est pas un exercice toujours aisé pour la personne qui doit se raconter sur l’une de ses histoires de problème devant ses pairs. Pas aisé non plus pour moi car c’est le moment où je me mets une petite pression à devoir incarner concrètement ce que j’enseigne.

J’ai souvent vécu cette situation mais en général elle n’est pas filmée. Là comme c’était en visio, mon collègue Alexandre Mougne, qui co-animait avec moi, a proposé à Benoit d’enregistrer notre conversation afin qu’il puisse vivre l’expérience pleinement et regarder tranquillement la conversation plus tard s’il le souhaitait.

Benoit a accepté et m’a raconté son histoire de problème, une histoire qu’il a nommé “timidité : une récurrence” qui vient le visiter depuis l’enfance, qui l’isole et le freine dans pratiquement tout ce qu’il entreprend. Cela pourrait paraître difficile de voir le héros face à une personne qui se débat dans une histoire problème depuis des années. Mais, ce qui est formidable avec les Pratiques Narratives et notamment avec la conversation d’externalisation, c’est que c’est une invitation à parler de ses histoires de problèmes tout en restant digne. Car c’est une conversation qui met en lumière que la personne n’est pas le problème, qu’elle est experte de sa vie, qu’elle est la mieux placée pour savoir ce qui lui convient ou pas et pourquoi. Un protocole que Michael White a nommé la “carte de Déclaration de position N° 1” car, outre de redonner le savoir à la personne, elle lui permet de poser un regard critique sur ce qu’elle vit et de décider de ce qui est bien ou pas pour elle afin qu’elle redevienne auteur de sa vie.

C’est en revisionnant cette vidéo que j’ai pris la mesure de la puissance de cette conversation que je connais pourtant bien. J’ai réentendu Benoit me raconter avec beaucoup d’authenticité, de détails, d’humour, cette histoire de problème qui avait usurpé son identité en lui faisant croire qu’il était un froussard, incapable de se créer des relations et d’avoir des conversations profondes avec les gens. Rapidement, j’ai pu voir Benoit récupérer les droits sur son histoire préférée, celle qui parle d’un Benoit plutôt aventurier, immensément curieux, qui aime avoir des discussions profondes avec les gens même s’il affectionne aussi les moments de solitude.

Benoit m’a autorisé à poster notre conversation sur notre Wiki Pratiques Narratives pour aider celles et ceux qui le souhaitent à mieux appréhender ce concept. En acceptant de faire cet exercice avec moi devant ses pairs, en autorisant de rendre publique notre conversation, Benoit fait un joli pied de nez à son histoire de timidité.

Depuis que cette conversation a été rendue visible sur le Wiki, Fabrice et Laetitia ont souhaité documenter pour Benoit cette conversation :

Documentation de Laetitia

Documentation de Fabrice

“Merci pour la tendresse…”

C’est une immense artiste et une grande story-telleuse qui nous quitte avec Anne Sylvestre.

Elle maîtrisait à la perfection l’art de raconter une histoire qui remobilise nos émotions et notre humanité. Très reconnue pour ses chansons pour enfants, les “Fabulettes”, dont elle disait en rigolant que c’était “son assurance vieillesse”, elle a produit 400 chansons mainstream bouleversantes, autant d’histoires de vie à vif qui tapent au coeur du coeur. J’avais eu le privilège de passer une semaine avec elle il y a 2 ans, dans un village perché de la Drôme provençale où elle organisait chaque année une master class pour quelques jeunes (et moins jeunes 🤓) auteurs-compositeurs et compositrices. Féministe, anticolonialiste, avec son oeil vert perçant et ironique, elle n’avait rien perdu à 84 ans de son humour ravageur et de son humanité bourrue. Parolière exceptionnelle (même si elle détestait le surnom de “Brassens en jupons” qui la réduisait à son genre), elle avait décidé de s’affranchir de l’histoire dominante de sa famille pour s’inventer à travers la poésie. C’est le moment de réécouter ses chefs d’oeuvre et de lui dire bonjour à nouveau.

Projection au coin du feu

Par Catherine Tanitte

Voici un compte rendu très créatif de la soirée conférence du 5 novembre 2020 « quand l’approche narrative fait son cinéma ».

 C’est une soirée d’hiver, où la nuit prend ses quartiers. Le 5 novembre 2020 pour être précis. Dans le noir, tour à tour, des personnes prennent place et apparaissent dans la salle. On distingue le haut de leurs silhouettes assises dans la pénombre de la soirée. Quelques lampes ça et là caressant leurs visages ou épaules.  En arrière fond, Claude Nougaro nous chante son cinéma.

C’est la séance de 19h. Ou plutôt la conférence. La salle est virtuelle. Elle se prénomme Zoom.

Je vous parle ici d’une conférence que j’ai eu le plaisir d’animer dans le cadre de la Fabrique Narrative pour partager quelque chose qui m’est précieux et m’anime.

Ce qui était à l’affiche ce soir là, c’était : « Quand l’approche narrative fait son cinéma ! Les langages visuel, cinématographique et séquentiel comme accompagnements narratifs » Continuer la lecture de Projection au coin du feu 

Le sens des mots

Par Catherine Mengelle

L’autre jour, j’animais avec Fabrice une journée découverte des Pratiques Narratives.

Quand nous présentons les idées narratives, les personnes se raccrochent à ce qu’elles connaissent et font des liens avec d’autres approches. Parfois, ces liens me paraissent réels, d’autres fois beaucoup moins. Or si elles dépensent des sous pour s’informer ou se former à des idées nouvelles, ce n’est pas pour que nous les brossions dans le sens du poil. Je suis donc attentive à ces liens et cherche toujours à en vérifier le bien fondé. C’est ainsi qu’une participante a pensé « recadrage » lorsque nous parlions de l’histoire alternative, faisant référence à des choses déjà connues d’elle. Ce mot m’a heurté, je ne le trouvais pas juste. Je me suis retrouvée à recadrer (pour le coup) une collègue et je n’ai pas aimé le faire. Depuis, j’ai réfléchi à ma réaction, je me suis demandée pourquoi ce terme « recadrage » ne me convenait pas. Bien entendu, cela va bien au-delà de la seule posture narrative.

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